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Bienvenue sur mon blog !

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Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

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15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 08:54
Exactement une semaine après la petite école maternelle de la campagne mongole, j'ai rendu visite avec ma classe à d'autres xiao tongxue, mais dans un quartier aisé de Pékin cette fois-ci. Certes, ces enfants vivent dans le même pays, et j'ai retrouvé dans les deux écoles les mêmes sourires plein d'innocence qui caractérisent leur âge. Mais, force est de constater que ces enfants ne vivent pas du tout dans le même monde, et cette différence ira en s'accroissant lorsqu'ils grandiront.

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D'un côté, la petite école de Mengniu que je vous présentais hier : malgré la rudesse du climat en Mongolie Intérieure, il n'y a ni eau ni électricité, malgré leurs difficultés scolaires initiales, ils n'ont qu'une institutrice pour trente élèves de trois niveaux différents. De l'autre, "l'école du rayon de soleil du (nouveau) siècle", dans un quartier tout neuf de la périphérie ouest de Pékin : bibliothèques, cuisines, infirmeries, salles de jeux, dortoirs pour la sieste, tout le confort occidental pour la vingtaine d'élèves de chaque classe, et leurs deux ou trois professeurs !
D'un côté, une institutrice qui se charge seule d'enseigner les mathématiques rudimentaires, les premiers caractères, et les nombres en Anglais, mais qui malgré toute sa volonté, ne gagne rien, et ne comprend pas immédiatement les mots pour dire "Internet" en Chinois, puisqu'elle ne s'est jamais servie d'un ordinateur. De l'autre, des institutrices très diplômées, qui commencent à enseigner l'Anglais à des enfants de 3 à 5 ans, qui passeront ensuite à des leçons de musique grâce aux plusieurs pianos de l'école, ou iront lire l'intégrale des aventures de Ding Ding (!) à la bibliothèque.
D'un côté, une école dans laquelle les paysans mettent leurs enfants parce que l'enseignement primaire est obligatoire en Chine, mais ils finiront par s'occuper des champs et du bétail comme tout le monde. De l'autre, une maternelle privée à 3000 yuan le mois (près de 300 euros, soit 50% du salaire d'un couple pékinois moyen, lui-même très au-dessus de la moyenne nationale !) qui met les enfants sur les meilleurs rails pour le primaire, le secondaire et l'université. J'avais lu en France que la sélection future se joue dès les toutes premières années, entre ceux qui ont un environnement stable pour assimiler les bases de lecture, écriture et calcul, et ceux qui n'en disposaient pas.

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Mais à leur âge, ils ne s'en rendent pas encore compte. Ils sont contents de m'inviter à jouer au foot avec des balles dégonflées pour les uns ou à faire des Pères Noël en papier pour les autres. Ils sont donc joyeux, amicaux et innocents, et il n'était pas simple pour moi de faire abstraction du contexte extérieur, puisque nous pouvons nous faire une idée des succès et des échecs que leurs origines économiques et sociales leur réservent pour les années à venir. Ces deux écoles sont finalement une bonne illustration de la Chine qui change... pour certains. Dans nos analyses enthousiastes sur l'émergence rapide de la Chine, il ne faut pas oublier que la grande partie de l'iceberg est toujours immergée dans son océan de pauvreté.

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Mes xiao pengyou, bonne chance pour le futur !

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24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 05:59
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J'essaye de mettre toutes les photos que je juge intéressantes au fur et à mesure, et hormis celles de mon voyage à Chengde il y a un mois et demi qui feront l'objet d'un montage à venir, il ne me reste que quelques prises idolées que je n'ai pas réussi à placer dans un article ou un thème particulier. Pour ces 100 jours, j'ai donc souhaité ressortir une des premières photos que j'ai réalisée en Chine. Elle trainait sur mon "bureau" sous le nom de code de "Gandalf" ;-)

Je resitue le contexte : nous étions arrivés, Arnaud et moi, depuis moins de cinq jours. Ce jour-là, nous sommes allés à la banque pour nos soucis de virements. Pour cela, nous avons marché le long de Chang'An Jie, la grande avenue qui traverse Pékin d'est en ouest en passant par la Place Tian'An Men. Ici, vous voyez en arrière-plan les bâtiments ultra-modernes du gigantesque mall "Oriental Plaza" qui part de Wangfujing et s'étend sur trois étages de plusieurs centaines de mètres de long. Voitures de sport, parfums, vêtements de luxe, restaurants branchés, c'est ce que la Chine capitaliste a de plus clinquant à vous exposer !
Et là, surgit du milieu de nulle part, ce petit vieux avec sa canne et son petit chapeau de paille, qui semble aller à contre-courant du flot des automobilistes et des piétons de Pékin ! Cette impression est encore renforcée par le fait que la photo ne soit pas très droite, car je devais la prendre très vite. En réalité, cette avenue est absolument plate, comme les autres. Mais avec cet angle, il semble que la Chine moderne monte vers la droite de l'image, alors que notre vieux sage "descend" à la recherche de ce qu'il peut rester de tradition dans son pays. Imaginez comme cet homme qui a connu la Chine maoiste doit être perdu au milieu de toute cette opulence !

 
J'ai déjà beaucoup insisté là-dessus sur mon blog, mais ces contrastes sont toujours aussi frappants. La Chine change, très vite. Et si vous deviez choisir entre suivre l'impulsion de la Chine qui réussit et suivre Gandalf pour sauvegarder ce qui reste encore d'authentique à Pékin, quel chemin prendriez-vous ?
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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 03:54
Après vous avoir décrit très rapidement nos premières impressions sur ce que l'on perçoit de l'impitoyable monde du travail chinois à Pékin, voici donc le deuxième volet, avec les photos prises au Mont Taishan. Ce qui nous a particulièrement troublé, c'est de croiser à nos côtés dans l'ascention des hommes qui portaient vers le sommet sur leurs épaules des charges énormes de riz ou d'autres produits. D'après la réponse qu'a compris Mireille, ils seraient payés entre 70 et 100 kuai pour faire une montée, selon le poids de la charge portée. Si elles se confirment, ce sont des fortes sommes pour des Chinois. Néanmoins, ils se détruisent la santé à vitesse accélérée en portant trente ou cinquante kilos sur leur épaules et leur dos par de telles chaleurs sur une ascention qui est intrinséquement très éprouvante.

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Ce fonctionnement nous est apparu d'autant plus décalé qu'à quelques mètres de là, un téléphérique permet de faire monter les touristes paresseux jusqu'au sommet. Pourquoi ne pas mettre les produits dans les cabines, et éventuellement les descendre de quelques dizaines de mètres vers les points de ravitaillement, plutôt que de faire monter tout cela à la sueur du front des pauvres du Shandong ? Au sujet des cabines du téléphérique, nous avons d'ailleurs assisté à la montée d'un énorme câble porté par deux cents cinquante hommes. Ils mettaient des heures à avancer de 10m et la montée en fait plus de 600...Un hélicoptère n'aurait-il pas été plus efficace et plus rapide ? En tout cas, nous avons tous senti une sorte de culpabilité devant ce serpent composés d'hommes de tous âges, avec leurs visages marqués par la répétition de tels efforts.

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Il faut donc se méfier de ce que l'on entend sur la course à la rentabilité en Chine. Certes il y a une très forte pression, un très fort dynamisme, mais il persiste encore des poches d'un archaïsme absurde, que ce soit avec toutes les tâches inutiles et bien sûr inintéressantes à Pékin ou dans les travaux d'un autre âge à Taishan ou ailleurs.
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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 03:50
Bonsoir,
je profite des photos du Taishan pour poster un petit article que je prépare depuis quelques temps. Depuis mon premier jour à Pékin en fait, en l'enrichissant au fur et à mesure des découvertes. Le thème de base est le travail en Chine. Bien sûr, cette question mériterait un traitement plus long et plus réfléchi, mais j'ai quelques premiers éléments qui nous ont interpellés à vous présenter.

Tout d'abord, il faut savoir qu'en Chine, l'activité ne s'arrête pas le week-end, tous les magasins restent ouverts le dimanche, ainsi que relativement tard le soir, d'autant qu'ils ouvrent très tôt également. C'est plus simple qu'à Paris pour le coup puisqu'on trouve tout, partout, à toute heure. Même pendant les travaux (cf. photo d'un des grands mall de Wangfujing), les magasins ouvrent et vendent à tour de bras.

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"Bunisess as usual during renovation": la devise de la Chine actuelle, engagée à la fois dans de grands travaux de rénovation sur tous les plans et dans une consommation effrenée.

Mais la relation des Chinois au travail est très différente. Nous avons remarqué entre nous que les Chinois tarvaillent encore en majorité pour survivre, alors qu'une petite minorité travaille pour se payer les loisirs les plus fous. Le but principal de beaucoup reste d'avoir suffisamment à la fin de la journée pour nourrir sa famille. Dans ces conditions, tous les métiers sont bons à prendre, même les plus inutiles. Cela va du gendarme avec son drapeau qui tente de réguler les carrefours, alors que ni les piétons ni les automobilistes ne respectent ses ordres, aux vendeurs de tickets directement au sein des bus (en plus des chauffeurs), jusqu'aux vieilles personnes qui collectent les bouteilles vides dans la rue pour les revendre à trois sous. N'oublions pas non plus tous les gardes, droits comme des "I" qui sont postés devant les bâtiments tous les cinquante mètres (bâtiments officiels, écoles, magasins, tout ce qui a une porte en fait...).
Mais ces emplois permettent à la Chine d'afficher des taux de chômage très impressionnants, sans que la rentabilité de tous ces travailleurs ne soit réellement au rendez-vous. Pourtant, on sent une vraie pression sur tout le monde. Une enseignante nous disait qu'elle devait venir en cours, même si elle était malade, pour garder sa place. A l'arrivée à l'aéroport, dans la zone de contrôle des visas, nous devions noter la qualité du service du contrôleur ("very satisfied", "satisfied", "not satisfied" etc.). Inutile de vous dire que s'il fait un faux-pas, ils sont des milliers à attendre derrière pour prendre sa place...

Mais la situation de tous ces gens est encore appréciable en Chine. Ce que nous avons vu ce week-end est visuellement et psychologiquement plus dur à accepter. Je vous réserve les photos et les commentaires pour un peu plus tard ce soir, ou au pire demain, car je suis attendu pour fêter deux anniversaires...
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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 18:38
Pékin vit actuellement une révolution urbaine, qui s'est accélérée depuis une petite décennie. Les anciens quartiers laissent la place à des tours d'habitations ou de bureaux, à des périphériques et des échangeurs aériens. Ces anciens quartiers traditionnels du centre-ville sont ou étaient composés de siheyuan (四合院 : littéralement "quatre pavillons autour d'une cour"). Cette structure antique est finalement assez comparable à celle des maisons romaines, construites autour d'un atrium. Ces habitations sont ou étaient reliées par des dédales de ruelles étroites nommées hutong (胡同).

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Souvent dans un état de délabrement avancé, et très peu adaptés à la circulation en voiture, les hutong sont progressivement détruits, pour laisser la place à des immeubles de quinze étages sans saveurs, mais beaucoup plus rentables en terme de logements au mètre carré. L'opinion internationale s'est largement émue à propos du sort réservé à ces maisons, parties intégrantes du patrimoine de Pékin, et à leurs habitants, délogés sans réel préavis.

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C'est pourquoi, la municipalité de Pékin a décidé de construire de nouveaux hutong, plus propres, plus espacées pour laisser circuler les automobiles. Les avis sont très partagés, mais c'est vrai que malgré leur vetusté terrifiante, les vieux siheyuan contribuent au charme de la vieille ville, notamment autour des lacs au nord et à l'ouest de la Cité Interdite pour ceux que j'ai vu.

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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 06:55
Manger est vraiment une chose très facile en Chine. Vous trouvez des restaurants à tous les coins de rue, leur rentabilité semblant assurée par le fait que les Chinois eux-mêmes y mangent très souvent. La nourriture de base est assez bon marché (surtout comparée à la France), et le restaurant n'est pas un luxe exceptionnel que l'on s'offre pour célébrer un événement particulier.

Manger est aussi une chose très agréable en Chine, car les plats sont d'une incommensurable variété, et globalement tout est plutôt bon. La nourriture n'a pas toujours grand chose à voir avec ce que vous pouvez manger au restaurant chinois en France, car les plats y sont essentiellement cantonais et non pékinois. La variété est donc très appréciable. Par exemple, hier soir, nous nous sommes enfin décidés à aller manger un kaoya (enfin six vu qu'on était quinze...). Le kaoya c'est le nom du célèbre canard pékinois, véritable institution culinaire de la capitale.


Les cuisiniers viennent les couper devant nous.

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J'ai mangé le 40312e canard de ce restaurant. C'est très peu face aux dizaines de millions affichés par le plus grand resto de Pékin... mais qui était trop loin pour nous.

Dans le même temps, cette semaine, nous avons déjeuné dans un restaurant absolument miteux, à moitié en destruction, qui habituellement ne doit servir que les ouvriers de chantier voisin, et nous avons merveilleusement bien déjeuner ! Tout cela pour 20 kuai à trois, soit même pas le prix d'un sandwich à Sciences Po.

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Il y avait même une passerelle au-dessus des canalisations en construction pour accéder au restaurant !

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La Chine offre des contrastes assez saisissants tout de même !
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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 18:02
Je vous disais dans l'article précédent sur la monnaie que le salaire moyen tournait autour de l'équivalent de 100 euros en Chine, et surtout qu'il montait de presque 20% chaque année en moyenne depuis une petite décennie. C'est l'une des  possibles explications de la stabilité actuelle du régime. Mais je garde cette question pour une autre fois. Ce qui m'intéresse ici est de questionner la notion de pays en voie de développement dans le cas de la Chine de ce début de XXIe siècle.

Le développement, il existe bel et bien, aucun doute possible à ce sujet. Pékin est un vaste chantier d'où jaillissent quotidiennement des tours de bureaux ou de logements. Certains quartiers où nous avons pu nous rendre en début de séjour, comme la rue commerçante de Wangfujing ou le quartier occidentalisé de Sanlitun n'ont rien à envier aux capitales européennes et nord-américaines. Les boutiques sont les mêmes, les clients sont les mêmes.
Mais Pékin propose une grande variété sociale, car à quelques mètres des Starbucks, Nike et autres McDonald's (réservés aux Chinois les plus aisés), des mingong travaillent nuits et jours à la construction d'un nouveau centre commercial ou d'un énième hôtel de luxe pour les JO. Ces minggong représentent les populations dites "flottantes", composées de travailleurs migrants venus des campagnes de l'intérieur du pays, pour gagner des misères afin de faire survivre leurs familles restées dans les terres. Pour eux, le développement est encore à venir, car ils vivent dans les conditions du Tiers-Monde.
Enfin, entre les deux, d'innombrables Pékinois de classe moyenne travaillent pour entretenir le rythme de la machine économique chinoise, qui leur est de toute façon profitable puisque leur pouvoir d'achat augmente en même temps que la croissance. Ce Pékin-là est le plus intéressant puisqu'il a conservé l'authenticité de la ville, avec beaucoup de monde, des odeurs incomparables (pas toujours très appréciées), du bruit et de l'activité à toute heure, ainsi que quelques très bons restaurants à prix réduits ;-).

Pékin est donc en révolution urbaine, tout comme la Chine, engagée dans un développement à vitesse accélérée, qui profite beaucoup à certains, moins à d'autres. Cela offre une grande diversité et donc des découvertes, avec toujours ce contraste saisissant entre la Chine ultra-moderne, les restes du Pékin ancien, partiellement recouverts par cinquante ans de régime communiste. Cette photo prise dans le quartier de Sanlitun illustre bien à mon sens tout le paradoxe du développement chinois, qui creuse les inégalités au sein de la population.

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Deux mondes si proches et si éloignés à la fois...
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1 septembre 2007 6 01 /09 /septembre /2007 18:14
Une des sensations les plus marquantes lors de l'arrivée en Chine, c'est l'impression d'être étranger. Alors bien sûr, cela  paraît évident, mais c'est quelque chose qui mérite d'être vécu pour être bien compris et ressenti. La Chine est en fait un monde auto-suffisant qui s'est bâti sur des normes différentes, voire opposées aux nôtres, et qui, passé l'étonnement de voir un blanc prendre le bus ou faire ses courses au milieu des locaux, ne vous prête pas plus d'attention qu'à n'importe quel autre pékinois. C'est assez difficile à décrire : dans certains endroits, l'Occidental n'est pas du tout dépaysé, et ailleurs, il l'est totalement, ressentant vraiment un fossé culturel. C'était une des raisons de mon choix pour Pékin, et je ne suis pas déçu.

Le plus impressionnant, c'est le fait de se retrouver en très nette minorité ethnique. Il y aurait environ cinquante mille expatriés à Pékin, pour une population allant de 13 à 17 millions d'habitants (suivant que l'on compte les "populations flottantes" de travailleurs au plus bas de l'échelle sociale). Ce qui fait un blanc pour trois cents chinois en moyenne. Lorsque l'on prend le bus à trois, nous sommes donc statistiquement les seuls Occidentaux sur les mille personnes alentour. On prend alors conscience du poids démographique énorme de la Chine. Les Chinois sont littérallement partout. Il y a du monde partout tout le temps, et les gens ne sont pas pressés comme à Paris, ils suivent le flot humain en mouvement.

Le métro est un bon exemple de cette marée humaine. Les étrangers se déplaçant essentiellement en taxi, il est rare de croiser des non-Chinois dans les transports en commun. J'ai pris les deux clichés suivants à la station de métro de Fuxingmen, où se croisent les lignes 1 et 2. Les deux photos ont été prises dans la même minute, avant et après l'arrivée d'une rame de métro.

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Les photos ont bien été prises à quelques secondes d'intervalle : regardez les deux filles en rouge et avec un sac à main blanc à droite du poteau de gauche. Ils sont partout, tout le temps !

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