Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Bienvenue sur mon blog !

IMGP0417.JPG
Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

Val----Qufu-FB-r--d.jpg

 

Retrouvez moi sur : 

Logo Linkedin2Logo Viadeo

12 octobre 2007 5 12 /10 /octobre /2007 15:00
La question démographique en Chine est à la fois fascinante et un peu effrayante. Comme vous le savez déjà, la Chine est le pays le plus peuplé du monde, avec plus de 1,3 milliard d'habitants. Comment se répartit cette population sur le territoire, lui-même colossal, du pays ? Quelles sont les dynamiques actuelles et leurs enjeux ? J'ai un peu travaillé sur ces questions essentielles à Sciences Po, donc je vais tenter de vous restituer quelques points marquants sur cette problématique, qui n'a pas encore trouvé toutes ses solutions ici en Chine.


La carte d'origine : www.chine-informations.com/fichiers/1138901094.jpg
Vous ne serez pas surpris de retrouver le même découpage que pour les autres articles, avec une forte densité sur le littoral oriental, puis le long des grands fleuves que vous pouvez presque suivre en rouge sur la carte (Fleuve Jaune au nord et Yangzi au sud). Au nord et à l'ouest, il y a une nouvelle fois moins de monde, moins de villes, moins d'infrastructures. Certaines zones sont même inhabitées car désertiques ou bien trop élevées. L'échelle de cette carte ne rend pas bien compte des chiffres de densité qui explosent dans les centres urbains, bien au-dessus des 200 habitants au km2 annoncés, mais c'est sur cette carte que le découpage était le plus visuel.

Néanmoins, vous auriez tort de penser que tous les Chinois vivent dans des tours dans les banlieues de Pékin, Shanghai et d'ailleurs. Bien au contraire, l'équilibre entre urbains et ruraux est tout juste atteint. A la fin des années 1970, avant les grandes réformes de Deng Xiaoping, le successeur de Mao, 80% de la population chinoise est rurale. Car le maoïsme a prômu un système basé sur des petites collectivités paysannes ou industrielles dans de petits bourgs autosuffisants et quasiment autarciques. On était alors dans une dynamique de peuplement des campagnes et des provinces du centre et de l'ouest. Tout déplacement de population était planifié, et contrôlé grâce au système du hukou (户口), qui était une sorte de permis de résidence, qui vous empêchait de quitter votre lieu de vie et de travail. Avec l'ouverture du pays et le léger mouvement de libéralisation politique et économiques, le système du hukou a été assoupli, et les migrations de populations se sont accrues.

Elles se sont accrues à tel point que d'environ 20% d'urbains en 1980, on devrait arriver à plus de 60% d'ici 2020. A l'échelle de la Chine, cela représente... plus de 400 millions de nouveaux urbains à loger et employer ! Imaginez que la moitié de la population de l'actuelle Union européenne migre vers nos centres urbains sur une période de moins d'un demi-siècle ! Si la majorité des flux se concentrent au niveau intra-provincial, il n'en reste pas moins de gros problèmes d'urbanisation à résoudre pour accueillir tout le monde. Du coup, des villes champignons naissent un peu partout. La "population flottante" de travailleurs migrants, dont on sait simplement qu'elle ne vit pas sur son lieu d'origine est officiellement estimée autour de 150 millions de personnes tout de même, sachant qu'une partie échappe aux contrôles. 

Les enjeux sont donc aussi cruciaux que divers : montée de l'immobilier, explosion des réseaux de transports et notamment de l'utilisation de l'automobile, perte de temps dans les déplacements, et bien sûr, pollution massive des centres urbains. Je pense consacrer quelques brefs articles d'annexe à ces questions, en plus de la suite de la série principale sur la géographie de la Chine contemporaine au sens large. Après la mobilité des populations, le prochain article sera consacré aux transformations économiques et industrielles engendrées par l'ouverture de la Chine aux marchés internationaux depuis une grosse décennie.
Repost 0
Published by Val - dans Géographie
commenter cet article
11 octobre 2007 4 11 /10 /octobre /2007 17:40
Je posais hier en guise de transition la question de l'unité chinoise. Cette problématique me permet d'aborder la question des groupes ethniques (民族, minzu) et des minorités (少数民族, shaoshu minzu). La Constitution de la République populaire de Chine reconnaît cinquante-six entités ethniques officielles. Il y en aurait d'autres, paraît-il, mais c'est déjà assez énorme. Cette reconnaissance officielle offre aux minorités quelques avantages non négligeables, notamment dans la reconnaissance de leurs contumes particulières. Compte-tenu de cette diversité, existe-il un sentiment national chinois, une appartenance commune, au sein d'un peuple divisé en cinquante-six groupes ethniques ?

Une première précision s'impose : la population de la Chine n'est pas si morcelée que cette statistique peut le laisser paraître. L'ethnie Han (汉) est très largement minoritaire : plus de 92% des Chinois, soit... 1,2 milliard d'hommes et de femmes qui constituent le groupe ethnique le plus important du monde !
Les cinquante-cinq autres minorités se partagent le reste de la population, mais là aussi les disparités sont grandes, entre les Zhuang, principalement implantés dans le Guangxi au sud du pays, sont la minorité la plus nombreuse avec environ quinze millions de membres. A l'opposé, les Lhoba du Tibet sont à peine quelques milliers. Il y a dix minorités qui se revendiquent comme musulmanes, notamment dans le Xinjiang à l'ouest de la Chine, en contact avec l'Asie centrale.

Carte-minzu.jpg
Comme d'habitude le lien de la carte en plus grand format :
www.chine-informations.com/fichiers/1138901155.jpg
Il y a des cartes plus complètes, mais celle-ci permet de se rendre compte de plusieurs points importants. Tout d'abord la forte présence des Han dans toute la Chine de l'est et du centre. Si vous superposez cette carte à celle d'il y a trois jours sur l'organisation de l'espace chinois, vous remarquerez que ces zones Han correspondent aux deux zones de la Chine littorale et de la Chine centrale, qui profitent le plus du boom actuel de la Chine.
Maintenant, si vous observez les zones où les Han ne sont pas majoritaires, vous retrouvez les régions autonomes que je vous présentais hier : la Mongolie intérieure (mauve), le Xinjiang (rose), le Tibet (jaune foncé) et le Guangxi (jaune clair).

De cette multitude d'ethnies, la Chine retire une grande diversité culturelle. Les Chinois que j'ai rencontrés sont très fiers de parler de leurs minorités nationales, avec leurs spécialités culinaires, leurs vêtements traditionnels et leurs apparences physiques très différentes, contrairement au stéréotype français du "tous les Chinois sont pareils". En Mandchourie, les gens ressemblent aux Coréens, en Mongolie intérieure aux Mongols, dans le Xinjiang aux Kazakhs, Kirghizs et autres populations des pays voisins, et au Yunnan, on s'approche plus des Viêt-namiens et Cambodgiens. En revanche, Pékin a lancé depuis plusieurs années des politiques de "hanification" de la Chine des périphéries. Ainsi, l'une de mes professeurs à BeiWai est une Han du Xinjiang.

Cette richesse peut aussi poser des problèmes d'organisation : il y a en Chine... 53 dialectes différents, souvent (très) éloignés du mandarin ! Tout le monde est sensé parler le mandarin, mais Denise qui vient de la province du Fujian (en face de Taiwan) nous disait que les personnes âgées ne parlaient que leur dialecte. Dans le même genre, il n'y a pas moins de... 27 systèmes d'écriture différents, et quand je dis différents, ce ne sont pas trois caractères qui varient, ce sont des logiques et des styles totalement distincts. Différents, cela veut dire cela !


Les temples sont une bonne occasion de se rendre compte de cette diversité linguistique chinoise. Ici, un temple du Yonghegong à Pékin. Le troisième système d'écriture est du Chinois Han (traditionnel, moi j'étudie le simplifié), et il doit y avoir du tibétain, du mongol et encore autre chose... mais lequel est lequel ?

En plus des problèmes de langue(s), il y a un phénomène qu'en France nous assimilerions peut-être à du communautarisme. En effet, l'ethnie Han est tellement majoritaire que les autres ont parfois tendance à se replier sur leur propre identité. Un bon exemple dont on m'a parlé est l'ethnie Hui, qui est une ethnie musulmane, qui s'est répandue le long de la Route de la Soie, et qui est particulièrement présente à Pékin mais aussi à Xi'an par exemple. Visiblement, les Hui mangent entre eux, et seulement leur propre nourriture, et de manière générale, ils vivent entre eux et forment une communauté en situation d'infériorité numérique, qui est forcée de développer l'entraide.

Ce sujet mériterait bein entendu un plus grand approfondissement, mais voilà quelques bases de réflexion que l'on ne connaît pas forcément en France, où l'on parle souvent du "monde chinois" (en référence à un livre de Jacques Gernet). Sans spécialement remettre en cause le concept d'unité de la Chine, il ne faut pas exagérer l'homogénéité de la population et des modes de vie chinois. Mais, à la limite, tant mieux, cela participe de la grande richesse de ce pays hors du commun.

Pour être plus complet, il faudrait parler de la diaspora chinoise dans le monde entier, qui elle aussi participe à l'édification des repères identitaires, mais j'aborderai d'autres questions dans les prochains articles avec les questions démographiques.
Repost 0
Published by Val - dans Géographie
commenter cet article
10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 15:29
Après quelques informations sur les caractéristiques physiques du territoire chinois, je voulais consacrer quelques lignes à l'organisation politique et administrative de ce même territoire, ainsi que les problèmes que posent son étendue et sa diversité.

En réalité, le découpage administratif chinois est assez complexe. On trouve tout d'abord vingt-et-une provinces (en rose pâle sur la carte), du Heilongjiang au nord-est à l'île de Hainan au sud, en passant par le Qinghai à l'ouest. La Chine, comme vous le verrez demain, contient une grande variété de minorités ethniques. Il y a toutefois des régions où ces groupes sont majoritaires. Pékin leur a donc accordé le statut de "région autonome", mais il ne faut pas se voiler la face : ces provinces n'ont d'autonome que le nom. On en dénombre cinq (en jaune), à la périphérie de la Chine : la Mongolie intérieure et le Ningxia au nord, le Xinjiang et le Tibet à l'ouest, et le Guangxi au sud. En plus de ces zones particulières, d'autres territoires étaient difficiles à administrer sur le même modèle provincial : les grandes villes. Il a donc été créé un statut de "municipalité de rang provincial". Quatre villes ont acquis ce statut (en rose foncé) : Pékin, le port voisin de Tianjin, Shanghai, et plus récemment, Chongjing, qui a été extraite de la province du Sichuan au centre de la Chine. Deux villes, du fait de leur passé de ports coloniaux rattachés à la République populaire de Chine plus tardivement, ont également un statut distinct : les ports de Macao et Hong Kong. Enfin, il reste l'épineuse question de Taiwan sur laquelle je ne m'étends pas maintenant.

Carte-Chine-administrative.png
Cette carte très complète est une nouvelle fois réduite pour passer sur le blog. Je vous mets le lien où je l'ai trouvé pour que vous puissiez la consulter à une échelle plus appréciable : fr.wikivisual.com/images/8/87/RP_Chine_administrative.png

Globalement, le gouvernement central à Pékin reste très puissant, comme il l'a très souvent été lors de l'histoire chinoise où le pouvoir politique a été très centralisé. Néanmoins, la Chine est grande et très peuplée ; il est par conséquent très dur de tout contrôler. Le clientélisme et l'influence des petits chefs locaux sont souvent décriés.

Maintenant que vous avez une idée un peu plus précise du découpage administratif chinois, de sa complexité et de ses éventuelles limites, je vous laisse méditer sur la question suivante, à laquelle j'apporterai des éléments de réponses dans mon prochain article : La Chine est-elle réellement unifiée ?
Repost 0
Published by Val - dans Géographie
commenter cet article
9 octobre 2007 2 09 /10 /octobre /2007 18:27
La troisième année à l'étranger, c'est génial, on apprend plein de choses. Par exemple, à faire une lessive tout seul ou toutes sortes d'autres activités passionnantes qui ouvrent de nouveaux horizons intellectuels jusqu'alors inimaginables ! Dans le cadre spécifique de la Chine, on trouve également beaucoup de réponses à des questions qui auparavant paraissaient insolubles.

La leçon que la vie m'avait réservée pour aujourd'hui consistait à expérimenter le sens profond de l'expression "perdre les pédales". C'était pourtant limpide... Si, si, je vous assure : je pars juste dans les temps qui me permettent d'arriver en cours suffisamment en avance pour ne pas être le dernier et suffisamment limite pour ne pas regretter les dix minutes supplémentaires de sommeil que j'aurais mérité ! Dans le froid matinal qui me saisit violemment à 7h45, je décide d'accélérer le rythme, pour me réchauffer. Autour de moi, des centaines de Chinois se rendent en cours, tous aussi bien réveillés que moi... Je me mets en danseuse et... patratrac ! ma pédale gauche se dérobe et tombe à terre, fendue par mon coup de pédale, certes puissant, mais tout de même ;-). Et le vélo avec une pédale en moins, c'est légèrement moins pratique. Voilà pour l'expression du jour...

Autre découverte récente : l'intérêt d'avoir des centaines de chansons sur un iPod. J'ai toujours trouvé stupide cette statistique affichée par iTunes, qui vous dit que vous avez 1,6 jours de musique sur votre MP3, puisque cela devient un casse-tête pour choisir quels morceaux écouter entre une dizaine de stations de métro parisien. Mais en fait, cette donnée se révèle cruciale pour le Chinois qui prend le train pour rentrer dans sa Province natale lors des vacances. Le maximum que nous ayons fait était de onze heures de nuit sur siège pour aller à Xi'an (soit 400 chansons aller-retour !), mais pour aller dans le sud de la Chine depuis Pékin, il faut parfois plus de 40h d'affilée sur siège dur ! Dans ce cas-là, avoir 1,6 jour de musique avec soi se révèle nettement plus intéressant !

Tout cela pour dire qu'on apprend aussi des choses plus intelligentes ici, et qu'on est bien content de profiter d'une telle expérience. Comme nous travaillons (un peu) et nous nous amusons (beaucoup), je n'ai pas encore eu le temps de trier toutes les photos de mes voyages à Xi'an et Chengde, mais j'espère être en mesure d'en diffuser avec des commentaires dès ce week-end. Idem pour la série sur la géographie, que je n'ai pas le temps de continuer ce soir, puisque j'ai quelques caractères à réviser pour demain.
Merci pour vos visites, vos commentaires et vos mails. @+

Val
Repost 0
8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 17:34
Journée de rentrée pour les Chinois, après une Golden Week bien remplie. La rentrée, qu'elle est lieu en Chine ou en France reste la rentrée... on se met à penser aux futures vacances , mais cette année, il faudra attendre jusqu'à la mi-janvier ! Le rythme scolaire reprend, alors que les températures descendent de plus en plus sensiblement de jour en jour. Pékin a inauguré sa quatrième ligne de métro, qui s'appelle en réalité la ligne 5, mais après la 1, la 2 et la 13, et avant la 8, il ne faut pas s'étonner de la numérotation farfelue.

Passons aux choses sérieuses, avec un article qui, je l'espère, vous apportera quelques nouveaux éléments sur la Chine. Aujourd'hui, je reste sur la géographie physique, en reprenant la carte déjà publiée hier. Malgré le fait que les frontières ne soient pas très évidentes, elle nous montre très bien la diversité du relief chinois :

China-topo.jpg
Cette carte vous permet de remarquer l'importance de la surface couverte par les hauts plateaux du centre, les déserts de Gobi au nord et du Takla-makan à l'ouest, ainsi que les sommets himalayens enneigés. Seule la Chine littorale est composée de plaines. Cette distinction a une importance considérable dans la gestion de l'espace chinois. 85% du territoire chinois se situe à une altitude supérieure ou égale à 500m (en gros, les zones en marron sur la carte ci-dessus). L'altitude moyenne du Tibet, en plein dans la chaîne de l'Himalaya, est supérieure à 4000m, ce qui correspond au niveau des plus hauts sommets des Alpes (Mont-Blanc, 4810m) ! Bref, on monte rapidement très haut, et la Chine peut s'enorgueillir de partager avec le Népal quatre des six plus hauts sommets du monde, dont l'Everest (8848m).
Mais c'est bien dans les plaines que s'est toujours concentré le pouvoir en Chine, notamment à partir des Han. Contrairement à l'Europe médiévale où les châteaux-forts étaient construits sur des collines ou des monts pour surplomber les territoires environnants, et à l'occasion les adversaires, les places-fortes en Chine se sont développées dans les plaines. Pékin en est la parfaite illustration. On peut même opposer une "Chine des plaines", riche et puissante, à une "Chine des pentes", très difficile à apprivoiser. Les fleuves ont également avantagé les plaines, avec le Fleuve Jaune (Huang He) au nord, ou le Yangzi (Chang Jiang), dont l'embouchure est juste au-dessus de Shanghai.

De ce découpage topographique entre la Chine des plaines proche du littoral et la Chine des pentes à l'ouest et au centre, auquel l'on peut ajouter un découpage climatique nord-sud, on aboutit à l'organisation de l'espace chinois contemporain. Ce découpage actuel repose sur trois zones.

3-zones.jpg
La Chine littorale (à droite du trait rouge sur la carte ci-dessus) est la plus développée. C'est elle qui s'est ouverte au monde extérieur, a profité des investissements et de la croissance, autour de trois pôles majeurs : la région de Pékin-Tianjin au nord, celle de Shanghai, puis celle de Canton-Macao-Hong Kong au sud. Reliée à la Chine centrale par les grands fleuves, et au monde extérieur par ses grands ports qui sont désormais parmi les cinq ou dix plus importants du globe en terme de trafic (Tianjin, Shanghai, Hong Kong etc.), c'est cette Chine moderne dont les médias français parlent généralement.
Toutefois, à l'est des provinces littorales, la situation change. On parle alors de la Chine du centre (entre les lignes jaune et rouge), avec des pôles comme Xi'an, Chongqing et le Sichuan ou Wuhan. Agriculture, industries, les niveaux de développement sont aussi divers que les activités, mais cette Chine profite désormais de l'attractivité de la Chine et de l'aménagement de ses voies fluviales (le fameux Barrages des Trois-Gorges sur le Yangzi) pour espérer combler une partie de son retard sur le littoral.
Enfin, le Grand ouest chinois est une zone que l'on peut qualifier de périphérique, car elle est moins peuplée, du fait de la présence de déserts ou de fortes altitudes, et pour le moment moins industrialisée, donc moins présente dans la compétition économique mondiale. Néanmoins, il y a depuis Mao de nombreuses politiques de développement de ces régions, et la nouvelle ligne de chemin de fer qui relie Pékin au Tibet en est une bonne illustration.

Avant de passer à la description de l'organisation administrative de la Chine, j'en termine donc avec la partie physique de cette série sur la géographie de la Chine en rappelant les deux éléments importants que j'ai retenu de mes cours sur la "Nouvelle Géographie de la Chine" à Sciences Po, et qui me paraissent essentiels pour appréhender la Chine contemporaine. Les conditions naturelles de l'espace chinois ont déterminé depuis bien longtemps un découpage entre des zones de plaines où se sont développés le pouvoir et les activités humaines, et les zones d'altitude plus élevée, moins propices au développement. Ce déterminisme du relief et du climat a entraîné l'organisation de la Chine selon trois espaces de niveau très inégal : la Chine orientale et littorale, la Chine centrale et la Chine occidentale périphérique.
Repost 0
Published by Val - dans Géographie
commenter cet article
7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 12:04
La Chine est grande, la France est petite !

En effet, cela saute aux yeux sur les planisphères : la Chine est un géant. Cette vision est  peut-être atténuée par la présence de l'immense Russie juste au-dessus, mais si l'on remet les choses dans leur contexte statistique, la Chine est le troisième pays le plus grand du monde, loin derrière la Russie donc, et juste intercalée entre le Canada et les Etats-Unis. Avec plus 9 560 000 km2, la Chine est... plus de dix-sept fois plus vaste que la France ! Elle égale presque la superficie de l'Union européenne à 27.

China-topo.jpg
Cette taille de niveau continentale explique les fortes disparités du pays, puisque l'écart maximal entre le nord et le sud du pays correspond à la distance... entre Copenhague et le sud de l'Algérie si l'on s'arrête à la Chine continentale, et du Danemark au Sénégal si l'on prend en compte les îles que la Chine possède en Asie du sud-est ! La distance est-ouest est encore supérieure puisqu'elle correspond à l'écart entre Los Angeles et Boston aux Etats-Unis, ou rapportée à notre continent, à la distance Lisbonne-Téhéran ! Imaginez la difficulté d'administrer tout cela, surtout lorsque ces territoires sont peuplés par plus d'1,3 milliard d'êtres humains !
Petite particularité à ce sujet : contrairement aux USA qui ont quatre fuseaux horaires de New York à la Californie, la Chine a adopté un fuseau unique. Cela explique que le soleil se lève à 5h du matin et se couche avant 6h du soir à Pékin, mais au moins trois heures plus tard à Urumqi dans le Grand Ouest chinois. Heureusement pour les Pékinois, leur ville se trouve à la latitude d'Athènes (mais on a pas le même climat ici, surtout en hiver !), ce qui signifie que Pékin est plus bas sur l'axe de rotation de la Terre que Paris par exemple, et donc l'angle de réception des rayons du Soleil varie moins qu'en France : l'amplitude entre les levers et couchers du Soleil l'été par rapport à l'hiver est donc réduite.

Demain, je recyclerai quelques cours de mes options sur la Chine à Sciences Po, pour vous donner quelques éléments sur la gestion de cet espace plein de ressources, mais aussi plein de contraintes.
Repost 0
Published by Val - dans Géographie
commenter cet article
6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 06:11
De retour de mes pérégrinations à Xi'an et Chengde, je peux enfin reprendre le fil de ma série sur la géographie, que je vous promets depuis quelques semaines déjà. Après le premier article d'il y a quelques jours "Porter un autre regard sur le monde", et avant de rentrer dans les choses plus sérieuses, je fais un petit article de transition. Certains souhaitent en effet que je mette plus de Chinois sur le blog. Il faut trouver un bon équilibre, car je ne veux pas que mon blog devienne illisible pour la grande majorité d'entre vous. Par conséquent, j'essayerai de faire plusieurs petits articles thématiques comme celui d'aujourd'hui, avec un mélange d'anecdotes et de nouveaux mots et carcatères en Chinois.

Puisque le thème est la géographie, la première chose est de voir comment les Chinois se repèrent dans l'espace. Globalement, c'est la même chose que pour nous, à la seule différence que pour les points cardinaux intermédiaires, ils disent "est" ou "ouest" avant "nord" ou "sud" : ainsi "xibei" est littéralement "est-nord" au lieu de "nord-est" en Français ou "northwest" en Anglais.


Pour les mesures, les unités correspondent aux notres (pour les distances et les surfaces en tout cas), avec :
-le mètre : mi = 米 (c'est le même caractère que pour le "riz").
-le kilomètre : gong li = 公里
-le mètre carré : pingfang mi = 平方米

Passons à la représentation du monde désormais. Comme je l'ai mentionné dans le précédent article, la cosmogonie chinoise place "l'Empire du milieu" au centre du monde. Plus l'on s'en éloigne vers la périphérie, plus le monde devient barbare. Cela a pu jouer un rôle dans les conceptions des voisins par exemple, puisque les Coréens, plus proches de la Chine, se considéraient plus civilisés que les Japonais, lointains barbares. Si l'on en croit les informations que je vous donnais la dernière fois, les Chinois ont eu très tôt une bonne conception du monde et de ses ensembles continentaux. Voici donc comment les Chinois traduisent les cinq continents :
-l'Asie : 亚洲 (yazhou)
-l'Europe : 欧洲 (ouzhou)
-l'Afrique : 非洲 (feizhou, qui littéralement veut dire "le mauvais continent")
-les Amériques : 北/南美洲 (bei- et nan-meizhou, on retrouve le 美 qui se trouve dans Meiguo, les USA)
-l'Océanie : 大洋洲 (dayangzhou, "le continent du grand océan").

Après les continents, quelques grands pays, dans l'ordre alphébetique français :
-l'Allemagne : 德国 (Deguo)
-l'Angleterre : 英国 (Yingguo)
-l'Australie : 澳大利亚 (Aodaliya)
-le Canada : 加拿大 (Jianada)
-la Corée : 韩国 (Hanguo)
-l'Espagne : 西班牙 (Xibanya)
-les Etats-Unis : 美国 (Meiguo)
-la France : 法国 (Faguo)
-l'Inde : 印度 (Yindu)
-l'Italie : 意大利 (Yidali)
-le Japon : 日本 (Riben)
-la Russie : 俄罗斯 (Eluosi)
... et puis pour nos amis belges de BeiWai : 比利时 (Bilishi).
Si vous voulez d'autres pays, je peux les chercher pour vous.

Enfin, je vous mets la carte de France en Chinois si cela vous amuse de chercher le nom de votre ville natale ou de votre lieu de résidence en caractères. De même que pour les pays, vous pouvez laisser un commentaire si le lieu que vous cherchez est sur la carte, je peux essayer de trouver la traduction en pinyin.

france-blog.jpg
Pour avoir la version grand format : www.tumen.com.cn/cool/map/france.jpg

Les deux prochains articles de la série seront consacrés au relief, aux climats et l'organisation géographie de l'immense espace chinois.
Repost 0
Published by Val - dans Géographie
commenter cet article
5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 16:21
Comme je vous le disais dans mon bref article sur Xi'an, les voyages  se sont enchaînés, puisque j'ai eu l'occasion de partir 36h à Chengde (承德), à 200 kms au nord de Pékin. Cette ville, méconnue en Occident, est assez importante en Chine, puisqu'elle accueille l'ancien Palais d'été des Empereurs Ming et Qing (les deux dernières dynasties, du XVIIIe au début du XXe). Alors certes, il y avait déjà un Palais d'été plus qu'appréciable à Pékin, mais il fait trop chaud en été dans la capitale. Chengde, avec ses montagnes environnantes, est bien plus fraîche, et la cour impériale s'y déplaçait donc pour éviter les grandes chaleurs pékinoises. J'aurais l'occasion de vous détailler plus tout cela, puisque des passages importants de l'histoire chinoise, notamment dans ses relations avec l'Occident, se sont déroulés dans les palais de Chengde.

Carte-Chengde.jpg
Ce qui est plus croustillant pour le moment, c'est de vous raconter le cadre de ce voyage. Cécile et Lisa, étudiantes à Sciences Po Aix voulaient tenter un voyage en groupe. Sauf que dans le groupe, il y avait nous trois et... trente Chinois ! Heureusement, Lisa, avec ses douze ans de Chinois derrière elle, était capable de tout nous traduire, mais on a eu un peu peur les premières heures. Surtout que le voyage en Chinois avec un groupe est nettement moins souple que le voyage "à la chinoise" que nous avons pu expérimenter à Xi'an. En effet, nous sommes "une grande famille", donc on reste tous ensemble de la première à la dernière minute, on voit tout ensemble, et on écoute les guides... Sauf qu'un temple chinois expliqué en Chinois, c'est au-dessus de nos petites compétences linguistiques, et l'idée d'attendre que les trente membres de notre famille se prennent en photo chacun à leur tour devant les dizaines de portes successives du palais, cela ne nous enchantait guère. Par chance, le rythme s'est accéléré après, avec la visite en mini-bus puis en bateau du gigantesque parc du palais.


Le plan de la modeste résidence secondaire impériale :
plus de 560 hectares !

Comment ne pas mentionner notre exceptionnel chauffeur de bus... Un vrai phénomène : il joue à GTA en vrai pour faire simple ! Il essaye de frôler tous les piétons qu'il voit, en faisant rugir moteur et klaxon, il accélère lorsqu'il approche des parties les plus défoncées de la chaussée, histoire de secouer tout le bus, Il prend les routes à contre-sens pour éviter un détour de cent mètres, en klaxonnant en continu pour prévenir tout le monde de son passage. On a eu peur la première fois, puis on s'est dit que les conducteurs de Chengde doivent avoir l'habitude de sa conduite ! Le soir, nous avons également goûté aux joies des hôtels miteux (au premier sens du terme : avec cafards, guêpes et papillons de nuit dans la chambre !), mais cela fait partie de l'aventure, et il en reste des bons souvenirs à raconter sur le blog ;-)


Voyons les choses du bon côté : j'aurais au moins appris à dire "guêpe" en Chinois : mifeng !

Et aujourd'hui, nous avons visité trois temples successifs. En effet, dans leur politique d'apaisement des relations avec les Mongols et les Tibétains, les Empereurs ont fait construire une douzaine de temples autour de leur palais. Et comme il fallait impressionner positivement les autorités religieuses, bouddhistes notamment, les sites sont effectivement de très belle facture.

Devant la quantité de photos de Xi'an et Chengde à mettre sur le blog, je vais tenter d'innover un peu. Je ne peux pas vous en dire plus pour l'instant, mais j'espère vous montrer le résultat d'ici la fin du week-end.

@+
V
Repost 0
Published by Val - dans Voyages
commenter cet article
3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 09:31
Bienvenue----Xian.jpg
西安欢迎你!

Carte-Xi-an.jpg
Xi'an, capitale de la Province du Shaanxi, sur la Route de la Soie.

Bonjour !
Me voilà rentré de ces quatre jours très intéressants à Xi'an (西安). Nous avons été un peu surpris par le froid des premiers jours, mais autrement, tout s'est très bien passé. Avec Yacine, nous avons privilégié l'idée de partir avec nos partenaires linguistiques afin de vivre l'aventure à la chinoise, et c'est vrai que si nous étions restés qu'entre Français, nous n'aurions peut-être pas fait le même voyage.
Tout bon voyage en Chine commence par le train. Et lorsque les Chinois ont leurs quelques jours de congés, ils voyagent... en masse ! Les gares sont surchargées, ça bouge, ça crie dans tous les sens. Pour pousser un peu plus le vice, nous avons pris des places sur sièges (donc pas de couchettes), c'est moins cher, et nettement plus drôle. Sauf que 11h de nuit assis à trois sur une banquette, avec la lumière qui reste allumée tout le voyage, c'est très vite moins amusant ! En gros, on n'a quasiment pas dormi à l'aller, et un peu plus au retour.


Et pourtant, eux, ils y arrivent...

Train-2.jpg
Enfin, ils s'arrangent... Cette photo est prise du dessus, il y en a un qui dort à moitié allongé sur la banquette (en marron), et un en dessous, à même le sol (en rose).

Bref, le train, c'est sportif... mais c'est cela qui nous intéressait aussi. Voyager comme de vrais Chinois, cela nous a été rendu possible grâce à nos trois complices qui avaient très bien organisé la chose. Nous avons donc dormi à l'université plutôt que dans un hôtel. Nous mangions dans des restaurants de xiao chi pour les locaux (小吃 : littérallement, "petit manger"). Nous avons été guidés par d'anciens camarades de classes des filles, qui étudient désormais à Xi'an. Nous avons tout fait en bus ou presque, et à notre rythme, sans passer par tous les coins à touristes. Nous avons même assisté au spectacle du 1er octobre (Fête nationale de la République populaire de Chine) au milieu de Chinois interloqués de voir deux étrangers parmi eux. Bref, c'était une belle aventure.
Il faut dire que le cadre s'y prêtait. Xi'an a été pendant des siècles le centre politique et culturel du monde chinois, et si le tour des endroits intéressants de la ville est assez vite fait, le principe est de sortir en direction des tombeaux, musées et autres sites archéologiques des alentours. Les sources Huaqing, la fameuse armée en terre cuite du premier Empereur Qin, le tout nouveau musée du site de Yangling autour du tombeau d'un Empereur Han... tout cela sera raconté plus en détail au fur et à mesure, une fois que j'aurais fait le tri de mes 450 photos.

Val-Pingmayong.jpg
Devant une partie de l'armée en terre cuite.

Groupe-Xian.jpg
Je ne connais pas tous les caractères de leurs noms chinois, donc je vous présente, en Français, Isabelle, Denise et Alicia, qui, tout au long de l'année nous aideront en Chinois en échange de notre aide en Français, et qui, le temps de ce voyage, nous ont fait découvrir Xi'an à la chinoise.

Je vais avoir l'occasion de repartir une journée et demie à Chengde, une ville de la banlieue nord de Pékin qui servait de résidence d'été aux Empereurs, donc il faudra de nouveau attendre quelques heures pour les articles complets sur la place de Xi'an dans l'Histoire de la Chine et sur nos visites de la ville, de ses musées et des tombeaux impériaux.

@+, et merci pour vos visites, constantes depuis cinq jours alors que je ne pouvais pas ajouter de nouveau contenu. Enfin, pour le quiz, vu qu'il y a de très bonnes réponses et que vous avez eu suffisamment de temps pour méditer dessus, je vais le clôturer. Résultats en haut à droite du blog.

Val
Repost 0
Published by Val - dans Voyages
commenter cet article
28 septembre 2007 5 28 /09 /septembre /2007 05:35
Da jia hao !

je suis dans les préparatifs du départ pour Xi'an, donc je vais faire vite. Pour ceux qui ne savent pas du tout où est Xi'an, c'est en fait la ville du Shaanxi, dans le centre de la Chine, qui abrite la fameuse armée en terre cuite du premier Empereur de Chine, parmi bien d'autres choses visiblement, puisque Xi'an, située sur la Route de la Soie, a été un carrefour culturel et commercial capital pendant des siècles.
Il faudra attendre la rentrée pour la série d'articles introductifs sur la géographie, car je n'ai vraiment pas eu le temps de m'en occuper cette semaine. Vous pouvez en revanche dès à présent retrouver mes photos du Shandong dans les albums.

Avant de partir et de laisser le blog inactif jusqu'à mercredi, je vous soumets donc une nouvelle petite question, qui j'espère vous inspirera plus que la précédente, qui il est vrai, n'était pas très claire dans sa formulation. Là, c'est beaucoup plus classique : A votre avis, combien de marches avons nous grimpé lors de l'ascention du Taishan ? Je n'ai moi-même pas le chiffre exact, car cela dépend si l'on s'arrête à la Porte qui marcque la fin de la montée, ou au temple qui est encore un peu plus haut. Toujours est-il que nous avons recoupé les différents chiffres pour donner une approximation assez précise. Vous pouvez tenter votre chance au hasard, ou vous servir de quelques indices que j'ai glissé dans mes articles pour calculer votre estimation.

Bon week-end à toutes et tous !

Xia Bing
Repost 0