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Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

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19 novembre 2007 1 19 /11 /novembre /2007 14:04
Quand je serais grand, je serai Empereur, pour avoir un beau palais !
Après avoir visité le parc en septembre, nous n'avions toujours pas approché le coeur du Palais d'été, endroit incontournable de Pékin s'il en est. C'est désormais chose faite, et je ne regrette pas de l'avoir fait samedi, car le temps était exceptionnellement dégagé pour Pékin, ce qui nous a offert des points de vue magnifiques.


Si le site accueillait des résidences impériales depuis le XIIe siècle, c'est surtout l'Impératrice Cixi qui a amenagé le Palais d'été sous sa forme actuelle. Régnant d'une main de fer sur la Chine de la deuxième moitié du XIXe siècle, Cixi a donné à sa résidence favorite tout le raffinement imaginable, que ce soit dans la perfection architecturale du lieu ou dans les festins qui s'y tenaient. Pour cela, elle n'hésita pas à détourner les fonds de l'armée pour financer ces travaux. Ainsi, le fameux Bateau de marbreau nord-est du parc aurait monopolisé une part considérable des réserves de la marine chinoise, si bien que cette dernière sera défaite lamentablement par la marine japonaise quelques années plus tard !


Pour se rendre de ses appartements au Bateau de marbre...


L'impératrice disposait d'une galerie couverte de plus de sept cents mètres qui longe les berges du lac Kunming !



Au premier plan, le Palais des Nuages ordonnés, puis le Pavillon des Fragrances bouddhiques derrière. Oui, je sais, ils trouvent toujours des noms originaux ces Chinois !

Je vous laisse maintenant apprécier le paysage qui s'offrait aux yeux impériaux depuis la Colline de la Longévité millénaire :


Le regard vers l'est, un panorama sur les bâtiments modernes de Pékin. Tout à gauche, vous apercevez une grande tour bleue qui est au coeur du Haidian District, et tout à droite, la CCTV Tower (que je vous avais déjà présentée, puisque je la vois de ma fenêtre).

Summer-Palace-Sud-Est.jpg
En regardant légèrement plus au sud, le Pont aux Dix-Sept Arches que je vous avait déjà montré lors de ma première visite autour du lac au début du blog.


L'immense Lac de l'Eternel Printemps, certes baigné d'un soleil qu'on pourrait croire printanier, mais balayé par des vents automnaux bien réels...

Summer-Palace-Orthanc.jpg
Et pendant ce temps-là, depuis sa Tour d'Orthanc à l'est, Saruman le Blanc est tenu au courant de vos moindres mouvements par le biais de son
Palantir !
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18 novembre 2007 7 18 /11 /novembre /2007 13:00
En ce dimanche 18 novembre, jour de la Sainte Aude, je voudrais souhaiter une bonne fête à ma chère petite soeur ;-). Je vais donc essayer ci-dessous de restituer la fameuse rédaction qui lui était consacrée dans mon examen de mi-semestre. Voilà ce que cela donne en Chinois !

我的妹妹
我想介绍我妹妹。她叫 Aude,她十四岁了,所以我比她大五岁。她的个子不太高,1,55米左右,可是她漂漂亮亮的。她头发和眼睛的颜色和我一样。但是她好像我爸爸。她很喜欢看电影,听音乐,她最爱的事是打网球。她也是一个非常好中学生。在她的班,她总是第一名或者第二名。我的考试结果没有她那么好!和别的哥哥一样,她考得不太好的时候,我跟她开玩笑。今年我希望她和我父母来中国,可是我也要回法国去。她很喜欢中国菜。她来中国的时候,我再跟她去吃北京烤鸭!

Il est possible qu'il reste des coquilles, je compte sur mes fudao pour me tenir au courant dans ce cas-là ;-) Le but était de mettre le plus de constrcutions grammaticales possibles en aussi peu de phrases. J'ai pas mal réussi, même si j'ai parfois arrangé la vérité, sur le fait que je comptais rentrer en France dans l'année par exemple, car il me fallait une expression en "回一个地方去" (retourner dans un endroit, avec la règle de mettre l'endroit entre les mots "retour" et "aller", et pas après le verbe comme en Français). Voici une petite traduction littérale de cela dans notre langue :

Ma petite soeur
Je souhaite présenter ma petite soeur. Elle s'appelle Aude, elle a 14 ans, par conséquent j'ai un peu plus de cinq ans de plus qu'elle (enfin... dans cette version j'ai écrit cinq ans, car ma construction initiale pour dire "un peu plus de" était fausse. En réalité nous avons cinq ans et demi de différence). Elle n'est pas très grande, environ 1,55m, mais elle est très jolie. Ses cheveux et ses yeux sont de la même couleur que les miens. Pourtant, elle ressemble plus à mon père. Elle aime beaucoup regarder des films, écouter de la musique, et la chose qu'elle aime le plus, c'est jouer au tennis. C'est aussi une très bonne collégienne. Elle est toujours la première ou la deuxième de sa classe. Mes résultats scolaires n'ont jamais été aussi bons que les siens ! (sauf peut-être l'examen en question ici, vu que j'ai obtenu l'équivalent de 19/20 !). Comme tous les autres grands frères, lorsqu'elle a de moins bonnes notes, je me moque d'elle. Cette année, j'espère qu'elle va pouvoir venir en Chine avec mes parents, mais je compte également retourner en France. Elle aime beaucoup la nourriture chinoise. Dès qu'elle vient en Chine, je vais manger un canard pékinois avec elle !
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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 17:38
Que de chemin parcouru ! Un trimestre s'est écoulé depuis la création officielle du blog le 16 août dernier. Même si je réfléchis avec ambition à l'organisation du blog et au contenu de certains articles passés ou à venir depuis plusieurs mois déjà, je ne pouvais pas vraiment évaluer l'accueil que recueillerait cette expérience virtuelle. Il semble que la Chine vous intéresse autant que moi, et c'est tant mieux, car nos différentes civilisations ont encore beaucoup à découvrir l'une de l'autre.

La fréquentation du blog a beaucoup augmenté ce mois-ci, puisque le nombre de visiteurs uniques est très supérieur à celui des deux premiers mois réunis (1947 contre 1369 du 16 août au 16 octobre). Qu'est-ce qu'un visiteur unique pour les statisticiens d'Over-blog ? C'est le nombre d'ordinateurs différents connectés sur le blog sur une période de 24h, ce qui donne un nombre quotidien. Ainsi, si vous visitez deux fois le blog le même jour, vous ne comptez que pour un seul visiteur unique. Le nombre de pages visitées est également en très forte hausse, à 5121 pages. Je remercie au passage Charles du site des étudiants de Sciences Po www.lapeniche.net pour la petite pub qu'il m'a faite ;-).

Fort de vos encouragements ou de vos remerciements, je vais donc continuer à alimenter le blog aussi fréquemment que possible, en tâchant d'être toujours plus exigeant sur le contenu. Plusieurs petits (ou grands) voyages sont à l'état de projets plus ou moins avancés, et il reste tant de choses à découvrir à Pékin ! Plusieurs dossiers sont également prévus, avec notamment des articles sur la longue histoire de la Chine ou la richesse de ces systèmes philosophiques, mais il me faut encore faire quelques lectures pour affiner le contenu ! Plusieurs éléments plus divertissants sont aussi en vue, même si je ne peux pas encore en parler pour garder des surprises ! Plusieurs rencontres enrichissantes enfin, agrémentées de découvertes imprévisibles et insolites viendront sûrement alimenter le contenu de mes articles !

Je suis tout ouïe si vous avez des remarques critiques à formuler contre le fond ou la forme du blog, ou tout simplement si vous souhaiteriez que j'aborde certains thèmes en particulier. De manière générale, je suis intéressé par tous vos commentaires sur la façon dont vous consultez le blog. Comment l'avez-vous connu (mail de ma part, découverte par un ami, recherche sur le Net, hasard bienheureux ;-)) ? Quelle fréquence de consultation (tous les jours, plusieurs fois par semaine, par mois) ? Pour quel contenu (rester en contact avec un ami ou un membre de la famille à l'autre bout du monde, découvrir la Chine, lire les dossiers thématiques, voir les photos etc.) ? Pour tout cela, vous pouvez répondre en commentaire ou me contacter à l'une de ces adresses : valentinchaput@hotmail.com ou valentin.chaput@sciences-po.org.

Enfin, dans une semaine, le blog fêtera ses 100 premiers jours ! Quelques surprises et ajouts importants sont prévus pour ce jour-là (samedi 24 novembre). Le blog atteindra à cette occasion le 100e article, dont je n'ai pas encore choisi le contenu (si vous avez des suggestions, je suis preneur !), et pour ce jour un peu particulier, j'espère dépasser la barre symbolique des 100 visiteurs uniques. Je compte donc sur vous samedi prochain ! D'ailleurs, pour relancer un peu le Chinezz Quizz que je n'ai pas eu le temps d'alimenter, vous pouvez parier sur le nombre de visiteurs uniques de samedi prochain : tous ceux qui auront trouvé la bonne réponse (moins de 100 ou plus de 100 visiteurs) gagneront 10 points au général, et le plus proche du résultat exact empochera 10 autres points.

Ne pensez pas pour autant que je réserve toutes les mises à jour pour samedi prochain. Je continuerai à publier des articles tout au long de la semaine. Au programme notamment : la visite du Palais d'été, le nouveau film d'Ang Lee qui fait beaucoup parler de lui en Chine, de nouvelles lectures et bien d'autres choses encore !

@+, et merci pour tout !
Val
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17 novembre 2007 6 17 /11 /novembre /2007 17:17

Yes ! Il reste quelques feuilles rouges sur celle-là !

Depuis la France, vous avez peut-être déjà vu ou entendu parler des fameuses Collines Parfumées de Pékin (香山 : Xiang Shan), dont les arbres se couvrent de feuilles rouges (红叶 : hongye) à l’automne. En tout cas, vu d’ici, c’est une véritable attraction touristique. Les Collines parfumées sont très proches de Pékin, du côté de notre université, et tous les Chinois veulent absolument y aller. Le problème, c’est que les feuilles mortes, ça ne dure que quelques jours. Par conséquent, pendant le début du mois de novembre, les sentiers arpentant ces petites montagnes contiennent plus de touristes que de feuilles rouges ! Plusieurs connaissances y sont allées… et sont revenues sans monter, ou alors ont fait l’ascension et l’ont regretté tellement il y avait de monde ! J’avais donc décidé de m’y rendre ce vendredi matin, très tôt pour arriver avant la foule (mais il est difficile de battre les Chinois à ce petit jeu-là !). Avec un temps froid et sec pour me réveiller, mais avec un ciel très clair et dégagé, étonnamment peu de monde, un peu de temps devant moi, j’avais tout pour en profiter pleinement… sauf qu’il n’y avait plus de feuilles rouges !

Xiangshan-4.jpg
Plus de feuilles au sol que sur les arbres... c'est l'hiver qui arrive pour de bon !

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Et oui, je suis venu avec une petite semaine de retard, et si les arbres en bas des collines -sans doute plus protégés du vent- ont encore quelques feuilles à leurs branches, ceux du sommet n’en ont déjà plus du tout. Mais je n’ai pas fait les quelques centaines de mètres de dénivelé pour rien : après une belle balade de méditation en solitaire, je me suis fait des amis extraordianires sur le sommet ! Une fois en haut, alors que je me suis assis quelques minutes sur un rocher pour prendre quelques photos et lire un peu, deux touristes chinois viennent discuter avec moi. Un étranger qui répond en Chinois… vous imaginez bien que je suis immédiatement devenu l’attraction de leur petit groupe de touristes provinciaux, peu habitués à voir des gens venus d’aussi loin que moi. Nous avons discuté pendant vingt minutes environ, et une fois adapté à leur accent, je me suis rendu compte que j’arrivais à les comprendre sans trop de problème et à leur répondre. J’étais donc particulièrement fier de pouvoir raconter ma vie à mes nouveaux pengyou. C’est dans ces moments que l’on s’aperçoit des progrès accomplis ! Vraiment très amicaux, ils m’ont même donné leur numéro de téléphone et leur adresse à Shijiazhuang, la capitale du Hebei, située à un peu plus de deux cents kilomètres au sud de Pékin. Je ne sais pas si j’y irais un jour, mais en tout cas, vous y êtes cordialement invités avec moi !

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Outre la présentation de mes nouveaux amis, cette photo montre la résistance supérieure des Chinois à la baisse des températures : ce brave Zhang Guoqing (à gauche) n'avait qu'un t-shirt et un sweat ouvert, alors que si l'on compte le manteau, j'avais cinq couches de vêtements, mon écharpe, mes gants et deux paires de chaussettes !

Connaissez-vous beaucoup de Français qui aborderaient ainsi des touristes chinois et inviteraient chez eux des quasi-inconnus avec qui ils n’ont parlé qu’un quart d’heure ? Le ferions-nous nous-mêmes ? Cette petite histoire amusante confirme l’impression que j’ai depuis le début : en dehors des relations marchandes, les Chinois que j’ai rencontrés sont très hospitaliers et très chaleureux avec les étrangers qui manifestent un minimum d’intérêt pour leur pays. De manière générale, ils n’ont pas peur de venir vous parler, et ils sont prêts à vous aider sans demander de retour. Cette belle rencontre, qui m’a mis de bonne humeur pour toute  la journée d’hier, m’a fait oublier la déception de ne pas avoir de meilleures photos des Xiangshan à vous montrer ! Mais je compte bien me rattraper dans mon article de demain avec les points de vue exceptionnels que nous avons rapportés aujourd’hui du Palais d’été.

Bon week-end !
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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 06:20
Pour cette troisième et dernière série de photos issues de notre journée à Pingyao le week-end dernier, je vous propose quelques photos en noir et blanc des habitants de Pingyao. Lorsque j'étais sur mon vélo à déambuler au hasard dans les ruelles de Pingyao, j'essayais d'imaginer quelle pouvait être la vie de tous ces gens. Leur situation est en réalité assez paradoxale : ils vivent dans une ville inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO qui reçoit régulièrement des touristes occidentaux plutôt aisés, mais dans le même temps, ils semblent encore déconnectés du monde actuel. Le cadre particulier de Pingyao renforce ce sentiment d'anachronie. Nous étions un peu dans la peau de visiteurs du futur, perdus dans un dédale de ruelles souvent délabrées et à l'équipement archaïque. Pourtant, à quelques centaines de mètres à peine se trouvent les rues commerçantes et les hôtels au confort intérieur bien supérieur à la moyenne chinoise. Bref, je ne savais pas trop où j'avais atteri, mais je me sentais ailleurs tout simplement !
Penchons-nous donc, avec un peu de dérision, sur ce que peut être la vie d'un habitant de Pingyao en 2007...


Tout d'abord, il naît. Il n'a pas la chance de voir le jour dans une famille de riches Pékinois modernes, mais son sort aurait pu être pire : Pingyao est une très jolie petite ville. Et il est déjà prêt à affronter les rigueurs de l'hiver ! (Photo Mireille)


Comme tous ses "camarades" de classe, notre jeune enfant de Pingyao va à l'école. A l'heure de la récréation, rien ne vaut l'universel "saute-mouton" pour se réchauffer les jambes !


Puis, après l'école, il faut marquer son territoire face au laowai qui cherche à nous prendre en photo. Mais curieusement, lorsqu'on luipose les questions que notre professeur nous a enseignées en Anglais, l'étranger répond en Chinois (ou essaye de le faire ;-)).

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Puis notre jeune ami grandit, et il est temps pour lui d'avoir son propre vélo, pour emmener ses copines sur le porte-bagages arrière. On devient un homme, un vrai... La classe ! (Photo Mireille)

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Mais les parades à vélo et les jeux entre amis laissent bientôt la place aux prblèmes des hommes. Il faut travailler, pour gagner de l'argent, pour survivre. Pingyao n'est pas une grande ville, et s'il y a bien un ou deux très bons élèves de la classe de notre jeune homme qui ont réussi à partir à l'université, il faut, comme tout le monde, aider la Chine à se développer. Ce sera donc le bâtiment... (Photo Anne-Sophie)

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Madame, en revanche, vendra des mian dans la rue. Une bonne cuisinière a besoin de bons outils de cuisson : ici, elle se contentera d'un feu de charbon dans un rondin de bois, alimenté par une pédale de vélo actionnée par la force des bras !


Heureusement, pour oublier le quotidien (et le froid !), on se retrouve entre hommes pour refaire le monde autour de quelques bières
et d'un bon jeu de cartes ! (Photo Mireille)

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Et pendant ce temps-là, Madame attend sur le seuil de la maison... les mian du soir (enfin vers 5h, on est en Chine...) doivent bientôt être prêtes. Oui, la maison ne paye pas de mine à première vue, mais à partir de la mi-novembre, nous avons le chauffage ! (Photo Anne-Sophie)


Quelques années plus tard, à l'approche des derniers hivers, on se remémore les bonnes choses de ce monde. Madame attend toujours sagement sur le seuil... (Photo Mireille)

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...pendant que Monsieur passe le relais aux petits-enfants. Ah la vie, quelle aventure !

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Espérons que les nouvelles générations de Pingyao auront les moyens d'en profiter !

J'aime beaucoup cette dernière photo. Nous passions à vélo sur la droite de la rue, pour regagner le carrefour central depuis le temple taoïste au nord-est de la ville. Et j'ai eu comme un flash en voyant ces deux petits enfants : il me fallait cette photo ! Les piles de mon appareil ne me laisseraient que le temps d'en faire une seule. Pas de voitures en face, je cadre, j'appuie... et hop, ça a marché ! Comme Pingyao, cette photo est hors du temps : les bâtiments sont dégradés, le vélo est usé, les lanternes ont déjà connu bien des hivers. Quelqu'un aurait très bien pu prendre la photo il y a cinquante ans ! Puis il y a ces deux petits enfants, qui comme vous l'avez vu ci-dessus, se préparent à des lendemains plus ou moins joyeux... et toujours plus froids, au moins jusqu'à ce que les températures remontent vers le mois de février !
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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 14:28
Après les bâtiments principaux de Pingyao, voici une deuxième série de photos, avec des prises en couleurs ou en noir et blanc dans les rues de la ville, pour vous donner une idée de l'ambiance unique qu'il règne à Pingyao.

Rues-Pingyao-2.jpg
Autant commencer par le début : la rue de notre merveilleuse auberge, avec cette petite porte.


Nan Dajie, 1900... ou presque. Comme vous le voyez, le froid avait découragé les touristes : tant mieux !
(Photo Anne-Sophie)


Imaginez vous deux rues perpendiculaires avec des dizaines de petites boutiques d'artisanat traditionnel comme celles-ci. (Photo Anne-Sophie)


Ce qui était vraiment génial, c'était de tourner au hasard dès qu'il y avait un embranchement. Pingyao n'est pas assez grande pour que l'on se perde vraiment, mais suffisamment variée pour nous surprendre à chaque virage.

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Au détour des ruelles, quelques passages s'ouvrent...
(Photo Anne-Sophie)

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... vers une Chine aux conditions de vie bien différentes de ce que l'on voit à Wangfujing ou Pudong.
(Photo Anne-Sophie)

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La fameuse organisation des habitats en siheyuan : quatre corps de bâtiments d'un seul étage, donnant sur une cour centrale. A Pékin, il est désormais rare d'en voir dans cet état-là (ou alors il en reste quelques-uns pour encore trois mois, mais avec un énorme gratte-ciel derrière...)

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Une belle photo carte-postale pour finir. Pingyao... un autre monde ! (Photo Anne-Sophie)

Rendez-vous demain avec les dernières photos, que je trouve les plus intéressantes : les gens de Pingyao.
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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 10:38
Bonjour à tous, pour cette première série de photos de Pingyao, je commence par le plus classique : les temples, les musées et les bâtiments principaux de la ville.


Voilà Nan Dajie, la grande rue centrale de Pingyao, qui correspond à l'axe nord-sud, avec le City Building au centre. Vous pouvez donc découvrir le style architectural général de cette charmante petite ville restée très bien conservée (photo Anne-Sophie).


Le Bâtiment central de la ville, véritable boussole de Pingyao.

Banque-Pingyao.jpg
Une des deux très anciennes banques du centre de Pingyao, dont les intérieurs nous permettent d'imaginer l'activité qui pouvait y régner il y a quelques siècles.

Monnaie-Pingyao.jpg
La forme des anciennes pièces de monnaie chinoises, avec un carré percé au milieu.


Les remparts de la ville, ici au soleil couchant...


La Porte du sud, qui ressemble en fait à une tête comme vous pouvez le voir ici : la porte rouge pour la bouche et les fenêtres rondes pour les yeux menaçants.


Si les trois autres faces sont droites, la muraille sud représenterait paraît-il les pattes d'une tortue. Chaque créneau du mur correspondrait à un étudiant du temple de Confucius (photo Anne-Sophie).


Le Temple du Dieu protecteur de la ville de Pingyao, le premier temple que nous avons visité, et peut-être le meilleur au final.


Mon appareil ayant connu quelques soucis de batteries ce week-end, je n'ai pas pu prendre toutes les photos que je voulais. Je remercie donc Anne-Sophie et Mireille de m'avoir permis d'en choisir quelques unes des leurs pour le blog. Ici, c'est encore Anne-Sophie.

Guerrier-temple-taoiste.jpg
Un des gardiens du Temple taoïste de Qingxu, au nord-est de la ville.

Temple-Pingyao-AS-1.jpg
Ying-et-yang.jpg
Je vous laisse avec ce petit symbole Ying et Yang qui vous fera patienter jusqu'aux autres photos de demain. Elles seront plus originales et plus intéressantes, mais je tenais quand même à commencer par celles-ci pour vous donner une première idée de la particularité de la ville. Pékin devait certainement ressembler à Pingyao au début du XXe siècle... cela a bien changé depuis.
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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 10:46
En effet, il fait désormais si froid ici (au nord de la Chine du moins, car Etienne me disait qu'il faisait encore 25°C à Hong Kong) que plus rien ne pousse dans les champs désolés du Shanxi. Les huit heures de train retour dont je vous parlais dans l'article précédent m'ont permis de lire un petit livre très célèbre en Chine, mais encore trop méconnu en France. Vous me direz que j'ai utilisé un titre bien pompeux pour mon article, mais après tout, il correspond bien au titre du livre en question : Fleurs du matin cueillies au soir (朝花夕拾 : Zhao hua si shi), écrit par Lu Xun en 1926. Lu Xun (鲁迅 : 1881-1936) est considéré en Chine comme le plus grand écrivain chinois du XXe siècle. Leader d'une génération d'écrivains à l'esprit réformiste, il a été glorifié par le régime après sa mort.


Avant de partir à Pingyao, j'ai trouvé dans une librairie proche de BeiWai qui vend des livres étrangers une édition bilingue de ce petit recueil, dont nous avions parlé avec nos partenaires linguistiques à Xi'an si mes souvenirs sont bons. Comme d'habitude, je suis plein de bonne volonté au début : comme pour les Harry Potter en VO, je me suis dit que j'allais lire la version chinoise, et noter consciencieusement tous les caractères inconnus. Comme d'habitude, au-delà de la deuxième page, je me suis concentré presque uniquement sur les pages de droite, qui donnent la traduction française. J'essayerai toutefois d'en relire un bout plus sérieusement (ça, c'est juste pour satisfaire ma bonne volonté, vous savez comme moi que je ne le ferais pas ;-)).

Bref, entrons dans le vif du sujet, avec le contenu de ce recueil qui compile sept petites réflexions de l'auteur, qui raconte sous la forme d'un journal intime, des passages marquants de son enfance au début de sa vie adulte. On découvre par exemple la servante Ah Chang qui l'a élevé, la révélation de son intérêt pour la littérature, ou encore sa vocation pour la médecine au travers de l'histoire des médecins de sa ville, de l'expérience traumatisante de la mort à petit feu de son père, puis des cours qu'il reçoit de Monsieur Fujino au Japon. Bien sûr, chacun sera touché par des passages différents. Pour ma part, mes trois préférés sont les châpitres 2, 5 et 6, peut-être parce que je les ai lus plus attentivement que les autres, en profitant d'une accalmie dans l'agitation du train !


Le deuxième passage est celui où le jeune Lu Xun découvre l'intérêt de la littérature classique chinoise, alors que son père lui demande d'apprendre par coeur un passage de l'Histoire rimée portant sur la création du monde par Pan Gu, en échange de la permission de se rendre à "La Foire aux Cinq Dieux cruels". Cette fameuse foire qui l'attirait tant sera finalement d'un intérêt très limité comparé à l'histoire de ce Créateur du monde (cf. articles sur le Taishan, dans lesquels j'ai raconté cette légende) et des autres lectures qui suivront.

Le cinquième passage est celui de "La maladie de (son) père", atteint d'une hydropisie qui l'emportera malgré les soins des deux meilleurs médecins de la ville. Outre les médicaments intriguants que Lu Xun doit aller cueillir pour soigner son père, comme "la canne à sucre ayant subi le gel pendant trois années consécutives", ce châpitre est très intéressant pour comprendre la philosophie chinoise en rapport avec la maladie, la mort, le destin. Lorsque la médecine chinoise est sans recours, il s'agit certainement d'un ancêtre châgriné par un certain comportement du malade qui se venge.
Voici un petit extrait par exemple:
    - Le traitement actuel peut ne pas être très efficace, dit M. Chen (le médecin) un autre jour. Je pense que nous devrions demander à un devin si quelque démon vengeur ne se trouve pas derrière tout ceci... Le médecin soigne les maladies, mais non le destin, n'est-ce pas ? Il est évidemment possible qu'il s'agisse de quelque chose qui se serait produit dans une vie antérieure. (...)
    Du temps de l'empereur Jaune, sorciers et médecins étaient tout un, et c'est pour cela que jusqu'à maintenant, leur disciples aperçoivent encore des démons et croient que la "langue est le germe intelligent du coeur". Voilà le "destin" des Chinois, que même les médecins célèbres sont incapables de soigner.
    Mon père ne voulant pas du remède efficace à appliquer sur la langue et ne parvenant pas à imaginer un démon vengeur auquel il aurait nui, il était tout simplement inutile qu'il ingurgite, serait-ce cent jours durant, des pilules "de peau de tambour crevée". Elles s'avérèrent incapables de combattre l'hydropisie, et à la fin mon père demeura couché, haletant, sur son lit."


Enfin le sixième passage a un intérêt historique certain, puisque Lu Xun part étudier au Japon chez un professeur exceptionnel, et il retranscrit la xénophobie japonaise envers les Chinois, quelques années avant les affrontements tragiques entre les deux pays (sur lesquels je reviendrai sûrement plus tard dans l'année).

Je suis déjà très long, donc je vous conseille simplement cette petite lecture rapide et dépaysante si vous avez huit heures de train à tuer un dimanche après-midi ;-).

Fleurs du matin cueillies au soir
, de Lu Xun, 1926, traduction de François Jullien (rien n'est indiqué dans mon édition, mais c'est visiblement lui qui a traduit le recueil en 1976), Editions en Langues Etrangères.
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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 09:53
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Comme toutes les villes chinoises, Pingyao a sa Nanmen (Porte du sud).

Après le Taishan et Qufu en septembre, puis Xi’an et Chengde en octobre, mon voyage du mois de novembre était ce week-end à Pingyao. Pingyao se trouve approximativement à mi-chemin entre Pékin et Xi’an, dans la province du Shanxi.


Cette petite ville provinciale est très célèbre pour l’authenticité qu’elle a su garder à travers les siècles. On m’en avait beaucoup parlé, et Pingyao semblait donc être une destination idéale pour s’aérer après une semaine d’examens. Nous sommes donc partis à huit vendredi soir en train, formant un groupe très européen avec des origines françaises, belges et allemandes, mais aussi très féminin puisque parmi les garçons tentés par le voyage initialement, seuls Jonas et moi sommes finalement venus.


Notre groupe, avec de gauche à droite : Marine (Aix-en-Provence), Jonas (Heidelberg), Cécile (Aix-en-Provence), Mireille (Sciences Po), Anne-Sophie (Bruxelles), Lynn (Heidelberg) et Anne (Heidelberg).

Nous avons été réveillés par le froid matinal de Pingyao : -2°C samedi à 7h30, et encore moins dans la voiturette de l’auberge qui est venue nous chercher à la gare ! L’auberge mérite vraiment une petite publicité. Situé dans le cœur de Pingyao, proposant une ambiance unique, un grand confort et un bon petit déjeuner, offrant chauffeur aller-retour pour la gare, et fournissant les vélos pour dix kuai la journée, ce Zhengjia International Youth Hostel nous a séduit. D’autant que tous ces services ne nous ont coûtés au final que… quatre euros par personne !


La ravissante cour de notre charmante auberge, vue de jour...
et à l'aube.

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Affiche-Mao.jpg
"700 millions d'hommes, 700 millions de soldats" : l'affiche de Mao que j'ai dans ma chambre n'est pas mal, mais elle ne rivalise pas avec celle de l'hôtel de Pingyao !

Grâce à nos vélos, nous avons pu arpenter la ville pendant toute la journée de samedi. Entourée par ses hauts murs, la vieille ville de Pingyao est d’une taille idéale, puisqu’elle offre deux grandes rues commerçantes très charmantes, de nombreux petits temples et musées qui se visitent rapidement et qui sont peu fréquentés en cette saison, mais aussi des quartiers d’habitation très préservés, le tout sans circulation de voitures ou presque. Les balades à vélos sont par conséquent très agréables, et permettent de découvrir une Chine traditionnelle qui correspond bien à l’image que l’on peut s’en faire depuis l'Occident. Petits siheyuan en pierre grise, rues plus ou moins délabrées, conditions de vie modestes et sûrement très difficiles (surtout pendant les rigueurs hivernales !), avec des populations globalement très accueillantes. Les enfants surtout sont très attachants, d’abord parce qu’ils sont la plupart du temps très ouverts et souriants, et puis parce qu’ils parlent un Chinois bien plus compréhensible que leurs aînés ! Tout le week-end, nous en avons entendu des "Hello, laowai !", mais le sens n'est pas si péjoratif, en tout cas dans la bouche des enfants. Car malgré la renommée de Pingyao, les populations locales sont moins habituées à voir des étrangers que les habitants désormais blasés de Pékin.

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Mes nouveaux amis chinois...

Tout au long de la semaine, j’aurais l’occasion de revenir en images sur Pingyao, avec les meilleures photos prises par Mireille, Anne-Sophie et moi-même.

Enfin, après une nuit réparatrice, nous avons pris un premier train pour nous rendre à Taiyuan, car il n'y a pas de train retour passant par Pingyao. Taiyuan est la capitale du Shanxi, elle ne représente pas grand intérêt (en tout cas à l’intérieur de la ville, car il y a, paraît-il, des sites intéressants autour, mais c'était trop loin pour nous). Après notre escale à Taiyuan, nous avons donc pu rejoindre Pékin, au terme d’un long et éprouvant voyage de huit heures dans un train bondé. Car pour parfaire votre connaissance des trains chinois, je dois vous dire qu’une fois que tous les billets sont vendus, les gens ont encore la possibilité de prendre le train, à condition… de rester debout ! Or je n'ai décemment pas pu m'empêcher de céder ma place à une vieille dame qui n’avait pas de siège. Avec Lynn et Anne, nous avons donc passés la majeure partie du temps à trois sur une banquette pour deux, dans un train surchauffé avec une succession de musiques insupportables, et une agitation constante ! Mais cela fait partie de l’aventure ! Oublions donc les quelques mauvaises expériences, et gardons uniquement le meilleur de ce week-end très intéressant, qui, tout compris (train, auberge, nourriture), nous aura coûté moins de trente-cinq euros chacun ! Cela vous fait rêver, n'est-ce pas ? Alors venez en Chine dans l'année !

A demain pour plus de photos et de commentaires.
XB
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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 09:45
Je connais désormais tous mes résultats des examens de mi-semestre, mes premiers examens chinois ! Je suis globalement satisfait, même si à mon niveau, toutes les fautes sont basiques, donc idiotes, donc frustrantes !

Sans surprise, c’est en hanyu que j’ai eu la meilleure note : 95,5 sur 100. C’est la meilleure note de ma classe, donc je suis assez fier de mon résultat. Comme toujours en langue, je suis meilleur à l’écrit qu’à l’oral. C’est particulièrement le cas en Chinois, où ma bonne mémoire visuelle me permet d’assimiler les caractères plus rapidement que d’autres. A l’inverse, ma mémoire auditive est tellement médiocre que je suis parfois incapable de prononcer des caractères que je reconnais. Pourtant, c’est en général le contraire qui se produit dans l’apprentissage du Chinois : hormis les Japonais qui utilisent déjà un certain nombre de caractères dans leur langue, les autres étudiants étrangers parlent mieux qu’ils n’écrivent, et ont des difficultés à retenir les caractères, alors même qu’ils les révisent parfois plus de temps que moi.   

Je suis donc meilleur à l’écrit qu’à l’oral, mais je ne me suis pas trop mal sorti du kouyu, avec une note de 88 sur 100. Après des exercices de lecture et de grammaire, je devais présenter la façon dont les Français (et plus généralement les Occidentaux) fêtent Noël, événement encore très peu présent en Chine. Parmi les quatre sujets possibles, c’était le plus dur, car nous avions travaillé sur le trafic pékinois en classe, et nous avons un vocabulaire suffisant pour raconter une expérience malchanceuse ou un voyage marquant. Alors que pour Shengdanjie (Noël), il a fallu quelques recherches de vocabulaire spécifique. Mais je m’en suis bien tiré.

Sans surprise là non plus, le tingli était l’épreuve la plus dure. Il est donc normal que j’ai une note inférieure (67,5 sur 100), même si j’ai quelques regrets compte tenu des circonstances. Tout d’abord, notre classe n’a eu droit qu’à une seule écoute de la cassette, contrairement à deux autres groupes qui ont eu deux fois certains passages. Cela explique que notre classe ait les moins bons résultats dans cette matière. Néanmoins, il semble que l'administration ait décidé de nous rajouter une dizaine de points à tous en compensation, ce qui me fait passer à 79 sur 100 ! Initialement, Il n’y avait qu’une note au-dessus de 80, et je dois être le cinquième du groupe environ. J’aurais pu être troisième, mais en reportant les réponses de mon brouillon sur la feuille d’examen… j’ai inversé certains résultats ! J’ai donc perdu de quatre à six points le plus bêtement du monde ! Une note au-dessus de 80 m’aurait plus satisfait, bien entendu, mais au moins, je sais que je peux y arriver pour le vrai partiel.

Ces vrais examens finaux auront lieu début janvier. Cela va me laisser le temps de progresser !
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Published by Val - dans BeiWai
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