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Bienvenue sur mon blog !

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Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 22:53
Un monde, un rêve...

La journée de demain s'annonçant très chargée, je prends les devants en publiant dès ce soir le dernier des quatre articles sur les motivations de mon départ pour la Chine. Je mesure ma chance de partir en Chine cette année précisément, non que je crois (pour le moment) à la numérologie chinoise qui nous annonce que 2008 sera une année de bonheur et de prospérité, mais bien parce que l'apothéose de ce séjour sera l'organisation des Jeux Olympiques l'été prochain à Pékin.

Juillet 2001 : un jeune garçon de quatorze ans est abattu de tristesse. Parisien de naissance et amoureux de l'olympisme, il vient d'entendre le président du CIO Juan Antonio Samaranch annoncer en direct à la radio que les Jeux de la XXIXe Olympiade se tiendraient à Pékin, en Chine, et non dans sa ville de Paris qui était candidate.

Août 2007 : quelques années ont passées, et depuis la chambre où il avait appris cette triste nouvelle, ce même garçon, un peu moins jeune, se rappelle avec émotion ce moment d'intense déception, et alors qu'il contemple sa valise qui lui servira dès le lendemain à rallier la Chine, il se dit que la vie réserve bien des surprises !

Je ne sais pas encore si je pourrai matériellement assister aux Jeux l'an prochain, mais je dois reconnaître que cette perspective a été un argument décisif en faveur de Pékin. La ville est en ébullition et se prépare à accueillir les délégations du monde entier pour leur en mettre plein la vue. 2008 sera l'année de la Chine et des JO à Pékin, et participer à ces grands moments me donne déjà des frissons !

Vous l'aurez compris, j'espère être votre envoyé spécial aux Jeux l'été prochain, et quoi qu'il arrive, vous pourrez suivre la préparation olympique tout au long de l'année sur ce blog.

Je vais désormais tenter de trouver le sommeil pour ma dernière nuit parisienne...
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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 22:16
A la découverte d'un nouveau monde... en bouleversement.

La Chine est une destination très excitante dans le cadre de cette troisième année à l'étranger. Comme je le disais déjà hier, ce qui m'a particulièrement intéressé avec la Chine, c'est la différence, à tous les niveaux. Je pense m'être bien préparé à ce voyage, et pourtant je vais être surpris pendant un an en voyant ce qu'est réellement la Chine. C'est certainement la zone du monde la plus éloignée de nous. Les contacts avec l'Occident ont finalement été peu nombreux, contrairement aux pays méditerranéens et arabes qui ont échangé avec l'Europe occidentale depuis l'Antiquité, contrairement aux Amériques du Nord et du Sud, en contacts forts avec le Royaume-Uni, l'Espagne ou le Portugal, contrairement à l'Afrique qui a été longtemps colonisée par les Français et les Anglais, tout comme l'Inde. La Chine apparaît comme l'antithèse du monde européen. Tout a été pensé différemment, tout a été réalisé différemment, souvent à un niveau équivalent au notre. La langue et l'écriture répondent à des logiques distinctes de celles des langues indo-européennes ; les valeurs, les traditions et les arts sont issus d'un développement incomparable à celui des pays occidentaux ; les gens et la manière de vivre en communauté semblent également très différents de la France. Je me mets donc dans la peau d'un découvreur !

Car des découvertes il y en aura ! La Chine elle-même se découvre, dans ses nouveaux habits de grande puissance qui se veut mondiale. Tel sera donc tout l'enjeu de ce voyage, en plus de l'apprentissage du mandarin. Comprendre un peu mieux la Chine, pour mieux appréhender le Monde, puisque la puissance et les intérêts de la Chine sont désormais au centre des décisions politiques, économiques, sociales, culturelles et environnementales qui se prennent à l'échelle internationale.

Découvrir un nouveau monde donc, et j'espère que vous serez nombreux à le faire avec moi au travers de ce blog !
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19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 23:14
Quand la Chine s'éveillera, mon destin basculera !

Ni hao !

Hier, je vous disais que mon intérêt pour la Chine a été tardif. En effet, avant de rentrer à Sciences Po,  je n'avais que la simple curiosité du citoyen lambda qui suit les informations mondiales, avec son lot d'idées reçues sur la Chine et ses habitants. Tout a changé au début du second semestre de première année (il y a un an et demi donc), quand la direction de Sciences Po a lancé le "Programme Asie". Ce programme nous permettant de suivre, en plus des cours habituels, quatre heures de Chinois, Coréen, Hindi ou Japonais, ainsi que deux heures de cours de "civilisation". Quelques bons amis étaient tentés, j'ai également trouvé l'idée attrayante, et je me suis lancé sans arrière-pensée de rationalité économique future ou de fascination orientaliste préalable.

Et là, cela m'a tout de suite intéressé, intrigué, amusé. Ces cours de langue où l'on répète des pendant dix minutes des sons "ma" avec différentes intonations et où l'on cherche à percevoir la distinction entre les prononciations de "ci", "si", "zi", "chi", "shi" et "zhi" laissent de bons souvenirs ! Bref, après quelques fous-rires, j'ai compris l'étendue des découvertes qui m'attendaient. L'idée de me pencher sur un monde totalement différent du notre, avec une manière de penser, des valeurs, une culture et un système linguistique si diamétralement opposés m'a fasciné et me fascine encore. Le principe de ce programme centré sur les pays asiatiques est d'envoyer les étudiants effectuer leur troisième année dans le pays de la langue étudiée. Je me suis assez vite rendu à l'évidence que la Chine et Pékin étaient les meilleures opportunités pour moi (j'y reviendrai).

Si ces trois semestres de cours sur l'Asie en général et la Chine en particulier m'ont autant séduit, c'est en grande partie grâce aux professeurs que nous avons eu la chance de rencontrer. Je voulais donc profiter de cet article pour les remercier. En Chinois, nous avons eu deux profs géniales : Zhong Donghong (niveaux 0 et 1) et Yao Ruoyu (niveau 2). Elles nous ont donné des bases solides (même si les deux mois de vacances les ont sérieusement fragilisées !) Ensuite, le cours de civilisation du deuxième semestre de première année était donné par Sébastien Billioud. Ce cours était peut-être un peu trop ambitieux pour des débutants, mais il a réussi à éveiller un peu plus ma curiosité pour l'Empire du milieu. En deuxième année, tous les étudiants du Programme Asie ont suivis des cours d'Histoire de l'Inde, de la Chine, de la Corée et du Japon. Le premier semestre était dédié à l'Inde coloniale, avec Christophe Jaffrelot, directeur du CERI. Puis trois autres éminents spécialistes se sont succédés au second semestre : Jean-Marie Bouissou pour le Japon, Jean-Luc Domenach pour la Chine et Alain Delissen pour la Corée. En plus de cela, j'avais la possibilité de prendre une dernière option centrée sur l'Asie, et j'ai donc suivi le cours intitulé "La nouvelle géographie de la Chine", dispensé par Jean-François Doulet, urbaniste et professeur spécialisé dans les villes chinoises, et plus particulièrement Pékin. Tous ces cours m'ont beaucoup apporté dans la préparation de mon voyage, mais aussi dans la compréhension de l'Asie, du monde moderne en général avec la globalisation des enjeux politiques, économiques, sociaux, culturels et environnementaux.

Quand j'ai évoqué mon projet d'aller étudier un an en Chine, beaucoup de personnes dans mon entourage, familles ou amis de tous âges et de tous milieux socio-culturels, ont eu une sorte de question-réflexe du style "Mais tu n'as pas peur?", agrémentée de mauvais jugements sur la Chine et les Chinois. L'image de la Chine en France est trop souvent négative et réductrice. La réalité de la Chine de ce début de XXIe siècle est en effet bien plus complexe que ce que nos préjugés nous laissent penser.

Pour que ce voyage soit enrichissant, il faut donc faire cet effort d'ouverture et d'étonnement initial, afin de découvrir ce qu'est réellement la Chine moderne !

Demain : A la découverte d'un Nouveau Monde...
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18 août 2007 6 18 /08 /août /2007 23:00
Cette première série d'articles me permet de vous en apprendre un peu plus sur les motivations de mon choix de Pékin pour cette troisième année à l'étranger. Pour ceux qui ne le sauraient pas, le cursus de Sciences Po impose de passer la troisième année dans un pays étranger, au sein d'une université ou dans le cadre d'un stage en administration ou en entreprise. La Chine s'est vite imposée dans mon esprit comme la meilleure destination possible. J'y reviendrai demain. Aujourd'hui, je veux plutôt m'attarder sur mes premiers contacts avec la Chine, avant le début de mon apprentissage du Chinois l'an dernier. 

Ces contacts ont été peu nombreux en réalité. C'est d'ailleurs cela qui est intéressant : je ne connaissais pas grand chose à la Chine avant de m'y intéresser plus sérieusement depuis un an. C'est peut-être votre situation également. Dans ce cas, j'espère que mon blog sera instructif !

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Rétrospectivement, j'ai donc pris conscience de l'importance de la Chine très tard. Hormis les quelques Asiatiques qui ont fréquenté les mêmes établissements scolaires que moi, les restaurants chinois et les étiquettes "Made in China" sur mes jouets ou vêtements, le premier souvenir qui m'est revenu en préparant cet article est le voyage de Tintin en Chine. Sur la piste des Cigares du Pharaon, Dingding (丁丁 : Tintin en Chinois) se retrouve en effet en Chine dans l'album Le Lotus Bleu, paru en 1936. Relisez-le, c'était une période importante pour la Chine, alors sous occupation japonaise. Les interprétations divergentes de cette période sont pour beaucoup dans les mauvaises relations sino-japonaises actuelles. Aussi loin que je me souvienne, cette BD est donc une des premières révélations de l'existence de la Chine, pays étrange où l'on écrit avec des dessins, où les femmes se bandent les pieds pour ne pas qu'ils grandissent trop, où les fleuves sont jaunes... !
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Après Tintin, je me souviens de Mulan, le film d'animation de Disney, sorti en 1998. J'avais onze ans, et je me rappelle tout particulièrement d'un reportage au JT, qui expliquait le choix de Disney pour une histoire chinoise, avec un eldorado gigantesque, qui s'ouvrait pour l'Occident. Tout cela restait pour moi un mystère. Il est vrai qu'en Histoire, on étudiait plutôt Vercingétorix, Clovis, Charlemagne, Louis XIV et Napoléon. En géographie, on avait la France, l'Europe, les Etats-Unis, voire le Japon. La Chine demeurait dans mon esprit un vaste pays en sommeil sur mon planisphère.

Puis vint un troisième temps, avec les sorties successives des wu xia pian (les films de sabre chinois) Tigre et Dragon (2000), Hero (2003) et Le Secret des Poignards Volants (2005). C'était assez nouveau et cela m'a beaucoup plu. Les médias commençaient à parler nettement plus de la Chine, tantôt sous l'angle du miracle économique, tantôt sous les traits d'un ogre dévoreur des emplois français. Pékin a été désignée pour accueillir les JO de 2008, les reportages télévisés se sont succédés. Bref, la Chine s'éveillait enfin sans que mes connaissances à son sujet ne dépassent les nêms aux crevettes, la Grande Muraille, Tintin, Mulan et autres sabreurs volants !


Demain : "Quand la Chine s'éveillera, mon destin basculera !"

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