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Bienvenue sur mon blog !

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Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 05:05
Bonjour,
Cela n'aura échappé à personne : la Chine est au coeur de l'actualité de ces dernières semaines. Blocage d'un texte à l'ONU sur la situation actuelle en Birmanie, XVIIe Congrès du Parti communiste chinois la semaine dernière avec le fameux discours où Hu Jintao a prononcé le mot "démocratie" une soixantaine de fois, tensions avec les Etats-Unis au sujet de l'accueil fait au Dalaï-Lama à Washington, ou encore il y a trois jours, lancements de "Chang'E One", premier satellite chinois en direction de la Lune.
Pourquoi n'en ai-je pas parlé plus ? Tout d'abord, parce que je n'ai honnêtement pas eu le temps la semaine dernière, avec mes exams et exposés, et parce que ma connexion a connu quelques problèmes cette semaine. Mais c'est surtout un choix de ma part, que je voudrais expliquer à ceux qui m'interrogent là-dessus. Mon niveau de Chinois étant pour le moment insuffisant pour lire les journaux directement en mandarin, je reste informé par les journaux ou sites français et anglophones, auquels vous pouvez également avoir accès (cf. liens plus bas). La seule chose que je serais donc en état de faire, c'est de recopier à ma sauce des articles et des dépêches lues ailleurs, sans spécialement avoir le recul (et le temps !) nécessaires pour bien les analyser.
Sauf évément exceptionnel, je pense donc rester sur ma formule actuelle, en alternant entre des articles sur quelques données que je juge importantes pour comprendre la Chine et le monde d'aujourd'hui et de demain, et des articles sur mes expériences personnelles à Pékin. J'espère être capable de lire des journaux chinois dans la deuxième partie de l'année, afin de pouvoir comparer les commentaires avec la presse internationale ou française. En attendant, si vous souhaitez trouver de nouvelles sources d'information sur la Chine, voilà quelques liens que vous pouvez consulter :

-Côté français, les grands quotidiens, notamment Le Monde, mais aussi Libération ou Le Figaro selon vos habitudes. Je vous conseille également Rue89, dont je vous ai déjà parlé, notamment les articles à peu près hebdomadaires de Pierre Haski, qui sont souvent concis et précis (rue89.com/chinatown).

-Côté chinois maintenant, je suppose que comme moi, vous êtes encore limités aux versions anglais des journaux :
-Le People's Daily : english.peopledaily.com.cn/index.html
-Le China Daily : www.chinadaily.com.cn/
-L'agence officielle "Chine nouvelle" Xinhua (qui publie aussi une version en Français) : www.chinaview.cn/
Vous pouvez aussi vous reporter au site de CCTV pour les chaînes de télévision chinoises : www.cctv.com/english/index.shtml

Voilà de quoi vous procurer de bonnes lectures et rester à la pointe de l'actualité chinoise !
XB
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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 17:03
Me revoilà après quelques jours d'absence,
je commence par l'endroit où je m'étais arrêté avant ma coupure de réseau : les résultats du grand Chinezz Quizz.

Pour la 1e question, le nom chinois de Tintin est Ding Ding. C'est en tout cas ce qui est écrit sur les albums en version chinoise. Doudou a trouvé un autre nom, que je n'ai pas mentionné sur le blog, ni vu ailleurs, donc je ne mets qu'un point de participation. Lotus bleu a simplement répondu un seul "Ding", donc je n'accorde que 3 points. Tous les autres ont 5 points.

La 2e réponse était Qufu, ville du Shandong où j'ai passé un week-end avec l'université. Pour les nouveaux venus, vous trouverez les photos et les commentaires un peu plus loin sur le blog. Les six participants ont leurs 5 points.

La 3e question contenait un piège. Je demandais le nombre de minorités ethniques en Chine, et pas le nombre de groupes ethniques. En effet, s'il y a 56 groupes, les Han représentent 90% de la population chinoise. Il reste donc 55 shaoshu minzu. Seuls Erwann et Doudou ont vu le piège, et Julia obtient 3 points puisqu'elle a répondu "56 dont les Han".

Pour la 4e question, tout le monde a retenu que le kaoya était le canard pékinois, plat le plus célèbre de la ville.

Pour la 5e question, je demandais la population de Pékin. La fourchette que je donnais moi-même sur le blog allait de 13 à 17 millions d'habitants. Toutes les réponses reçues sont donc acceptées.

La 6e question portait sur la date de la première unification de la Chine par Shi Huangdi, premier Empereur de la dynastie des Qin, en 221 av. JC.

La 7e question a posé plus de problèmes. Je demandais le nombre de provinces chinoises, tous statuts confondus. Je compte bien 32 entités (21 provinces, 5 provinces autonomes, 4 municipalités de rang provincial, Macao et Hong Kong). Je vous renvoie à l'article consacré au découpage administratif de la Chine pour retrouver le décompte et les explications. Néanmoins, j'avais oublié le cas de Taiwan, considéré en Chine comme une province. 33 provinces est donc un résultat accepté. Je crois que seule Pénélope avait un bon compte. Aude et Lotus bleu n'ont pas répondu et ne marquent pas de points, les autres en gagnent 1.

La 8e question était plus évidente : Duoshao qian ? = Combien ça coûte ? Pas de mauvaises réponses.

La 9e vous demandait de faire une petite recherche personnelle car je ne crois pas avoir mis la réponse dans un article. Il y a 14 pays qui ont des frontières terrestres avec la Chine. Et pas 15, car la Corée du Sud n'a pas de frontière terrestre avec la Chine. Julia ne marque qu'un point, Lotus bleu et Aude n'ont pas non plus participé à cette question. Ces quatorze pays sont justement la Corée du Nord, la Russie, la Mongolie, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Afghanistan (une très fine zone), le Kazakhstan, le Pakistan, l'Inde, le Népal, le Bhoutan, la Birmanie, le Laos et le Vietnam.

Enfin, la dernière question me permet de vous rappeler que les JO commenceront le 8 août 2008 à 8h08 et 08 secondes, mais visiblement vous ne l'aviez pas oublié. Tout le monde marque 5 points.

Au final, personne n'a réalisé un sans-faute. Erwann et Pénélope sont les deux meilleurs avec 9 bonnes réponses et une seule mauvaise, soit 46 points. Suivent Doudou (42), Julia (40), Aude (36) et Lotus bleu (34) si mes comptes sont exacts.

Merci à vous six pour votre participation. A très bientôt pour la suite !
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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 14:49
Pour accompagner ces quelques explications (très incomplètes) sur la traduction géographique des transfomrations de l'économie chinoise, je recycle un exposé que j'avais fait l'an dernier. Il s'agit de la zone nouvelle de Pudong.
Pudong est le quartier moderne de Shanghai, situé sur la rive est du Huangpu, la rivière qui traverse la ville. De l'autre côté se trouve Puxi, la partie plus ancienne de la ville, qui garde les traces architecturales de son passé colonial. Même si vous ne connaissez pas le nom de Pudong, vous avez certainement déjà vu une photo de cet endroit :

1--Intro-Pudong-Skyline.jpg
Maintenant, imaginez qu'en 1992, lorsque la construction du quartier a été décidée, il n'y avait à cet endroit qu'un terrain vague ! Dans un an et demi, une nouvelle tour de 492m deviendra la plus haute de Chine et accueillera l'équivalent chinois du World Trade Center. Au nord-est de Pudong, les extensions qui vont faire de Shanghai le premier port marchand du monde sont en cours de construction, et un train ultra-moderne à lévitation magnétique relie le coeur de la ville au nouvel aéroport international !

Bref, Pudong est la concrétisation matérielle de l'incroyable boom économique chinois de ces vingt dernières années. Je vais essayer de vous mettre le Power Point que j'avais réalisé pour accompagner mon exposé.

file:///Users/valentinchaput/Desktop/Pudong%20Blog%20Valinchina.htm
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23 octobre 2007 2 23 /10 /octobre /2007 14:37
Je lisais il y a quelques jours un article de Pierre Haski, ancien correspondant de Libération en Chine et co-fondateur du site Rue89, qui disait que la Chine annonçait contenir 106 milliardaires en 2007... contre 14 il y a un an ! Il y aurait aussi plus de soixante millions de millionnaires chinois en yuan (plus que la population française). Dans le même temps, il faut relativiser ce succès en rappelant que le nombre de ceux qui vivent dans une précarité totale correspond au moins aux populations britanniques, françaises, allemandes, italiennes et espagnoles réunies...
Toujours est-il qu'il y a bien ce fameux "miracle chinois" dont tout le monde parle : 10% de croissance annuelle, et encore les chiffres sont sûrement truqués à la baisse pour éviter la surchauffe des indicateurs financiers, la Chine se développe à toute vitesse, et accueille chaque jour de nouveaux capitaux étrangers en masse. Impressionnant pour un pays qui se revendique toujours du communisme et qui avait accumulé un sacré retard sur le reste du monde industrialisé au cours de la seconde moitié du XXe siècle.

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Je pourrais mettre des dizaines de graphiques, mais celui-ci est assez parlant (s'il n'est pas trop petit pour que vous le lisiez...)

Une des clés de ce décollage impressionnant du géant chinois est liée à ma série sur la géographie. Replaçons nous à la fin des années 1970, la Chine sort de trois décennies de maoïsme, dont la doctrine économique a favorisé des petites structures industrielles ou agricoles éparpillées dans tout le pays. En 1978, Deng Xiaoping, successeur de Mao, lance une première phase de libéralisation économique, sous forme de test. Sur le littoral, la Chine ouvre plusieurs zones économiques spéciales (ZES). Le système est bien simple : les entreprises étrangères peuvent s'installer avec leurs capitaux par le biais des IDE (investissements directs à l'étranger), profiter d'une main d'oeuvre et d'une fiscalité plus qu'avantageuses, rêver de vendre ses produits dans le gigantesque bassin de consommation chinois qui émerge. En échange, les entreprises étrangères apportent à la Chine les moyens de se développer. Cette politique d'ouverture progressive est un succès, et ces ZES restent aujourd'hui des moteurs de l'économie moderne chinoise, dans le delta de la Rivière des Perles par exemple. Les capitaux viennent d'abord d'Asie, et notamment de Hong Kong, puis du monde entier.

Depuis quelques temps, la Chine s'inquiète pourtant du déséquilibre qui se crée entre le littoral industrialisé et développé et le reste du pays. C'est pourquoi, les entreprises étrangères se voient offrir des avantages extraordinaires pour s'implanter dans le centre ou l'ouest de la Chine. C'est le cas par exemple de PSA Peugeot-Citröen à Wuhan dans le Hubei. Une nouvelle fois, je suis bien incapable de traiter du fond de toutes ces questions, mais voilà quelques pistes pour comprendre l'essor de la Chine, désormais quatrième puissance économique du monde (et qui visera officiellement la première place d'ici peu...), mais aussi toutes les questions complexes liées aux délocalisations en Europe.

Le prochain article sera consacré à une autre question centrale : les transports.

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21 octobre 2007 7 21 /10 /octobre /2007 15:25
Après avoir fait un brilliant exposé sur les monuments de Paris en cours de kouyu la semaine dernière ;-),  je devais en préparer un autre pour le cours de hanyu de demain. J'avais envie de diversifier un peu, donc j'ai pensé à présenter un film chinois du moment. Cela me donnait l'occasion d'aller chez un revendeur de DVD à un euro et de me faire plaisir ! Il y a en ce moment un film de Jiang Wen dont beaucoup de gens parlent en Chine : 太阳照常升起 (Taiyang zhaochang shengqi, traduit en The Sun Also Rises, nom d'une nouvelle d'Hemingway paraît-il...). Si ce film bénéficie d'autant d'attention, c'est qu'en plus d'être sorti il y a quelques semaines, il est assez... déroutant. Un temps pressenti pour représenter la Chine aux Oscars de l'an prochain, j'ai cru comprendre qu'il avait été finalement délaissé au profit d'un thriller. Bref, voilà de quoi m'intriguer suffisamment pour que je tente ce film.

Déroutant est en fait un doux euphémisme... On n'y comprend rien jusqu'aux dernières scènes, et surtout, on ne voit pas l'intérêt du film avant la toute fin. Bon, à ma décharge, il n'y avait pas de sous-titres anglais contrairement à ce qu'indiquait la pochette, or le film est à moitié en dialecte du Yunnan sous-titré en Chinois, et la dernière partie est à moitié en russe ! Passons au film lui-même :

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Alors... Le film se découpe en quatre parties, les trois premières se déroulent à la fin de la Révolution culturelle (vers 1973 si je me souviens bien du titre des parties), et la dernière est un flash-back qui remonte en 1956 et permet de comprendre les clés de l'histoire.
La première partie est à juste titre nommée "Insanity" en Anglais d'après les explications que j'ai trouvé sur le Net. Après vingt minutes, je me suis demandé si je ne comprenais rien parce que c'était du Chinois, ou si je ne comprenais rien parce quele film lui-même était incompréhensible ! En gros, l'action se passe dans un petit village du Yunnan, dans le Sud de la Chine. Il y a une mère et son fils d'une vingtaine d'années. La mère fait une fixation sur des chaussures rouges avec un motif de tête d'animal dessus. On comprend quand même que le garçon ne connaît pas son père et que, comme moi, il se pose des questions sur l'état de santé mentale de sa mère ! Cette partie se termine par un mystérieux plan où les vêtements de la mère descende la rivière en flottant à la surface, sans que l'on sache où se trouve la mère. Il y a aussi un perroquet étrange qui répète tout le temps "bu zhidao, bu zhidao" ("je ne sais pas, je ne sais pas"...).
La deuxième partie n'a rien à voir, nous suivons la vie d'un homme, qui finit plus ou moins par avoir des rapports interdits avec l'infirmière qui s'occupe de sa mauvaise santé. Je passe également assez vite sur la troisième partie, de nouveau dans le village du Yunnan, avec le rôle dominant d'un chasseur, joué par le réalisateur lui-même. En dehors des passages de chasse avec les enfants du village, il y a quelques passages au sens plus mystérieux. La quatrième partie réhausse le niveau du film, avec les magnifiques paysages du désert de Gobi, au nord de la Chine. On retrouve alors la mère, une vingtaine d'années auparavant, au moment où elle met au monde son fils, alors que son mari n'est déjà plus là. Le film s'achève lorsque la mère, depuis le toit du train où son fils vient de naître, crie à son mari que leur enfant est né. Elle crie quatre fois les mêmes phrases, de plus en plus fort, alors qu'à l'horizon... le Soleil se lève... enfin !

Vous n'avez rien compris à mon résumé ? A vrai dire, comme vous l'avez sans doute remarqué, je n'ai moi-même pas tout compris dans ce film ! Le rôle de certains passages et de certains personnages, les passages relevant de la pathologie psychiatrique, le sens profond du film... il reste des points d'ombre sur lequel le Soleil ne s'est pas levé. Un peu à la manière de Still Life, la vision du film ne procure pas un plaisir intense... mais en y réfléchissant un peu après, il reste forcément quelque chose. Le film divise les Internautes, entre ceux qui font l'éloge du "meilleur film chinois jamais réalisé" et ceux qui crient au scandale... S'il sort en version sous-titrée en Français dans vos salles, vous pourrez peut-être m'éclairer un peu plus !

En attendant, j'ai préféré me reporter sur un autre film pour mon exposé, car n'arrivant déjà pas à expliquer correctement ce que j'ai pensé de ce film en Français, je vous laisse imaginer la difficulté de le dire en Chinois... Cet autre film, je vous en parlerai dans quelques jours, car il va me servir dans une mini-série d'articles prévue pour cette semaine.
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20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 07:18
Depuis mon plus jeune âge, j'ai toujours été fasciné par les projets architecturaux extraordinaires, que ce soit le pont au-dessus de la Méditerranée, les villes flottantes ou les tours de plsueiurs kilomètres de haut. En général, ces projets-fous ne dépassent pas le stade des maquettes, mais ils sont des exemples de ce que pourront devenir nos villes ou nos réseaux de transports dans le futur. Je vous disais récemment que la Chine était confrontée à un afflux massif de population, que les nouvelles tours qui sortent de terre chaque jour à Pékin et ailleurs, ne parviennent pas à accueillir. Dans ce cadre, des cabinets d'architectes réfléchissent à des solutions innovantes. Pour un devoir l'an dernier, j'avais notamment trouvé un article très intéressant dans Le Monde. Je vous en mets donc un extrait ci-dessous, agrémenté des photos que j'avais trouvées sur le site de la "Dynamic City Foundation" dont il est question dans l'article.

"400 millions de Chinois à loger

Article paru dans l'édition du 27.05.07

La Chine connaît un exode rural massif et devra accueillir, d'ici à 2020, 400 millions de nouveaux urbains. Face à l'anarchie architecturale, la planification centrale montre ses limites

Imaginez un train qui tourne autour de Pékin, ne s'arrête jamais et auquel le passager accède par un « travelator », un tapis roulant à vitesse rapide. Ce mode de transport à lévitation magnétique ultrarapide, circulaire et hybride ferait le tour de la capitale, sur 65 km, entre le troisième et quatrième périphérique actuels. Il serait surélevé, dans une structure où seraient aménagées des zones commerciales et de détente. Baptisé D-rail, ce projet futuriste a été imaginé pour fluidifier les déplacements urbains par l'architecte hollandais Neville Mars et son équipe pluridisciplinaire de jeunes chercheurs.


Quand on pense que le tapis roulant de la Gare Montparnasse marche un jour sur deux, nous ne sommes pas près de faire le tour de l'Ile-de-France !

Tous travaillent au sein de Dynamic City Foundation, une plate-forme de réflexion sur l'urbanisation de la Chine à l'horizon 2020. Car Pékin, ville-crêpe qui s'étend à n'en plus finir, souffre prématurément d'un trop-plein. De routes, d'aiguillages, de bretelles. « Quand vous additionnez tout le tarmac des périphériques de Pékin, vous obtenez près de la moitié de la surface de la ville, c'est obscène. A partir d'un certain point, les infrastructures nécessitent tellement d'espace qu'elles ne peuvent plus jouer leur rôle de connexion », explique M. Mars.
Autre réalisation virtuelle de la Dynamic City Foundation, la Beijing Boom Tower, une réflexion sur la densité, ou comment créer un ensemble urbain le plus compact possible. Le résultat est un « quartier vertical » de 200 mètres de haut, dont les constructions - certaines sont l'équivalent de villas de luxe, d'autres, de logements bon marché - s'élancent vers le ciel d'un socle commun géant et multifonctionnel de sept niveaux.

Projet-fou-1.jpg
Comment mettre encore plus de sardines dans une boîte sans augmenter l'aire de la base ? Rajouter des étages !

Projet-fou-2.jpg
Bientôt, notre vie sera comme dans Sim City 2000, on n'aura plus de raison de sortir de notre immeuble, qui contiendra logements, bureaux, centres commerciaux, terrains de sport etc. !

D-Rail et Beijing Boom Tower ont été imaginés comme des réponses hors normes au processus d'urbanisation chinois, dont la vitesse et l'échelle sont sans commune mesure avec ce que les autres pays ont pu connaître : en 2020, au moins 60 % de la population chinoise devrait vivre en ville, contre 45 % aujourd'hui. En d'autres termes, le pays va devoir loger entre 350 et 450 millions d'urbains supplémentaires en moins de quinze ans !
(...)

Brice Pedroletti"

Après ces deux petits articles annexes, le prochain sera consacré aux raisons géographiques du décollage économique de la Chine depuis près de trois décennies.
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20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 06:37
Bonjour à toutes et tous, je reprends le cours de ma série, avec une première annexe en rapport avec le dernier article posté ("7 : la Révolution urbaine"), dans lequel je parlais de l'incroyable phase d'urbanisation que la Chine connaît depuis une vingtaine d'année et pour encore quelques temps.

Aujourd'hui, je vais donc faire un petit point sur la situation de Chongqing. Peut-être ne connaissez-vous même pas ce nom... pourtant, Chongqing est considérée par certains, notamment en Chine, comme la plus grande ville du monde, avec plus de 31 millions d'habitants (2,5 millions à Paris et 12 millions sur toute l'Ile-de-France). Curieux donc que personne ne la connaisse en France ! Voilà où se trouve Chongqing sur la carte de Chine :


Jusqu'en 1997, la ville était rattachée à la vaste province du Sichuan, mais elle a désormais acquis le statut de "municipalité de rang provincial". C'est d'ailleurs la ville possédant ce statut qui a la plus grande superficie sur la carte, les trois autres villes étant Pékin, Tianjin et Shanghai. 31 millions d'habitants, la plus vaste superficie, après tout, pourquoi ne serait-ce pas la plus grande ville du monde ?

Tout simplement car ce statut de "municipalité de rang provincial" ne correspond pas à ce que nous entendons par ville ou zone urbaine. En effet, la superficie de la province de Chongqing est supérieure à celle du Bénélux rassemblé ! Il y a donc des zones rurales entre les centres urbains, qui en réalité se concentrent autour du coeur de Chongqing, dont la population propre est entre 3,5 et 7,5 millions d'habitants suivant la méthode de prise en compte des travailleurs migrants.

map-of-chongqing.jpg
On voit bien qu'il y a beaucoup de vert tout autour, on est donc loin d'une mégalopole tentaculaire !

Chongqing n'est donc pas la plus grande ville mondiale (ni la plus grande de Chine), et encore moins ce que l'on pourrait appeler une "ville-mondiale", du moins jusqu'à présent. La preuve, c'est que peu de gens la connaissent en dehors de Chine, et moi-même, je n'en avait pas entendu parlé avant le milieu de l'année dernière. La ville n'a donc pas l'influence nécessaire pour assumer le statut qu'on lui prête.

Pourtant, Chongqing ne manque pas d'atouts, car sa localisation est très importante en Chine. Située sur le Yangzi, juste en amont du fameux Barrage des Trois Gorges, la ville est positionnée sur le grand axe fluvial qui relie la Chine du centre, amenée à se développer rapidement, au littoral déjà plus industrialisé.

Voilà, si on vous parle de Chongqing désormais, vous saurez où cela se trouve, et vous ne serez pas piégés par ce statut injustifié de plus grande ville du monde.
 
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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 17:09
Je vous avais prévenu : ma dernière lecture en cours n'était pas d'un très haut niveau. En fait, c'est le niveau d'un petit enfant chinois... Puisque j'ai tout simplement craqué en voyant la version "Journal de Mickey" de Star Wars dans la grande librairie de Wangfujing il y a une dizaine de jours. Je cherchai des livres pour enfants chinois, qui connaissent à peu près le même nombre de caractères que moi. Ces livres sont souvent très bien faits, avec la prononciation en pinyin en dessous des caractères, une explication des plus compliqués. Très efficace pour progresser ! Parmi mes achats, je me suis donc offert cette Guerre des Etoiles version Disney.


Un peu de vocabulaire tout d'abord :
-La Guerre des Etoiles = 星球大战 (xingqiu dazhan),
-Mickey Mouse = 米奇 (Miqi) ou 米老鼠 (milaoshu = "Mi la vieille souris"),
-Donald Duck = 唐纳德 (Tangnade),
-Dingo = 高飞 (Gaofei, mais il n'y a pas de rapport avec la phonétique, et le sens mot à mot, c'est "grande chose qui vole"...).

Mais il n'y a pas que le vocabulaire qu'il me faut expliquer, car ils ont aussi pris certaines libertés avec le scénario initial de George Lucas ! En fait, Mickey et Dingo vont assister à la première du film (avec tous les personnages dans la salle en tout cas), mais ils rencontrent Donald qui mange son pop-corn trop bruyamment. Alors qu'ils en viennent aux mains, l'ordinateur du projectionniste bugue, et les voilà transportés... A long time ago, in a galaxy far and far away...
Mickey Skywalker et Donald Solo se retrouvent dans un vaisseau qui est un mix entre le Faucon Millenium et un char de la Techno Parade ! Après avoir semé des Tie-Fighters impériaux en slalomant dans un nuage d'astéroïdes, ils trouvent l'aide de la Princesse Leïa (voir plus bas) et des Rebelles. Mais ils sont rapidement attaqués par un Dark Maul dont les cornes ont beaucoup poussé depuis l'épisode I...
Vers une planète isolée alors ils fuient, le grand Maître Jedi Weida (伟大) pour y trouver ! C'est très marrant de voir Donald s'énerver sur Yoda parce qu'il parle à l'envers (et en Chinois !). Mais Yoda n'est pas aussi sage et bienveillant que dans la réalité, car après avoir essayé de les perdre, ils leur vend (!!!) des sabres lasers, de qualité chinoise qui plus est car ils sont cassés dès la première utilisation !
Mais vous n'avez encore rien vu... Les voilà partis pour l'Etoile de la Mort, une boule de discothèque avec un smiley dessiné dessus (!), et dedans... le terrible Dark Vador, qui n'est en fait que le gentil Dingo, qui enlève son masque dès qu'il voit Mickey et Donald. Il n'est même pas le père de Miqi Skywalker... c'est vraiment blasphème sur blasphème cette histoire ! Heureusement, tout finit bien dans la salle de cinéma que nos trois amis retrouvent bien sagement. Je ne sais pas quelle drogue ils prennent chez Disney, mais ils étaient vraiment dans une autre galaxie en écrivant cet épisode !

Comme d'habitude, un petit extrait, en image cette fois-ci !

Miqi-Skywalker-BD.jpg
Dommage que vous ne puissiez pas voir mieux les caractères, désolé pour la qualité !

Je connais environ 60% des caractères de la BD. Si j'essaye de traduire ce passage bien rigolo, cela donne ça :

-Leïa : Luke, mon chéri ! Je remercie ciel et terre, tu es revenu sain et sauf !
-
Mickey : Nnnng ? (En fait, ce sont des onomatopées tous ces caractères avec la clé de la bouche, celle-là, c'est "ng" d'après mon dico...) Princesse Leïa ?

-
Leïa : Duuuuu.... baaa ! (Oui je sais, c'est un peu ridicule, mais il faut respecter le style des auteurs...)
-Mickey : Yuuuu !

-Mickey : Ah, Madame ! Madame, je suis embarrassé, vous n'avez pas vu "La Guerre des Etoiles" ?! Vous êtes ma grande soeur !
-Leïa : Moi... vraiment ?

-Leïa : Je suis confuse, tout est embrouillé...
-Mickey : Attendez un peu !
-Donald : Arf !

C'est pas la classe ça ?

Que la Farce soit avec vous !

Chinese Padawan
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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 18:42
Bonjour à toutes et tous !
Après quelques heures de travail depuis une semaine, j'ai enfin un premier diaporama de photos à mettre en ligne. Etant donné que c'est un tout premier test, les effets sont limités, le montage n'est pas parfait et je n'ai pas encore de musique de fond. Mais j'espère progresser assez vite dans la maîtrise du logiciel !

D'ici-là, découvrez ci-dessous la première partie de notre voyage à Xi'an, avec une première série limitée au centre de la ville. Dans les prochains montages, vous découvrirez les sources Huaqing, le musée de Han Yangling, celui du Shaanxi, ou encore l'armée en terre cuite bien sûr !

 

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Published by Val - dans Pékin
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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 12:33
Il faudrait en réalité que je lise plus de Balzac et que je relise ce que j'ai lu trop tôt pour pleinement l'apprécier...
Toujours est-il que je m'en voulais de ne jamais avoir lu Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, ni vu l'adaptation cinématographique faite par Dai Sijie lui-même. Le livre a en effet eu un certain succès en France à sa sortie en 2000, puisqu'il a même remporté le prix Relay du roman d'évasion cette année-là. Voilà donc un manque de comblé, et si vous non plus n'avez pas encore découvert ce livre, n'hésitez pas !

Balzac-Dai-Sijie-couv.jpg
En grande partie autobiographique, le livre retrace l'aventure de Dai et Luo, deux jeunes lycéens de dix-huit ans, fils de médecins jugés contre-révolutionnaires, qui sont envoyés en 1971 dans une montagne sichuanaise pour être "rééduqués" auprès des paysans.

Le début du livre montre bien le niveau de développement de ces zones reculées de la Chine maoïste du début des années 1970. Voici un petit extrait amusant : Luo et Dai arrivent au village de la montagne du Phénix du Ciel, apportant avec eux leur violon, "jouet bourgeois" regardé avec répulsion par les paysans, jusqu'à ce que Dai se mette à jouer.

    "- Vous allez entendre une sonate de Mozart, chef, annonça Luo, aussi tranquille que tout à l'heure.
    Abasourdi, je le crus devenu fou : depuis quelques années, toutes les oeuvres de Mozart, ou de n'importe quel musicien occidental était interdites dans notre pays. (...)
    - C'est quoi une sonate? me demanda le chef, méfiant.
    - Je ne sais pas, commençais-je à bafouiller. Un truc occidental.
    - Une chanson?
    - Plus ou moins, répondis-je, évasif.
   Illico, une vigilance de bon communiste réapparut dans les yeux du chef et sa voix se fit hostile :
    - Comment elle s'appelle, ta chanson?
    - Ca ressemble à une chanson, mais c'est une sonate.
    - Je te demande son nom ! cria-t-il, en me fixant droit dans les yeux.
    De nouveau, les trois gouttes de sang de son oeil gauche me firent peur.
    -
Mozart..., hésitai-je.
    -
Mozart quoi?
    -
Mozart pense au président Mao, continua Luo à ma place.
   Quelle audace ! Mais elle fut efficace : comme s'il avait entendu quelque chose de miraculeux, le visage du chef s'adoucit. Ses yeux se plissèrent dans un large sourire de béatitude.
    - Mozart pense toujours à Mao, dit-il.
    - Oui, toujours, confirma Luo."

Un peu plus tard dans le roman, malgré la fatigue des travaux de la mine et des champs, nos deux héros découvrent deux choses qui bouleversent leurs vies : une collection cachée de livres occidentaux, et la Petit Tailleuse d'une petite ville voisine dont Luo tombe amoureux.

Je n'en dis pas plus sur l'histoire, si ce n'est que la fin est très forte ! Le livre est très agréable à lire, surtout lorsque l'on pense que l'auteur l'a écrit directement en Français (il n'a toujours pas été traduit en Chinois d'après ce que j'ai pu lire sur le Net). Bref, une très belle histoire, qui nous en apprend beaucoup sur la vie des campagnes maoïstes. Je vous conseille donc vivement la lecture de ce livre, si ce n'est pas déjà fait.

Vous verrez que ma prochaine lecture est d'un genre... très différent !
 
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