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Bienvenue sur mon blog !

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Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

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29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 22:22

Parcourant des lieux déjà connus pour la plupart, mon appareil s'est attardé sur les scènes de la vie quotidienne pékinoise. Voici quelques clichés pour jouer avec les stéréotypes !


Pékinois 5


Comme tout être vivant, le petit Pékinois est d'abord un bébé...

à la différence près qu'il est nourri aux raviolis de sa grand-mère dès son plus jeune âge !

Pékinois 1


Comme les autres, l'enfant chinois passe ses journées d'été à s'amuser et à rêver de s'envoler...


Pékinois 19


Mais au pays de l'enfant unique, les Petits Empereurs ont vite fait

de se montrer irrespectueux envers les symboles nationaux !

Pékin 3


Heureusement que le Parti les remet dans le droit chemin !


Pékinois 17


La chaleur estivale et la pollution rendent l'air irrespirable. Les jeunes se retrouvent dans les parcs. 


Pékinois 9


Certains vont même jusqu'à se rafraîchir dans les eaux des lacs, comme ici à Qianhai. 


Pékinois 11


Si les petits garçons rêvent de s'envoler, les jeunes filles s'imaginent en égéries de la haute couture.


Pékinois 10


Pendant ce temps, les jeunes cadres qui pilotent la croissance chinoise sont rivés sur leurs iPad.


Pékinois 12


Ils ont acheté des coques fantaisistes pour leurs gadgets numériques auprès de vendeurs à la sauvette,

qui se sauvent avant l'arrivée de la police !


Pékinois 13


Etre policier au pays très policé de Mao, c'est un job étonnamment fun !


Pékinois 3


On ne peut pas en dire autant de tous les boulots...

Agent de la circulation sur le troisième périphérique par exemple... 


Pékinois 4


Malheureusement, certains n'ont même pas cette chance et sont réduits à trier les poubelles... 


Pékinois 6


Le tri des déchets passe également par cette multitude de personnes qui récoltent vos bouteilles en plastique. 


Pékinois 15


En dehors de la circulation et des mauvaises conditions de travail, les Pékinois n'ont pas à se plaindre :

l'air est lourdement pollué, mais suffisamment léger pour entraîner les cerfs-volants.


Pékinois 2


Alors, en fin d'après-midi, on se retrouve dans les parcs pour jouer au ping-pong... 


Pékinois 8


... dessiner des arc-en-ciel avec des rubans de tissu...


Pékinois 21


... danser en suivant le rythme nostalgique des chansons d'une jeunesse révolue... 



Pékinois 14


... et pour jouer, encore et toujours, aux cartes, au mahjong, aux échecs ou aux dominos.


Pékinois 20


Lorsqu'il fait trop chaud, un peu de repos sous les saules pleureurs s'impose. 


Pékinois 7


Et puis, on se met à discuter paisiblement devant les étendues verdoyantes, loin du bruit de la mégapole...


Pékin 15


On médite sur la pureté des fleurs de lotus. 


Pékin 5


On observe le soleil décliner derrière les nuages, comme ici au Yuanmingyuan,

site d'un ancien palais impérialmis à sac par l'alliance franco-britannique de la fin du XIXe siècle. 


Pékin 13


Et les derniers rayons du soleil éclairent les usagers des derniers pédalos du jour... 


Pékinois 18
Mais il paraît que "Beijing ren" est aussi une expression pour désigner des individus un peu fous...

D'ailleurs, pour certains, la vie reste un étonnement permanent !

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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 00:00
Sachant que j'allais être absent pour Chunjie, la Fête du Printemps, qui marque la date du Nouvel An chinois, j'ai préparé un petit article vous expliquant le système du calendrier chinois, qui n'est plus utilisé que pour fixer les dates des fêtes traditionnelles.  En effet, depuis l'instauration de la République en 1912, la Chine a adopté le calendrier grégorien qui est également le notre. Néanmoins, les fêtes traditionnelles rythment toujours l'année des Chinois, donc il est nécessaire de faire un petit point sur leur calendrier. Accrochez-vous, ce n'est pas très simple !

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Commençons par le commencement !
La tradition chinoise fait remonter la création du monde chinois aux années 2697 ou 2698 avant notre ère. Ces deux dates correspondent respectivement à la naissance et à la procréation du mythique Empereur Jaune (Huangdi). En effet, le calcul de l'âge en Chine n'est pas le même que chez nous, puisqu'à la naissance, le nouveau-né est sensé avoir déjà un an, âge qui correspond à la période de procréation. Mais ne compliquons pas les choses, qui sont déjà suffisamment complexes comme cela. Cet Empereur Jaune a donc atteint l'âge de soixante ans en -2637. Il a alors décidé d'introduire un calendrier à base sexagésimale (soixante ans donc...).
Ce système daterait en réalité des Shang, au XIIe siècle av.JC. Par la suite, les premières vraies indications retrouvées datent de l'année 841 av.JC, sous la dynastie des Zhou occidentaux. Mais la Chine n'est pas encore unifiée donc plusieurs systèmes devaient coexister. C'est une nouvelle du royaume de Qin que viendra la base, puisque la calendrier établi en 256 av.JC par ce royaume sera étendu à tout l'Empire lors de sa création. La date importante est 104 av.JC, lorsque l'Empereur Wudi de la dynastie Han officialise le calendrier traditionnel qui est toujours en vigueur aujourd'hui.

Le calendrier soli-lunaire :
Comme pour beaucoup de civilisations, le calendrier traditionnel chinois est basé sur les événements astronomiques les plus évidents et les plus importants pour la vie humaine : les cycles du Soleil et de la Lune. La Chine a basé son système de calcul sur la Lune (d'ailleurs, yue, 月, est le caractère qui signifie à la fois la Lune et le mois). Par conséquent, une année comporte douze mois lunaires de vingt-huit à trente jours. Mais avec cette base, le cycle du Soleil (365,25 jours environ !) et l'alternance des saisons ne sont pas respectés. Un treizième mois lunaire est donc ajouté à sept reprises pendant un cycle de dix-neuf ans, soit tous les deux ou trois ans (phrase à relire deux fois pour comprendre ;-)). Ce "treizième" mois n'est en fait jamais le treizième, car il vient s'intercaler quelque part entre le premier et le douzième, en prenant le numéro de celui auquel il succède ainsi qu'un marqueur spécifique ; cela peut théoriquement être n'importe quel mois, à condition qu'il ne comporte pas de changement de signe du zodiaque, mais là, cela devient inutilement compliqué pour les prétentions de mon petit article !
De cette façon, la règle veut que le solstice d'hiver tombe forcément durant le onzième mois lunaire (règle héritée des Qin). Deux mois plus tard, c'est une nouvelle année qui commence avec la Fête du Printemps. Le système veut que le début du premier mois lunaire tombe toujours entre le 21 janvier et le 20 février de notre calendrier à nous. Puis l'équinoxe du printemps tombe forcément dans le deuxième mois, le solstice d'été dans le cinquième et l'équinoxe de l'automne dans le huit!ème. Voilà pour les règles de base, car après, il y a des implications astrologiques, avec les signes du zodiaque notamment qui font la richesse de l'astrologie chinoise. Je laisse ceux qui sont intéressés faire de plus amples recherches par eux-mêmes. Le système de décompte des années du cycle sexagésimal, surnommé jiazi, est lui aussi particulièrement complexe, avec la combinaison d'une des dix tiges célestes et d'une des douze branches terrestres, sans compter l'influence du Yin et du Yang, des cinq éléments et des huit caractères sensés influencer notre destin ! Que du bonheur !

L'alternance des douze animaux du zodiaque chinois :
L'animal qui symbolise chaque année, voilà enfin un concept un peu plus simple à vous expliquer par écrit ! Selon la légende, le premier Bouddha invita les animaux pour célébrer la nouvelle année. Ils arrivèrent dans cet ordre de rapidité, complètement absurde au vu des dispositions athlétiques de chacun : le rat, le boeuf, le tigre, le lapin, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre, le singe, le coq, le chien et le cochon ! Le rat a d'ailleurs triché en se mettant sur le dos du boeuf jusqu'à l'arrivée. Cet ordre a été conservé : -2697 (ou -2698) était donc l'année du rat... comme 2008, qui est l'année du rat de terre jaune pour être tout à fait complet !
Le rat a une connotation bien plus positive ici qu'en Occident, puisqu'il est amical et curieux. En revanche, il n'hésite pas à se montrer matérialiste et manipulateur pour arriver à ses fins. Pour ceux qui ne connaisse pas leur signe (ce qui est impensable pour un Chinois !), c'est facile de compter puisque 2008 marque le début d'un nouveau cycle de douze ans. Pour ceux qui sont nés en 1987 comme moi, nous sommes de l'année du lapin !
Retenez juste que pour simplifier, l'histoire chinoise compte les années comme dans l'Empire romain, en fonction des Empereurs, qui représentent chacun une ère nouvelle (par exemple : la neuvième année du règne de Qianlong etc.). Pourtant, si l'on se reporte toujours au calendrier de l'Empereur Jaune, sachez que notre monde est actuellement à l'aube de sa 4706e année, c'est-à-dire la vingt-cinquième année du soixante-dix neuvième cycle sexagésimal !

Ouf... Bonne année ! 

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12 janvier 2008 6 12 /01 /janvier /2008 16:40
On ne peut pas parler d'Internet en Chine sans parler de l'essor fulgurant des jeux en ligne. Comme certains lecteurs doivent être néophytes dans ce domaine, je commence par quelques explications techniques basiques... Le jeu vidéo se joue souvent sur des consoles dédiées à ces loisirs (PlayStation, XBox, Wii, Game Boy etc.) ou sur PC. Chaque plate-forme a ses styles de jeux privilégiés, et dans le cas du PC, la précocité du jeu en réseau a assuré le succès des jeux de tir à la première personne comme Counter Strike et des jeux de stratégie en temps réel comme Warcraft III ou Starcraft. Plus récemment, un nouveau type de jeu est apparu, surnommé "MMORPG" (pour "Massive Multiplayer Online Role Playing Game", donc des jeux de rôle en ligne). Le principe est simple : vous incarnez un personnage, et vos amis derrière leurs ordinateurs dans le monde entier ont également le leur. Vous évoluez sur un monde dit "persistant", c'est-à-dire que contrairement aux jeux qui ne se jouent pas sur Internet, l'univers de jeu continue sa progression pendant votre absence en fonction des actions des autres joueurs connectés. Cela peut entraîner les fameux phénomènes d'addiction dont on parle souvent, puisqu'il faut passer le maximum de temps en ligne pour que le monde n'avance pas trop vite sans votre personnage !

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La Chine, comme d'autres pays, a connu ses quelques cas de joueurs morts pour être restés trop longtemps connectés sans dormir ni s'alimenter. Mais ce phénomène est très marginal comparé aux enjeux qui se cachent derrière ces jeux. Car les jeunes Chinois urbains se sont rués sur ces expériences nouvelles, jouables en ligne. Dans ce domaine, le jeu qui a le plus de succès, en Chine comme dans le reste du monde, est World of Warcraft (ou Moshou Shijie en Chinois : 魔兽世界), un MMORPG édité par le talentuex studio Blizzard Entertainment. Plus de dix millions de joueurs payent leur abonnement mensuel pour participer à cet univers d'heroic-fantasy peuplé d'elfes, d'orques et d'autres créatures magiques. Sur ce total impressionnant pour un jeu en ligne, une bonne partie des joueurs se trouve en réalité en Chine ! Les autorités ont d'ailleurs tenté de réduire le temps de connexion maximal à trois ou cinq heures d'affilée, sans grand succès.

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En effet, derrière le simple jeu se cache un véritable business. Je vous ai expliqué que le principe des MMORPG était l'évolution du monde en continu, avec la contrainte de consacrer un temps conséquent à une telle aventure, pour progresser au même rythme que ses alliés et ses ennemis. Seulement, certains joueurs occidentaux n'ont pas le temps de consacrer autant de temps à leur passion, mais ils souhaitent malgré tout profiter du jeu. Face à cette demande, des réseaux chinois ont créé un système permettant à des ouvriers chinois de faire évoluer le personnage pour le joueur occidental trop occupé, qui le récupère une fois qu'ila le temps de jouer. Ces ouvriers d'un nouveau genre sont appelés les Gold farmers, en référence aux paysans cultivateurs et mineurs d'or du jeu Warcraft III, dont est issu World of Warcraft, et dont le but est de construire et entretenir une armée pour vaincre celle de l'adversaire. Bref, ces "fermiers d'or" sont des travailleurs de l'ombre, dont l'activité consiste à jouer pour que d'autres joueurs jouent mieux plus tard. Sauf que nous sommes en Chine, et que ces fermiers un peu particuliers peuvent travailler des heures et des heures pour des sommes très faibles.

En dehors des quelques jeux en ligne les plus joués, les Chinois sont encore très peu consommateurs de jeu vidéo, bien moins que leurs voisins japonais bien sûr. Nul doute toutefois que les centaines de millions de  joueurs potentiels et l'accroissement du nombre d'ordinateurs ou de téléviseurs vendus vont pousser l'industrie vidéoludique à investrir massivement en Chine dans les années à venir.
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11 janvier 2008 5 11 /01 /janvier /2008 10:54
Au début de notre séjour à Pékin, nous étions surpris par le faible nombre de points d'accès à Internet en Chine. Rappellez-vous de nos "sessions Starbucks" pour que je puisse mettre à jour le blog avant d'avoir Internet dans ma chambre. En réalité, la Chine est plus "connectée" que ce que nous pensions. En tout cas dans les villes, car à Mengniu, dans le petit village que nous avons parcouru en Mongolie Intérieure, le terme même de shang wang était inconnu ou presque. La contrainte avec la Chine, c'était d'adapter Internet à l'écriture en caractères (si vous vous demandez toujours comment écrire en Chinois sur un ordinateur, reportez-vous à l'article sur l'écriture d'un SMS, le système est le même). Certains sites anglo-saxons ont donc créé des versions chinoises de leurs contenus, comme Google et Yahoo, qui ont connu un certain succès. Mais le plus simple et le plus lucratif pour les petits visionnaires du Net chinois, c'était encore de créer de toute pièce des sites ou services équivalents à ceux qui marchaient déjà dans le reste du monde ! Ainsi Baidu ressemble à s'y méprendre à Google, QQ a copié la messagerie instantanée de Microsoft, MSN Messenger, et Xiaonei est un clone intégral de Facebook. Surfons ensemble sur les grands acteurs du web chinois ! J'ai mis des liens à chaque fois pour que vous puissiez vous rendre sur ces sites.

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Baidu, QQ, Xiaonei, ces interfaces ne vous semblent pas familières ?

Baidu (www.baidu.com) est considéré comme le site le plus utilisé en Chine. En plus de proposer le meilleur moteur de recherche en langue chinoise, Baidu est la plus grande plate-forme de téléchargement (entièrement gratuit !) de toute la musique chinoise... et internationale pour les tubes qui marchent en Chine. Imaginez simplement que Google propose la même offre chez nous... En Chine, le débat sur les droits d'auteurs n'a pas lieu d'être, comme je vous l'ai déjà dit au sujet des copies de DVD à mois d'un euro. Les chanteurs vedettes gagnent toujours des sommes folles, mais c'est grâce à la publicité, aux films dans lesquels ils jouent, aux concerts qu'ils donnent. C'est une donnée à prendre ne compte dans nos débats en France sur la question du téléchargement.

Derrière Baidu, QQ (www.qq.com) est l'équivalent chinois de Microsoft Hotmail, avec également l'application MSN Messenger, qui est un succès. Cela n'empêche pas que beaucoup de Chinois utilisent le MSN original. C'est d'ailleurs très utile de converser sur MSN en Chinois avec Denise ou Alicia, car cela me permet de réfléchir rapidement à des phrases courtes et usuelles et de pouvoir demander un mot manquant si nécessaire.

Troisième acteur majeur, le site Sina (www.sina.com.cn) qui est une sorte d'immense plate-forme qui propose informations, forums, comptes personnalisés. Le site affiche des statistiques impressionnantes : c'est le premier site chinois à avoir été côté au Nasdaq, fort de plus de cent millions d'utilisateurs enregistrés et de trois milliards de pages consultées... quotidiennement ! Mon modeste blog en est encore loin ;-)

Ensuite, Google est positionné dans ce Top5, de même que Baotao qui est également un site multi-usage dans le registre de Sina (www.google.cn et www.baotao.cn). Dernier site dont je voulais vous parler ici, Xiaonei (www.xiaonei.com) qui est en passe de devenir le pendant chinois du site communautaire étudiant américain Facebook. Il y aurait déjà un million et demi d'étudiants chinois connectés, ce qui reste certes loin des cinquante-cinq millions d'utilisateurs de Facebook, mais le service est ici limité à la Chine ou à ceux qui parlent Chinois. Mais la comparaison Facebook-Xiaonei ne s'arrête pas là : les deux sites sont quasiment identiques, en terme de couleur, d'interface, de services...

Internet, quelle invention incroyable quand même. Quand je suis né il y a vingt ans, l'Internet pour particulier n'existait pas encore. A dix ans, mes parents ont acheté notre premier véritable ordinateur capable de se connecter sur le web. Et dix ans plus tard, me voilà en train de rédiger mon blog ! Internet est aujourd'hui indispensable pour nous, et je l'ai vraiment ressenti à Mengniu justement, en essayant d'imaginer que, comme ces gens, Internet me soit totalement étranger. Impensable ! Je pense même qu'un Chinois urbain et moderne, en partie grâce à Internet, est plus proche d'un Français que d'un paysan de son propre pays. Toujours est-il qu'après cette petite revue du Net chinois, je vous ai préparé pour demain un article sur le phénomène grandissant des jeux en ligne en Chine.
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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 13:53
Internet en Chine, voilà un sujet inévitable pour un blog qui souhaite présenter les évolutions chinoises à l'aube de cette année olympique si importante pour Pékin. Google qui n'accepte pas les recherches pour les mots-clés "liberté" ou "démocratie", Yahoo qui vend des informations confidentielles à Pékin, les sites et blogs censurés par milliers, l'interdiction très récente pour les Chinois de publier leurs propres vidéos sur les sites non-contrôlés, sans parler du scandale des "hackers rouges" l'an dernier... vous avez suivi tous ces développements, qui vous auront certainement scandalisés. Pourquoi les sites occidentaux acceptent-ils ces compromissions ? L'argent sans doute... Mais la question essentielle est de savoir comment les autorités chinoises arrivent à contrôler, au moins en apparence, cet espace qui est par nature incontrôlable. Je vais essayer de vous fournir quelques éléments que j'ai pu récolter à ce sujet, pour rétablir certaines vérités et en révéler d'autres, à partir d'une conférence à laquelle j'ai assisté l'an dernier à Sciences Po ainsi que de quelques expériences faites depuis Pékin.

L'idée de cet article m'est venue dès le début du blog bien entendu, mais ce qui m'a décidé définitivement, c'est la découverte d'une option inattendue sur ma page de connexion. En effet, l'université propose un service d'Internet par câble, et il faut donner ses identifiants à chaque début de session. Or sur la droite de la page, une petite case qui semble anodine est cochée : "允许出国 - Enable to visit foreign IP" (autrement dit : "Autorisé à visiter les sites étrangers"). Après prise de renseignements, les étudiants de BeiWai ont tous accès au Net mondial, mais à Beida, l'Université de Pékin, certainement beaucoup plus sensible politiquement, l'accès à l'Internet international coûte beaucoup plus cher aux étudiants chinois que l'accès au seul réseau chinois ! Mais comment font-ils la distinction entre ce qui est chinois et ce qui ne l'est pas sur un système virtuel sans frontières nationales, me direz-vous ?

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C'est là que cela devient intéressant ! Regarder le schéma que j'ai grossièrement créé pour vous ci-dessus. Voici la clé du mystère ! Prenons l'image traditionnelle de la toile d'araignée, qui a donné son sens au "web". Les sites du monde entier sont tous reliés entre eux (traits verts sur mon schéma), par des systèmes de liens, ou simplement parce que les serveurs utilisés peuvent provenir d'un autre pays que celui dans lequel vous êtes connectés. Il n'y a pas de frontières, de multiples interconnexions, et les contrôles sont très durs et très longs. Mais le Net chinois a la particularité d'être "coupé" du reste du monde virtuel (toile rouge à droite). Il existe bel et bien une "frontière", ou plutôt un poste de douane, qui contrôle les flux dans tous les sens : "monde-Chine" (traits bleus) et "Chine-monde" (trait rouge), mais aussi "Chine-Chine" ! Toutes les informations passent par ce point. On y trouve un détecteur, sans doute comparable à ceux qu'utilise le système d'écoute américain "Echelon" qui contrôle tous les messages avec les mots "attentat", "terrorisme" etc. Pour les Chinois, les mots à repérer sont différents, mais le concept est identique. Il suffit alors de bloquer purement et simplement tout ce qui gêne, en interdisant à ces informations de "passer la frontière".

Cela aboutit à de fameux exemples, comme celui des résultats différents pour une recherche "Tian'anmen" sur Google France et Google Chine (voir ci-dessous). Notez au passage que Google France et tout son contenu sont accessibles depuis la Chine, contrairement à ce que l'on entend souvent en Europe. En revanche, certains sites sont totalement bloqués : Wikipédia, l'intégralité des blogs des plate-formes "blogspot" ou "skyblog" (désolé chers amis de Sciences Po, je ne peux pas suivre vos aventures autant que j'aimerais pouvoir le faire... il fallait prendre over-blog !), ou des sites divers et variés, totalement inoffensifs pour la Chine, comme celui de Plaisir d'images par exemple ! Mais là encore, comment arrivent-ils à bloquer les ordinateurs chinois "de l'extérieur" ? Très simple, nos ordinateurs ont une adresse IP qui leur est propre, et qui permet de localiser les ordinateurs quise trouvent en Chine, même s'ils ne sont reliés par aucun câble grâce au Wi-fi. Il existe toutefois une parade : Anonymouse, et d'autres "proxys", qui permettent de cacher l'adresse IP, et de surfer sans frontières. Et oui, il y a toujours une faille, et potentiellement, chaque Chinois a accès à l'intégralité du Web mondial, mais...

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La comparaison des résultats pour les recherches "Tian'anmen" sur Google est intéressante. Si vous ne trouverez aucune trace des événements de 1989 sur le web chinois, sur le site français, les photos de la place elle-même sont reléguées au second plan.

Mais quelle est la menace représentée par des sites francophones, germanophones ou rédigés en d’autres langues, alors que la grande majorité des Chinois ne parle... que le Chinois !? Quant à ceux qui parlent assez bien l'Anglais ou d'autres langues étrangères, ils appartiennent aux classes élévées de la société. Par conséquent, ils sont déjà tout à fait au courant de ce qui se passe dans leur pays... et ils sont volontairement complices de ce système qui, malgré ses quelques défauts, leur assure une croissance à deux chiffres et le doublement de leur salaire en cinq ou six ans. C'est pourquoi je me permets d'écrire un tel article. Avec ce contenu, mon blog pourrait-il être censuré en Chine ? Je me suis bien entendu posé la question, mais je ne le pense pas, car mon blog est en Français, mon lectorat est quasi-uniquement Français et tout simplement, de telles infos sont disponibles ailleurs sur le Net, et j'y ai eu accès depuis ici.

Par contre, un tel contenu en Chinois aurait une durée de vie très limitée. Car il pourrait toucher toute la population chinoise. Le Net chinois est une véritable chance pour les dissidents, le seul moyen d'expression qu'il leur reste (bien qu'ils ne le gardent pas longtemps en général). Mais dans ces cas-là, la réplique est immédiate, les informations sont censurées. Fait intéressant, la censure est le plus souvent une auto-censure. Le Net chinois est immense, et malgré les technologies mises en oeuvre, impossible à contrôler intégralement en temps réel. La plupart du temps, ce sont donc les hébergeurs de sites et forums qui modèrent le contenu de leurs pages, afin d'éviter une éventuelle future censure ! Dans ces conditions, les données du problème changent, et le travail des censeurs est simplifié. Ce travail est pourtant voué à devenir de plus en plus dur, car il est impossible de surveiller des millions d'internautes et de sites.

L'évolution de l'Internet chinois s'annonce aussi incertaine que passionnante. Je vais consacrer d'autres articles au phénomène Internet en Chine. Cette fois-ci, il s'agira de vous présenter quelques grands sites chinois, et parfois leur étrange ressemblance avec des cousins anglo-saxons. Comment ne pas parler non plus de l'explosion des jeux vidéos en ligne qui attirent la jeunesse... et quelques profiteurs sans scrupules ! A suivre donc...
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25 décembre 2007 2 25 /12 /décembre /2007 04:20
圣诞快乐!
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"Joyeux Noël !" Quelle sensation bizarre en écrivant ces mots... C'est vraiment aujourd'hui Noël ? En Chine, on peut se le demander. Depuis quelques semaines, il y a certes quelques sapins décorés dans les halls de l'université ou dans les quartiers fréquentés par les Occidentaux comme Wudaokou et Sanlitun. Certes, la semaine dernière, nous avions un spectacle de Noël, avec un Père Noël dans notre groupe et des chapeaux rouges à pompon. Certes vendredi soir, nous avons fait un repas de classe avec petits cadeaux dans un restaurant français qui affichait un franc "Joyeux Noël !" sur ses vitres. Certes, hier soir, nous avons réveillonné avec d'autres Sciences Po de Beida, et Etienne qui étudie à Hong Kong, mais passe quelques jours dans le nord. Certes, certes... mais néanmoins, l'esprit de Noël n'y est pas.

Le fait de ne pas être dans ma famille joue sûrement un peu, mais le plus étrange est de vivre la fête par procuration grâce à Internet. Sur les sites communautaires comme Facebook, chacun marque qu'il est bien rentré dans la famille, en France. Les d'informations français ne parlent plus que de Noël, des bilans de fin d'année, des artistes les plus populaires, des grands événements sportifs de l'année écoulée. Les chaînes de télévision occidentales que je capte ici n'évoquent que ces mêmes sujets. C'est un sentiment assez curieux : nous savons ce qu'est Noël pour l'avoir déjà apprécié, nous savons que cela se passe ailleurs en ce moment, et que nous en sommes "privés" pour cette année. Cela fait partie de l'expérience de la Chine ! Dans l'absolu, ces fêtes ne me manquent pas plus que cela et je peux m'en passer d'ici à l'an prochain : quand j'étais petit, je trouvais que Noël était un jour trop rare dans l'année, donc je me suis habitué à l'attendre longtemps ;-).

Alors puisqu'il paraît que Noël est vraiment aujourd'hui, je vous souhaite une nouvelle fois un Shengdan kuaile !
Xia Bing
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24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 11:53
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Beijing Night Fever !

Cet article, je sais que certains l'attendent depuis longtemps ;-). Il en faut pour tous les goûts sur le blog, et pour satisfaire la curiosité de mes lecteurs (mais pas uniquement non plus...), j'ai écumé deux-trois boîtes de nuit pékinoises ! Comment ?! Moi, Valentin, qui refuse d'y aller à Paris et traîne des pieds au Cap d'Agde (spéciale dédicace au roi du Razzmatazz barcelonais qui se reconnaîtra ;-)) ?!
Eh bien oui, tout arrive ! il faut dire que le grand avantage des discothèques de Pékin... c'est qu'elles sont gratuites ! Enfin... gratuites pour les Blancs, et payantes pour les Chinois ! Ensuite les boissons sont chères (pour la Chine bien sûr, car ramené au prix français, ça ne doit faire que trois ou quatre euros), mais comme je ne bois pas, j'ai la double satisfaction de ne rien payer du tout pour la soirée !

Non seulement, il ne faut pas payer, mais il ne faut pas non plus se préparer pour l'occasion : on rentre en vêtements de sport sans souci. Une fois dedans maintenant, il y a plusieurs ambiances différentes selon l'endroit. La première boîte de nuit que nous avons fréquentée porte le doux nom de Propaganda. C'est en fait un petit club en sous-sol du quartier branché de Wudaokou, proche des universités, donc fréquenté en grande partie par des étudiants occidentaux. Rien de très exotique donc.
En revanche, le quartier de Sanlitun accueille les vrais complexes de Pékin, avec notamment le Vics et le Mix pour ceux que j'ai testés. Ces deux clubs se font face, sur le parking du stade de football de Pékin. Comme l'entrée est gratuite... il est possible de passer de l'un à l'autre dans la même soirée. Le Mix est plus jeune et décontracté dans l'ambiance, alors que le Vics semble accueillir une clientèle beaucoup plus riche et select.

L'intérêt principal, c'est de voir des Chinois. Et là, je ne suis sûrement pas un clubber de référence, mais eux, ils atteignent parfois des sommets ! Les garçons/hommes sont très drôles, car ils viennent en bande et passent leur temps à se moquer les uns des autres dès qu'un membre du groupe se rapproche d'une danseuse. Je voulais prendre des photos d'eux, mais un videur m'a dit que je ne pouvais pas.
Les filles en revanche, c'est autre chose, surtout à Sanlitun. Elles ne sont sûrement pas là pour danser uniquement, et certaines sont vraiment dans un état de "dépravitude humaine" pitoyable pour reprendre l'expression que l'on utilisait à Buffon. Ambiance Sanlitun oblige, elles sont d'ailleurs très surprises lorsque des occidentaux comme nous ne répondent pas à leur avances.

Bref, la bande du Razzmatazz, si vous me lisez, je vous attends de pied ferme à Pékin !
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9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 18:27
La troisième année à l'étranger, c'est génial, on apprend plein de choses. Par exemple, à faire une lessive tout seul ou toutes sortes d'autres activités passionnantes qui ouvrent de nouveaux horizons intellectuels jusqu'alors inimaginables ! Dans le cadre spécifique de la Chine, on trouve également beaucoup de réponses à des questions qui auparavant paraissaient insolubles.

La leçon que la vie m'avait réservée pour aujourd'hui consistait à expérimenter le sens profond de l'expression "perdre les pédales". C'était pourtant limpide... Si, si, je vous assure : je pars juste dans les temps qui me permettent d'arriver en cours suffisamment en avance pour ne pas être le dernier et suffisamment limite pour ne pas regretter les dix minutes supplémentaires de sommeil que j'aurais mérité ! Dans le froid matinal qui me saisit violemment à 7h45, je décide d'accélérer le rythme, pour me réchauffer. Autour de moi, des centaines de Chinois se rendent en cours, tous aussi bien réveillés que moi... Je me mets en danseuse et... patratrac ! ma pédale gauche se dérobe et tombe à terre, fendue par mon coup de pédale, certes puissant, mais tout de même ;-). Et le vélo avec une pédale en moins, c'est légèrement moins pratique. Voilà pour l'expression du jour...

Autre découverte récente : l'intérêt d'avoir des centaines de chansons sur un iPod. J'ai toujours trouvé stupide cette statistique affichée par iTunes, qui vous dit que vous avez 1,6 jours de musique sur votre MP3, puisque cela devient un casse-tête pour choisir quels morceaux écouter entre une dizaine de stations de métro parisien. Mais en fait, cette donnée se révèle cruciale pour le Chinois qui prend le train pour rentrer dans sa Province natale lors des vacances. Le maximum que nous ayons fait était de onze heures de nuit sur siège pour aller à Xi'an (soit 400 chansons aller-retour !), mais pour aller dans le sud de la Chine depuis Pékin, il faut parfois plus de 40h d'affilée sur siège dur ! Dans ce cas-là, avoir 1,6 jour de musique avec soi se révèle nettement plus intéressant !

Tout cela pour dire qu'on apprend aussi des choses plus intelligentes ici, et qu'on est bien content de profiter d'une telle expérience. Comme nous travaillons (un peu) et nous nous amusons (beaucoup), je n'ai pas encore eu le temps de trier toutes les photos de mes voyages à Xi'an et Chengde, mais j'espère être en mesure d'en diffuser avec des commentaires dès ce week-end. Idem pour la série sur la géographie, que je n'ai pas le temps de continuer ce soir, puisque j'ai quelques caractères à réviser pour demain.
Merci pour vos visites, vos commentaires et vos mails. @+

Val
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16 septembre 2007 7 16 /09 /septembre /2007 14:18
Les Anglais ont leur fameux tea time vers 17h de l'après-midi. C'est l'heure à laquelle les Chinois jouent au tennis de table, ce que j'appelerai donc le TT time ;-). Je vous disais hier que j'avais observé autour de Houhai les différents loisirs auxquels s'adonnent les Chinois pendant cette petite heure de répit. Aujourd'hui, comme tous les jours sans pluie, les Chinois de toutes générations se retrouvent autour des tables de ping pong de BeiWai. Certains doivent d'ailleurs venir d'en dehors, puisqu'ils ont largement dépassé l'âge moyen des étudiants chinois.

TT-Time.jpg
Le niveau est assez élevé, chez les filles comme les garçons, même si leurs points forts sont contre-balancés par de grosses faiblesses. La prise de raquette dite en "porte-plume" est très efficace pour enchaîner les lifts de coup droit, mais demande une torsion du poignet pour jouer en revers. De même, leurs services avec beaucoup d'effets sont très bons, mais dès que vous les faites se déplacer, ils sont déboussolés. Le plus dur est de retourner le service suffisamment bien pour ne pas prendre un smash immédiat. Ensuite, il faut savoir être patient car leur défense est généralement bonne. Mais lorsque vous réussissez à gagner un beu point, ils vous félicitent volontiers d'un hao qiu (bonne balle). Il me reste donc à m'entraîner un petit peu au da pingpang qiu (打乒乓球 : notez que le pinyin dit ping pang et non ping pong) pour les défier tous !
D'ailleurs, j'aime beaucoup ces deux caractères jumeaux que je vous remets en plus gros :
乒乓
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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 15:44
Après le lever à 6h30, la journée pluvieuse et six heures à répéter à l'infini des phrases débiles, j'étais dans un état de fatigue avancée lorsque Mireille nous a reproposé (comme chaque jour à peu près...) de faire un massage chinois. D'ordinaire, ce n'est pas trop mon truc, mais après tout, cela fait partie des immanquables de la culture chinoise. J'ai donc accepté de suivre Mireille, Damien et Jean dans cette aventure. Il faut dire que la journée a été éprouvante. Ce matin, douche froide (c'est le cas de le dire) en voyant les premières gouttes de pluie depuis l'un des premiers jours de notre séjour pékinois, et en constatant que tous les Chinois ont eu l'intelligence d'acheter des parapluies à quelques kuai. J'étais vraiment le lao wai, tout seul à endurer la pluie, au milieu d'une marée de parapluies bariolés. Vraiment pas le réveil le plus sympathique. Ensuite, les cours se sont enchaînés, et la 6e heure est vraiment dure ! On arrive vite à saturation lorsque l'on étudie les mêmes textes pendant toute une journée. D'autant que le dernier cours est le fameux ting li, dans le labo d'écoute. Le principe, c'est d'écouter une cassette de mauvaise qualité avec des Chinois qui articulent moins que moi en Français, et qui font des phrases avec des mots que de toute façon, on ne connaît pas ! Et avec le peu de fragments compréhensibles, il faut répondre à des questions type TOEFL, avec souvent plusieurs réponses valables, mais un petit indice bien caché qui vous aiguille vers la bonne. Mais vu que c'est précisément ces mots-là que l'on ne comprend pas... bref, une torture vous dis-je !

Dans ces conditions, le massage relaxant s'imposait. Précisons que les massages, notamment aux heures reculées de la nuit, ont une sulfureuse réputation à Pékin. Nous avons donc bien regardé où l'on mettait les pieds, et vu que c'était très confortable et très bon marché (58 kuai pour 90 minutes), nous sommes finalement rentrés. Et là, point de jeune fille aux doigts agiles, mais le gros Malabar du salon de massage pour s'occuper de moi. Les premières minutes sont très agréables, et, allongé sur le ventre, je me disais que j'allais pouvoir sombrer tranquillement dans un profond sommeil. Pauvre naïf que j'étais ! Le bougre m'a retourné tous les os dans tous les sens. Il attaque d'entrée par les épaules, et là, c'est tout de suite moins drôle ! Je n'ai pas trop compris le but : faire en sorte que les omoplates ne dépassent plus peut-être ! Il roulait sa main sur mes os en appliquant de fortes pressions à couper le souffle, ou bien, il saisissait l'épaule et faisait rouler son pouce entre mes os. Il s'est acharné cinq bonnes minutes sur la droite, pendant que j'essayais d'être "relax" avec la tête rentrée dans le trou au milieu du lit. J'ai toujours été très stoïcien dans ce genre de situation, comme lorsque le dentiste joue à racler les nerfs de vos dents avec ses outils, mais là, ce n'était pas toujours très évident !
Une fois les épaules passées, la colonne vertébrale ! C'est également assez physique ! Les jambes, c'est plus classique, puisque ça se limite à des étirements de sportifs. Puis vous vous retrouvez sur le côté, et il vous écartèle en appuyant sur votre jambe repliée à 45° et en tirant sur le bras opposé. Après quarante-cinq minutes à avoir mal à des os dont vous ignoriez jusque-là l'existence, voilà que nous passons au "foot massage". Cela commence beaucoup mieux, avec les pieds plongés dans une bassine de "médecine chinoise" portée à température idéale. Mais voilà que notre Bisounours en remets une couche sur les épaules. Et là, comme j'étais assis, c'était beaucoup plus dur de cacher la souffrance ! Surtout que le pire était à venir : les cervicales ! La seule chose qui me maintenait en vie, c'était le plaisir futur d'écrire cet article sur le blog ;-). En plus, il s'acharnait beaucoup plus sur moi que les autres masseurs et masseuses sur Mireille, Jean et Damien. Cinq nouvelles minutes de bonheur intense ! Ensuite, il m'invite enfin à allonger mon pauvre corps bon à ramasser à la petite cuillère (d'où le titre, héhé...). Et il attaque les pieds, en me disant fangsong (relax) toutes les deux minutes : mais comment voulez-vous être détendu lorsque l'on vous roule les os des pieds en les écrasant avec le pouce qui vous racle la plante des pieds et les autres doigts qui poussent jusqu'à ce vous sentiez vos os s'aplatir petit à petit ! Avez-vous déjà essayé de vous tirer les orteils jusqu'à ce qu'ils craquent ? Essayez, c'est bien moins douloureux que de se faire malaxer les cervicales !
Heureusement que mon nounours était très marrant et ne me voulait pas de mal, sinon je ne serais certainement plus là pour vous écrire à l'heure actuelle ! Mais voilà, après 1h30 de massage, me voilà détendu (en théorie), pouvant à peine porter mon sac à dos sur mes épaules endolories (en pratique), et je dois dire que le massage chinoise mérite d'être testé... une fois ! Plus sérieusement, cela peut être (très) douloureux sur le coup, mais efficace par la suite. Avec les filles, il paraît que cela ne fait pas mal car elle n'ont pas la force de vous écraser. Après cela, je devrai toutefois bien dormir... enfin !

A très bientôt,
Xia Bing
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