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Bienvenue sur mon blog !

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Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 09:47
Bonjour à toutes et tous,
je suis encore dans le tri des photos et la sélection des informations à vous faire partager au sujet de ce périple en Mongolie Intérieure (Nei Menggu en Chinois). Dans ce premier article, je reviens simplement sur quelques commentaires généraux. Je dois avouer que la Mongolie Intérieure n'était pas la région de Chine qui me faisait le plus rêver. La Mongolie Intérieure c'est grand, vide, en partie désertique, il fait froid et l'attraction principale, c'est de faire du cheval dans des prairies... Depuis une expérience traumatisante en colonie de vacances il y a dix ans, j'ai du mal à penser que le cheval puisse être le meilleur ami de l'homme ! Par conséquent, il n'y avait rien de très attractif pour moi en Mongolie Intérieure ! Pourtant, comme mon week-end à Shanghai a finalement été annulé, je me suis rajouté au voyage de Mireille et Anne-Sophie. Et je ne le regrette pas du tout, comme vous le verrez toute cette semaine !

Carte-Nei-Menggu.jpg
Baotou et Hohhot sont les deux points rouges en haut au centre. Pour que vous arriviez à voir quelque chose, le nom "Hohhot" dépasse malheureusement jusqu'à Pékin et Chengde. Mais je suis sur le point de trouver une meilleure solution pour les cartes ;-)

Commençons par le commencement : la Mongolie Intérieure, c'est où ? C'est une région chinoise, qui s'étend à l'ouest et au nord de Pékin, tout le long de la frontière avec la Mongolie (extérieure), qui est quant à elle un pays autonome. Les "deux Mongolies" se sont séparées il y a une centaine d'années. La Mongolie Intérieure a alors été rattachée à la Chine. Il est d'ailleurs intéressant de noter que le tracé de la Grande Muraille, sensée protéger la Chine des barbares septentrionaux... passe juste en dessous de la Mongolie Intérieure ! Je compte revenir sur tout cela dans un article plus complet sur l'histoire de cette zone, qui sera sûrement publié le week-end prochain.
Les Mongols, c'est qui ? Si vous connaissez la Mongolie et ses habitants, c'est grâce au plus illustre des habitants issus de ce pays : le grand conquérant Genghis Khan (sur lequel je reviendrai également), qui, à la tête de ses armées de cavaliers nomades, a bâti un immense Empire, allant des portes de l'Europe au Pacifique. Cet Empire sera aussi gigantesque qu'éphémère, mais les Mongols garderont leur influence en Chine sous la dynastie des Yuan (XIIIe-XIVe siècles), menée par les successeurs du Grand Khan.
Et aujourd'hui ? De nos jours, le peuple mongol est donc divisé de part et d'autre de la frontière entre la Chine et la Mongolie. En ce qui concerne la Mongolie Intérieure, les membres de l'ethnie mongole ne représentent que 15% de la population de la région. Et les Mongols sont rarement dans les couches les plus aisées de la population, hormis quelques uns comme le gérant de notre auberge et sa femme, tous deux d'origine mongole. Comme dans bien d'autres cas similaires en Chine, la majorité Han est parvenue à s'imposer et à assimiler progressivement la tradition locale dans ses propres modes de vie. Vous ne trouverez plus beaucoup de yourtes isolées ou de cavaliers nomades dans les steppes, ou alors uniquement sur des sites reconstitués pour les touristes occidentaux.

Et finalement, on fait quoi en Mongolie Intérieure pendant trois jours ? Beaucoup de découvertes passionnantes ! J'étais sceptique au début (surtout en regardant les prévisions météorologiques : de -12°C à 0°C dans le meilleur des cas !), mais j'avais tort ! Je ne peux pas dévoiler toutes mes cartes dès maintenant, mais je vous dévoile un premier indice :

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 09:20
我今年住在这个城市! Cette année, je vis et étudie à l'Université de Langues étrangères de Pékin. Retrouvez-moi sur mon blog : http://valinchina.over-blog.com
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10 décembre 2007 1 10 /12 /décembre /2007 12:14
Après avoir fait un petit article sur la pluie au tout début du blog, voilà sa petite soeur : la neige ! La neige, que nous attendions en Mongolie Intérieure et que nous avons finalement trouvée ce matin à notre retour sur Pékin. Avant de vous raconter en long et en large le périple en terre mongole toute cette semaine, je voulais juste vous mettre une petite photo de notre terrain de foot sous la neige.

Neige----P--kin.jpg
Pour que cet article ait un intérêt minimum, je reviens sur le caractère de la neige en Chinois. Rappelez-vous du caractère 雨 (yu, la pluie). Ajoutez une main en dessous, car la neige est au final de la pluie que l'on peut attraper dans sa main, et vous obtenez le caractère 雪 (xue, la neige). Un bon moyen mnémotechnique pour se souvenir de ces hanzi ! J'espère maintenant que les chutes de neige vont continuer dans les jours à venir, car il ne fait pas assez froid pour que ce premier manteau blanc soit durable.
 
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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 15:41
Il y a deux semaines, j'avais évoqué le soir où notre classe a été assister à une série de spectacles chinois à la Maison de Thé de Lao She (Lao She Chaguan : 老舍茶馆). Nos professeurs nous avaient dit que le nom de ce lieu venait d'un livre écrit par Lao She, nommé Chaguan, que je me suis procuré en version bilingue, afin de le présenter lors de mon exposé de kouyu d'hier. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Lao She (1899-1966) est sans doute l'un des plus célèbres écrivains chinois du XXe siècle, avec des livres qu'il faut absolument que je lise comme Quatre générations sous un même toit, Pousse-pousse ou Les Gens de Pékin. Lao She est particulièrement apprécié à Pékin, qui est le théâtre de ses principaux ouvrages. Il est vrai qu'il a assisté à quelques grands bouleversements de la capitale chinoise, de la fin de l'Empire lorsqu'il était enfant, à la Révolution culturelle qui le réprimera. Sa mort en 1966, officiellement qualifiée de suicide, susciterait toujours quelques interrogations.



Mais c'est bien de cette fameuse Maison de Thé que je veux vous parler ici. Le texte est en réalité une pièce de théâtre, qui se déroule en trois actes pour autant d'époques (1898, les années 1920, et juste après la fin de la Deuxième Guerre Mondiale). Seul le lieu ne change pas : une Maison de Thé authentique et célèbre de Pékin. Ce Yutai Dachaguan ("Grande Maison de Thé de la Paix prospère") est tenu par Wang Lifa.

En 1898, un mouvement réformiste vient d'être réprimé en Chine. L'Impératrice douairière Cixi reste donc à la tête d'un Empire dépensier. Les étrangers sont également présents en Chine, ce qui provoque la grande colère des clients chinois du salon de thé, qui n'hésitent pas à rivaliser de xénophobie. En effet, la population ne peut pas se permettre les mêmes folies que l'Impératrice ou les riches marchands occidentaux. Certains campagnards sont si pauvres qu'ils doivent vendre leurs enfants. C'est le cas de Kang Liu, contraint malgré lui par le terrible Liu Mazi de vendre sa propre fille, Kang Shunzi, à l'eunuque Pang, un vieil homme riche et influent à la cour.

Vingt ans plus tard, la Chine est devenue une République, mais, dans un pays en proie aux troubles politiques, la situation des moins fortunés ne s'est pas améliorée pour autant. Les propriétaires de salons de thé ont pour la plupart fermé leur enseigne. Wang Lifa résiste comme il peut, mais ses moyens sont moins importants qu'auparavant. La situation de Kang Shunzi a également évolué : son mari est mort, et elle n'a plus assez de ressources pour nourrir son fils adoptif, Kang Dali. Elle se remémore la funeste maison de thé, et propose ses services à Wang Lifa. Une fois sur place, elle recroise Liu Mazi, et est sur le point de lui faire payer les dures années de mariage forcé qu'elle a endurées. Liu Mazi, ayant bien d'autres ennemis à Pékin, sera en fait tué par d'autres clients.

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Le dernier acte de ce drame se déroule après le départ des occupants Japonais. Le Guomindang tente de faire régner sa loi à Pékin, mais la terrible précarité de le population, qui meurt de faim, conduit certains à se rebeller contre l'ordre qui se met en place. C'est le cas de Kang Dali, à la tête d'un mouvement clandestin, qui orchestre notamment les énormes manifestations de professeurs. Dans le même temps, la situation est devenue intenable pour Wang Lifa, qui n'a ni l'énergie ni les moyens financiers de sa jeunesse pour faire survivre son salon de thé. De plus, le fils de Liu Mazi veut venger son père en bénéficiant de ses contacts hauts-placés dans le Guomindang pour prendre possession de la maison de thé devant laquelle son père a été tué vingt ans plus tôt.

La fin est terrible. Elle m'a d'autant plus surpris que je pensais qu'il me restait encore plusieurs pages avant la fin, alors que je tournais en réalité la dernière page pour lire les dernières répliques. Par conséquent, je ne vous dévoile pas le choc final, pour que vous le découvriez à votre tour si vous décidez de lire cette petite pièce. J'ai résumé ici l'intrigue principale, mais il y a de nombreux autres personnages, qui vous permettront d'explorer d'autres facettes de la vie des Pékinois de la première moitié du XXe siècle. J'ai vraiment apprécié l'arrière-plan historique très prononcé et très instructif, mais qui ne nuit pas pour autant à l'histoire des personnages centraux. Ayant développé l'intrigue, je ne mets pas d'extraits cette fois-ci. Retenez que c'est un petit livre qui se lit vite et qui vaut vraiment le coup d'oeil !
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4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 16:45

Cinq "chörten" vous accueillent au passage de la deuxième porte d'entrée, représentant différents styles tibétains.

Bienvenue au Temple de l'Ecole du Potala, le plus vaste temple érigé à Chengde, qui copie l'architecture du Palais du Potala de Lhassa au Tibet. Ce temple a été construit de 1767 à 1771 pour célébrer les soixante ans de l'Empereur Qianlong. Je ferai court sur les commentaires, car le plus intéressant réside dans les photos.


Même si l'original est bien plus grand, ce temple est déjà très impressionnant !


Une photo que j'aime beaucoup. Comme la copie est réalisée à une échelle inférieure à l'original, les fenêtres sont trop petites et trop peu espacées pour être réelles. En fait, la façade extérieure de ce temple ressemble à un décor de cinéma.





Si l'extérieur du temple est inspiré d'une construction tibétaine, l'intérieur abrite un temple et des salles d'expositions d'architecture typique du XVIIIe siècle chinois.

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Gros plan sur les tuiles de bronze recouvertes de feuilles d'or du Pavillon d'Or.

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Je termine par ces petites guirlandes bariolées, et vous souhaite une bonne fin de journée !
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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 06:19
Les Empereurs mandchous, et notamment Kangxi et Qianlong, ont fait édifier douze temples autour de leur résidence estivale, afin de pacifier leurs relations avec les minorités religieuses, et notamment les Tibétains. Il reste aujourd'hui sept de ces temples. Nous en avons visité trois, dont les deux plus intéressants selon les guides : celui de Puning et celui de l'école du Potala.
Je débute par celui de Puning, dont le nom est traduit en Français par "Temple de la Paix universelle". Ce temple est en réalité accompagné d'un petit temple adjacent, par lequel nous avons commencé la visite :


Visiteur de ce blog, bienvenue à toi ! Que la Paix universelle t'accompagne !


Le centre de ce temple, avec ces trois Bouddhas principaux et ces arbres rouges ;-)


Un avant-goût du Tibet ?


Vue d'ensemble du Temple de la Paix universelle, inspiré du Temple de Samye, plus important lieu sacré pour les Tibétains avec Lhassa. 

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Il s'agit ici d'un des nombreux rouleaux qui consituent une rangée que le moine doit parcourir en récitant des prières. Le but est qu'il fasse tourner les rouleaux suffisamment fort pour qu'une fois arrivé au bout, il puisse voir tous les rouleaux de la rangée en train de tourner.


D'après ce que j'ai pu lire, voilà un exemple d'adaptation de l'architecture tibétaine à un aménagement du terrain plus typique de la Chine.

16--Temple-2.jpg
Et oui... en Chine il pleut rarement, mais quand ça tombe, c'est une bonne pluie lourde (et froide) !

Dans le grand bâtiment de ce temple de Puning (voir photo ci-dessus) se trouve une statue gigantesque, à peine plus petite que celle du Temple des Lamas de Pékin. Surnommée "statue aux mille bras et aux mille yeux", elle possède en réalité quarante-quatre bras et quanrante-cinq yeux ! Mais comme toujours, il faudra que vous vous déplaciez pour vous faire une idée, car les photos d'intérieur sont interdites... c'est-à-dire que comme tous les Chinois, j'ai tenté ma chance ! Mais la salle est tellement sombre que les photos ne rendent rien.
La prochaine série de photo sera consacrée au site de Chengde que je trouve personnellement le plus impressionnant : la copie du Potala.
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2 décembre 2007 7 02 /12 /décembre /2007 05:56
Constatant que je n'aurai pas le temps de faire des montages pour chacun de mes voyages, je reviens à une formule plus classique pour les photos de mon voyage à Chengde. J'avais fait ce voyage dans la foulée de celui à Xi'an, pour profiter de mes trois derniers jours de vacances début octobre. Vous pouvez retrouver le premier article "Voyage en Chinois" que j'avais écrit au sujet de ce petit déplacement dans la catégorie "Voyages" sur la droite de votre écran.


Je vous remets la carte du site, avec le palais au sud, le parc à l'ouest, le lac à l'est, et les temples tout autour.

Je résume les informations essentielles à connaître sur Chengde. Tout d'abord, le nom : 承德, avec des caractères bien compliqués, mais au sens intéressant, puisque cheng se trouve dans le verbe qui signifie "reconnaître, admettre, avouer", et de signifie la "vertu". Je vous laisse faire l'association. Cette ville de Chengde est aujourd'hui située à trois heures au nord-est de Pékin, mais il fallait à l'époque une petite semaine pour que toute la cour impériale s'y déplace.

A partir du début de sa construction au XVIIIe siècle, ce site accueillait en effet la cour des Empereurs Ming et Qing tous les étés, lorsque l'air devenait irrespirable à Pékin. On retrouve cet idée dans le nom chinois du Palais : 避暑山庄 (bishu shanzhuang) qui désigne littéralement le "palais pour fuir la chaleur estivale". Ce palais de taille colossale possède de nombreuses curiosités sur une superficie... huit fois supérieure à celle de la Cité Interdite et équivalente au double du Palais d'été de Pékin ! Je vous laisse donc découvrir quelques premières photos :

1--Chengde.jpg
Voici tout d'abord des images du Palais en lui-même, qui n'est pas très étendu, mais qui reste très agréable.


Ce qui est intéressant, c'est que le bois des murs et des plafonds n'a pas été repeint comme dans la plupart des palais et temples chinois. Le bois simple permet d'exprimer un autre style architectural et une certaine simplicité.


Le but d'un tel palais, c'est d'être calme et apaisant. En se baladant dans les allées, on s'aperçoit que l'objectif est atteint, et qu'une nouvelle fois, les Empereurs chinois avaient bien choisi leurs sites.

La réputation de Chengde au sein de la population chinoise ne vient toutefois pas uniquement de son air frais et ses murs de bois. Le site a été le théâtre à plusieurs reprises d'événements déterminants de l'histoire impériale chinoise. La Chine n'a pas toujours été gouvernée par des dynasties Han. Dans la position des Empereurs mongols puis mandchous, il était important d'entretenir de bonnes relations avec les autres groupes ethniques de l'Empire (je vous renvois à l'article sur la diversité ethnique de la Chine, dans la catégorie "Géographie"). Chengde était à proximité des terres mandchoues et des territoires mongols. Chengde accueillait également des temples de diverses confessions pour pacifier les tensions religieuses, notamment avec le Tibet.

En plus des relations intra-chinoises, le site de Chengde a aussi accueilli des réunions diplomatiques avec les puissances occidentales. Une première ambassade britannique semble très célèbre : celle de Lord Macartney en 1793, même si elle fut un échec pour les Anglais qui souhaitaient renforcer leurs puissance commerciale en Chine. L'autre grand moment est un échec également, mais côté chinois cette fois-ci. En 1860, les puissances occidentales forcent l'Empereur Xianfeng à signer le Traité de Pékin. Dans le contexte des Guerres de l'Opium, les Empires britanniques et français, ainsi que la Russie, imposent à une Chine fermée sur elle-même et dépassée sur le plan militaire, d'ouvrir ses ports au commerce maritime international, et de manière plus générale, d'ouvrir les richesses de son pays  aux marchands occidentaux. Ce texte est sûrement le plus célèbre de ce que les Chinois ont nommé les "Traités inégaux". Et comme vous pouvez le voir, l'Occidental est fraîchement accueilli sur ce site symbolique...


En plus de cette "humiliation nationale", le site de Chengde semble maudit, ce qui fait que les Empereurs font progressivement s'en détourner. Après un XVIIIe siècle qui marque l'apogée du site de Chengde, le décès de l'Empereur Jiaqing, frappé par la foudre dans le parc, est un premier signe funeste. Un demi-siècle plus tard, deux ans après la signature du Traité de Pékin, Xianfeng y décède également, laissant l'Empire aux mains de l'Impératrice douairière Cixi.

Mais au-delà du palais qui, bien que chargé d'histoires, est au final assez modeste, l'attrait de Chengde réside dans le parc gigantesque et le lac qui s'étendent au nord. Le lac tout d'abord est suffisamment grand pour que l'Empereur ne s'ennuie pas de faire à chaque fois le même parcours. Plusieurs petits temples ou arrêts sont disponibles sur les rives. Le bâtiment le plus connu est en photo ci-dessous :

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Le parc se trouve à l'ouest du lac. Il est très vallonné et devait permettre à l'époque d'organiser de grandes randonnées à cheval ou à pied, ainsi que de longues parties de chasse. Il y a par exemple de nombreux cerfs et biches en semi-liberté dans le parc. Les Emepreurs souhaitaient également y retrouver des souvenirs de leurs voyages à travers toute la Chine. Ils y ont donc placé des copies de sites célèbres. A commencer par une Grande Muraille miniature...

4--Chengde.jpg
Tout autour se trouvent donc une série de temples, qui sont eux-mêmes des copies de vrais temples, sur lesquels je reviendrai dans la deuxième partie de ce reportage photo. Mais vous pouvez déjà en reconnaître au moins un :

6--Chengde.jpg

A la prochaine fois pour plus de détails ! Je vous laisse patienter avec cette curiosité géologique qui surplombe Chengde :

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 16:07
Hier soir, nous étions invités par l’Association des Anciens de Sciences Po en Chine à une conférence de Lu Xiaobo, professeur émérite à Qinghua et Columbia, conseiller spécial dans les relations bilatérales entre la Chine et les Etats-Unis. Une vraie pointure ! Son intervention consistait en quelques remarques et quelques réponses sur les évolutions politiques et économiques envisageables en Chine après le XVIIe Congrès du Parti communiste chinois qui s’est tenu à Pékin, il y a un peu plus d’un mois.
Outre l’excellent repas français qui nous a rappelé les douces saveurs oubliées de notre gastronomie, j'ai retenu quelques éléments particulièrement intéressants, qui étaient souvent des confirmations de ce que l’on peut penser en Occident, mais avec quelques nouvelles idées que j'ai trouvées très pertinentes.

Introduction : les bases du fonctionnement politique de la Chine.
Je commence tout d’abord par quelques commentaires d’introduction pour ceux qui ne sont pas familiers des questions de politique chinoise. Comme vous le savez, la République populaire de Chine est régie par un Parti unique (le PCC) depuis 1949. Les grands congrès du Parti se succèdent selon un rythme quinquennal, avec pour mission de décider des grandes orientations et des nominations aux postes influents.
J’ai déjà évoqué le découpage administratif du pays dans mes articles sur la géographie de la Chine. En bas de l’échelle, on trouve des entités locales qui, en pratique, sont souvent plus indépendantes qu’on ne le croit dans l’application ou la non-application des décisions de Pékin. Puis viennent le rang provincial avec ses spécificités, et bien sûr, le pouvoir central à Pékin. La capitale accueille l’Assemblée du peuple qui comporte les centaines de délégués de toute la Chine. Malgré la présence d’élections au niveau local, ces délégués sont dans les faits choisis par le Parti. Mais c’est surtout le Politburo qui active les leviers économiques et politiques du pays. Ce groupe restreint contient neuf membres, et est actuellement présidé par Hu Jintao.

Le jeu opaque de la "démocratie interne" au sein d’un Parti unique…
Hu représente la quatrième génération de dirigeants de la Chine communiste après ses prédécesseurs Mao Zedong, Deng Xiaoping et Jiang Zemin. Actuellement, la durée de vie d’une génération au pouvoir est de dix ans (deux Congrès). Hu Jintao ayant été désigné il y a cinq ans, les préparatifs de sa succession dans cinq ans sont déjà en cours. Première nouveauté remarquable, cette succession est moins évidente que les précédentes. Dans le cas de Hu Jintao, il n’y avait aucun suspense : tout le monde savait à l’avance qu’il serait le prochain dirigeant du pays.
Seulement cette fois-ci, le choix n’est pas encore arrêté entre deux candidats potentiels. D’un côté, Li Keqiang poursuivrait la même politique que Hu. De l’autre, Xi Jinping, le très influent premier secrétaire de Shanghai semble favori pour remplacer Hu dans cinq ans, car il représente le meilleur compromis entre les tendances conservatrice et réformiste du Parti. Notez que dans le contexte chinois, les conservateurs correspondent à la "gauche" de l'échiquier politique puisqu'ils veulent conserver les fondements communistes du régime, alors que les réformistes libéraux sont "à droite".
A défaut de proposer des alternatives à l’extérieur du cadre du Parti unique, le régime connaît actuellement une certaine concurrence en interne. Qui dit concurrence dit débats, arbitrages, compromis… des mécanismes qui n’ont certes pas la transparence d’un régime démocratique, mais qui révèlent l’existence de divergences d’opinions dans les solutions à apporter aux développements présent et futur du pays.

…dont l’avenir à moyen terme semble assuré…
Ce développement de la Chine dont nous sommes les témoins actuellement est indissociable de la mainmise qu’exerce le PCC sur la vie politique chinoise. Certains soutiennent même que l’absence de contestation facilite la prise de décisions rapides et permet une croissance économique si efficace. Maigre lot de consolation pour ceux qui souhaiteraient une démocratisation accrue du système politique. Mais la transition économique semble avoir porté ses fruits, et en deux décennies le pays est passé sans heurts d’une économie composée à 80% d’entreprises d’Etat, à la situation actuelle qui s’approche des 70% d’entreprises privées, souvent financées par des capitaux étrangers.
Lu Xiaobo nous confiait toutefois avec optimisme que les choses avaient tendance à évoluer (timidement) dans le sens d’une libéralisation politique. Selon ses informations, le peuple chinois sera amené dans un avenir proche à élire lui même ses représentants, au cours d’élections à candidats multiples, probablement tous issus du PCC, mais représentant différentes tendances. A mon avis, nous devons encore attendre de voir le résultat dans la réalité avant de parler de progrès importants. Car globalement, le contrôle du Parti sur les médias et les nominations n’a aucune raison de disparaître dans les prochaines années. Aucune raison… sauf une crise très grave !

…par des réformes sociales et économiques qui renforceront son omnipotence politique.
C’est une idée qui revient dans la plupart des discours que j’ai entendus sur la Chine : le PCC est trop fort pour être renversé dans un contexte "normal". Dans l’esprit des Chinois, le Parti est le garant de l’incroyable croissance économique du pays, et donc de l’augmentation continue du niveau de vie de la partie influente qui émerge dans la nouvelle société chinoise. Mais dans le cas d’un ralentissement brutal de ces bons résultats économiques, ou pire d’une grave crise économique qui est loin d'être impossible, les Chinois pourraient être moins indulgents avec leurs dirigeants.
Selon notre conférencier d'hier, le PCC, dans le but de prévenir des contestations futures, devrait engager de vastes réformes sociales et sociétales dans les cinq ans à venir. La plus attendue concerne le système de santé, qui est l’un des gros points noirs en Chine. Le Parti préfèrera certainement engager lui-même les réformes, plutôt que de risquer d’être renversé à cause de son immobilisme. Ce serait donc le début d'un cercle vertueux de réformes progressives, mais attendons là aussi de voir ce qui se passera réellement.

Conclusion : ce Congrès a-t-il aidé la Chine a mieux préparer son avenir ?
Au-delà de l’économie et de la démocratisation des institutions du pays, la Chine est confrontée à de grands enjeux inédits, à commencer par la question environnementale. Lu Xiaobo a également insisté sur le piège de juger de la politique chinoise à partir des seuls succès de Shanghai et Pékin, car la Chine reste en grande partie rurale,  agricole et pauvre, encore basée sur de petites industries souvent archaïques. Le pays, en plus de sa population qui est jugée trop nombreuse par tous les Chinois, souffre de grandes disparités entre les moyens des différentes régions, ainsi qu’entre les revenus des plus riches et des nombreux laissés pour compte de la Chine moderne. Quel avenir pour les ouvriers migrants qui sont aujourd'hui la "colonne vertébrale du développement de la Chine" pour reprendre l'expression de Lu Xiaobo ?
Enfin, n’oublions pas non plus que la Chine revendique désormais une certaine influence sur la géopolitique internationale, ce qui lui apporte des responsabilités nouvelles en contrepartie. La Chine est de plus en plus dépendante du monde qui l’entoure, autant sur le plan économique (50% du pétrole consommé en Chine est désormais importé) que sur les problématiques politiques.
Beaucoup de questions, plusieurs réponses envisageables et envisagées dans les hautes sphères pékinoises, moins monolithiques qu’on ne le dit généralement en France. Il est encore trop tôt pour tirer des enseignements  définitifs sur le dernier Congrès.

Mais nous vivons une époque passionnante !
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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 02:09
C'est en effet la problématique du moment ! Entre les cours, les matchs de foot avec le Département de Français à midi, les exposés et devoirs qui s'enchaînent de plus en plus régulièrement, et autres dîners, il me reste juste le temps de dormir ! C'est bien car nous ne nous ennuyons pas une minute, mais cela limite les mises à jour du blog.

Hier soir, l'université a invité gratuitement tous les délégués à voir le spectacle Chun Yi, une légende du Kung-fu. A la base, le spectacle vaut quand même plus de quinze euros. Il faut dire que les performances de toute cette troupe de moines Shaolin étaient stupéfiantes. Les enfants qui font des sauts périlleux avec la tête comme point d'appui, les démonstrations avec tous les bâtons, épées et nunchakus imaginables, les gymnastes qui font des figures depuis des fils suspendus en l'air, les danseurs... bref, du grand spectacle. L'homme qui se casse des épées en métal sur la tête, c'est moins fascinant dans le concept, mais très spectaculaire aussi. Malheureusement, il était une nouvelle fois impossible de prendre des photos pour vous.  Le seul regret, c'était que le spectacle était en Anglais, et pas en Chinois, ce qui renforçait le côté "folklore pour touristes".Toujours est-il que nous n'avons pas regretté d'être délégués de classe...

Ce soir, j'ai également une sortie, pour un dîner organisé par les anciens de Sciences Po en Chine. L'invité est Lu Xiaobo, professeur au CV universitaire impressionnant, qui devrait se réveler très intéressant sur le thème des conséquences politiques et économiques du dernier Congrès du Parti communiste chinois. Je vous tiendrai au courant de ce que j'en ai retenu... quand j'aurais le temps ! Car jeudi soir, nous avons également un dîner, pour le départ d'un membre de notre classe. Je pense également que je ferai une petite série sur les meilleures photos de Chengde, un voyage que j'ai fait juste après Xi'an, et que je voulais également traiter sous forme de montage, mais je risque de ne pas avoir le temps. Car d'autres voyages se profilent... Je vous tiens au courant.

@+
Xia Bing
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24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 19:04
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Pour terminer cette journée un peu spéciale, et marquer le passage du 100e article publié sur le blog, j'ai pensé que laisser la parole à d'autres m'éviterait d'écrire un article supplémentaire de remerciements sans saveur particulière. J'ai donc proposé à mes fudao d'écrire quelques lignes sur la France, sans être trop sérieuses si possible, pour avoir une sorte de "regard croisé". Ayant arrêté cette idée assez tard, elles n'ont pas eu beaucoup de temps devant elles, mais ont quand même souhaité répondre à ma demande. Tenez-vous bien, voici donc ce que les Chinois pensent de nous !
  
  "Etant un pays qui parle la langue de Molière, aux yeux de la plupart des Chinois, la France est romantique et merveilleuse.
   Cependant, la France a ses propres inconvénients ! Les Français sont vaniteux et fiers, parfois indifférents aux autres, car la France est un pays ancien et industrialisé. Par conséquent, les Français ne cherchent pas à étudier les richesses des autres pays. Par exemple, ils considèrent le Français comme la langue la plus belle du monde, donc ils méprisent l’Anglais. En fait, ils ont peur que l’influence de la langue française diminue. Les Français ne sont pas travailleurs ! En même temps l’efficacité de leur travail est plutôt basse. Bien que leur niveau de bien-être soit élevé, les Français se plaignent toujours ! A cause de ces facteurs l’économie française est en déclin.
  On dit que les Français sont les Chinois de l’Europe, car ces deux nations se ressemblent un peu. Comme les Chinois, les Français ne sont pas très francs, ils cachent parfois leur opinion."

Je n'ai retravaillé avec elles que quelques maladresses, mais sinon, le texte est entièrement écrit par deux étudiantes chinoises qui ne connaissaient pas un mot de Français il y a encore deux ans, et n'ont jamais mis les pieds dans un pays francophone ! En tant que Français nul en langue comme beaucoup de mes compatriotes, je suis toujours très impressionné par le niveau des étudiants de cette université, quelque soit la langue qu'ils étudient !
Sur le fond, j'ai essayé également de ne pas trop intervenir, pour les laisser exprimer leurs idées. On sent les étudiantes en langues étrangères dans le commentaire sur la question de l'influence du Français dans le monde ;-)

Je n'ai pas réussi à savoir si la dernière phrase avait un sens caché : Ont-elles caché leur véritable opinion dans ces lignes ? Mais je les ai laissé prendre un repos bien mérité... il est 2h du matin à Pékin, et nous sommes au 101e jour du blog ! Ouf ! J'ai fini !
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