Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Bienvenue sur mon blog !

IMGP0417.JPG
Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

Val----Qufu-FB-r--d.jpg

 

Retrouvez moi sur : 

Logo Linkedin2Logo Viadeo

8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 06:35
J'ai fini ma première semaine de cours ici (pas tout à fait complète car nous avons commencé mardi).  Nous commençons à avoir quelques contacts avec d'autres étrangers du campus, et nous devrions assez vite avoir des binômes avec des étudiants Chinois pour progresser plus vite. Avec 18h de cours + ces partenariats linguistiques, l'emploi du temps sera donc assez chargé pour une troisième année à l'étranger (rien à voir avec ceux qui ont 8h de cours et 40h de plage par semaine en Australie ou ailleurs ;-)). Mais la méthode paraît très efficace. Même les règles de grammaire sont expliquées en Chinois !

Nos cours se découpent en trois branches. Tout d'abord, les 8h de cours de 汉语 (hanyu) avec Wu Laoshi (Professeur Wu), c'est-à-dire un cours de mandarin tout ce qu'il y a de plus basique, avec des petits dialogues, du vocabulaire, des questions et des points de grammaire. Puis, il y a 6h de 口语 (kouyu), la langue orale, avec Zhao Laoshi. Globalement, nous faisons presque la même chose qu'en hanyu, avec un peu moins de grammaire peut-être. Et enfin, nous avons 4h de 听力 (tingli, littéralement "la force de compréhension à l'écoute"),bref, c'est le labo de langue de nos cauchemars avec des cassettes audio de qualité pourrie, qui débitent des phrases inarticulées (ou désarticulées) en Chinois, et on doit répondre à des questions vicieuses dessus. Mais Wang Laoshi a l'air très sympathique (les trois institutrices ont toutes l'air de l'être).

Le dernier gros avantage, c'est que nous sommes moins d'une dizaine par classes, et avec le mode de travail à la chinoise, on doit suivre tout le temps : phrases à répéter en groupe ou seul, dialogues à lire et relire à voix haute, jusqu'à être capable de les réciter sans les regarder (si si, au bout de vingt lectures, ça commence à rentrer !).

Et puis le campus est très sympa, si l'on excepte le souterrain pour traverser le périph' dans lequel on ne peut passer à vélo. Il y a une bonne ambiance, une cantine très honorable, des supérettes un peu partout s'il manque quelque chose, et tous les terrains de sport possibles et imaginables. Ce qui fait que j'ai fait plus de sport les trois derniers jours que sur toute l'année dernière à Sciences Po !

Et maintenant, je vais retourner à mes chers caractères.
@+
V
Repost 0
Published by Val - dans BeiWai
commenter cet article
8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 05:43
Bonjour, avec un peu de retard, le dernier volet de cette série d'article sur les toutes premières bases du Chinois. Pour ne rien vous cacher, j'avais initialement décidé d'en faire quatre, mais je me suis trompé dans le paramétrage d'over-blog, et j'ai annoncé que j'en ferais cinq. J'ai donc pensé à faire un petit article pour montrer la variété des polices de caractères que l'on trouve en Chine, ce qui complique parfois la lecture car certaines sont vraiment farfelues (notamment dans les pubs ou pour les noms de marques souvent très stylisés). Seulement, je n'ai pas vraiment eu le temps de m'arrêter dans les rues pour faire une petite compilation, donc je réserve cet article pour plus tard, quand j'aurai le temps de l'enrichir.

A la place, je vais vous apprendre quelques unes des phrases qui semblent essentielles après une vingtaine de jours ici. Tout d'abord, pour vous présenter :
- Je m'appelle Xia Bing = Wo jiao Xia Bing (我叫夏冰). Avec une variante si vous ne dites que le nom de famille (Xia) : Wo xing Xia (jiao Bing).
- Je suis Français = Wo shi Faguo ren (我是法国人). Les noms de pays ont des sources différentes. La Chine, c'est Zhongguo (中国), "l'Empire du milieu", c'est donc le sens qui prime. Je vous ai déjà parlé des Etats-Unis, Meiguo (美国), dont le nom dérive d'une transcription phonétique (aMErica) et du sens, "le beau pays". C'est un peu pareil pour la France, puisque 法, c'est le droit, et cela se prononce fa comme dans F(r)ance. A l'inverse, l'Italie est une simple transcription phonétique : 意大利 (yidali).

Ensuite, vous avez les phrases pour acheter ou marchander :
- Avez-vous de l'eau ? = You mei you shui ? Le "you mei you" est la phrase clé pour s'en sortir. Littérallement, c'est "avoir - pas avoir", et la réponse est toujours simple à comprendre (pour une fois !) : "you", c'est ok, "mei you", il n'y a pas ce que vous cherchez. Attention, pour ceux qui n'ont pas regarder la prononciation du pinyin, ce n'est pas le "you" anglais, mais plutôt une sorte de son "yo".
- Je ne veux pas acheter = Bu yao. Là aussi, c'est simple : "pas vouloir".
- Combien ça coûte ? = Duoshao qian ?
- C'est trop cher = Tai gui ! Et vous pouvez ensuite négocier les prix grâce au post sur les nombres d'il y a quelques jours.

Enfin, si vous êtes perdus dans la ville et fourbus par les kilomètres avalés par vos petites jambes, vous rentrez dans un taxi, qui vous demandera où vous désirez aller : (Ni) qu zai nar ?

Une fois que vous aurez obtenu ce que vous vouliez, vous pouvez tenter un "merci" (谢谢 : xiexie), auquel on vous répondra "bu keqi", mais les Chinois entre eux ne sont pas spécialement polis donc on ne vous en voudra pas de ne pas remercier. Pour finir, "au revoir" se dit zaijian.

J'espère que ces petites leçons basiques vous auront plu. Il ne vous reste plus qu'à venir tester votre niveau de mandarin à Pékin !
Repost 0
6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 17:57
Vous l'aurez compris, je préfère l'écrit à l'oral, encore plus en Chinois que dans les autres langues. L'idée d'apprendre les caractères m'a tout de suite beaucoup plu ; heureusement car ici, c'est une centaine de nouveaux hanzi par semaine !

C'est néanmoins une sensation très étrange de se balader dans les rues chinoises et de ne rien comprendre à ce qui est écrit (sauf les nombres qui sont généralement en chiffres arabes maintenant). Même lorsque l'on connaît tous les caractères, le sens des jeux de mots reste obscur. J'y pensais encore tout à l'heure au supermarché : on imagine ce que c'est d'être analphabète ! Bref, il y a du boulot !

Au départ, c'est très amusant d'apprendre à dessiner les premiers caractères (oui, dessiner, car il n'y a pas encore de perspective d'écriture). Mais après, beaucoup de caractères se ressemblent à quelques traits près. Je vais prendre l'exemple de qing, puisque je connais quatre caractères partageant la même base : 青 (couleur bleu-vert, qui donne jeunesse avec un autre caractère), 请 (inviter quelqu'un), 情 (sentiment) et 晴 (clair). Et il y en a d'autres... Vous remarquerez que la partie droite est une base commune, et seule la partie gauche diffère.

C'est le système des clés. Il en existe 214 différentes. Par exemple, la gauche du 请 est la clé de la parole, que vous retrouverez dans 说 (shuo = parler), 语 (yu = langue, comme fayu : le Français) ou 课 (ke = la leçon) etc. Il y a donc une logique dans l'écriture, qui n'est pas aussi aléatoire qu'elle pourrait le laisser penser au premier abord. On retrouve parmi les clés celles de l'homme, la femme, l'eau, la terre, l'herbe pour les plantes, la nourriture, les bâtiments etc. La clé peut être placée un peu partout dans le caractère, et certains sont l'addition de plusieurs clés : 茶 (cha = le thé, avec la clé de l'herbe en haut).

De manière générale et un peu simplifiée, la partie gauche du caractère donne le sens (par exemple, si vous êtes perdu avec un caractère inconnu, mais que vous avez la clé de la nourriture, c'est souvent un plat ou un lieu où l'on peut manger ou acheter de la nourriture). A l'inverse, la partie droite donne le son (on l'a vu avec tous les qing). Vous pouvez donc vous en sortir en devinant le sens des caractères basiques. C'est assez magique n'est-ce pas ?

Ensuite, si vous devez chercher un caractère nouveau dans le dictionnaire, il faut le disséquer. L'écriture des caractères respecte un ordre de traits bien particulier, un peu trop long à expliquer ici. Par exemple, 我 (wo = je) comprend sept traits. Dans le dictionnaire, la première étape, c'est de repérer la clé. Prenons l'exemple de cha, la clé de l'herbe contient trois traits. Les 214 clés sont répertoriées au début du dico par nombre croissant de traits. Une fois que vous avez trouvé la clé de l'herbe, tous les caractères qui contiennent cette clé sont indiqués, eux aussi par nombre croissant de traits. Dans cette seconde liste, vous trouverez la prononciation en pinyin, qui vous renvoie à la page correspondante du dictionnaire, cette fois, par ordre alphabétique comme chez nous. C'est un peu compliqué dit comme cela... essayons avec un schéma :

Cha-hanzi.jpg
1e étape : les trois traits de la clé ; 2e étape : les six traits restants.

Bref, vous l'aurez compris, la science des caractères chinois est assez infinie et passionnante, surtout si vous vous mettez à les calligraphier ! Ce sera d'ailleurs le sujet de mon dernier petit cours sur les bases du Chinois demain : les différents styles d'écritures (même si l'exhaustivité est impossible, je vous donnerai quelques exemples).
Bon, je vais justement refaire quelques lignes de caractères ! @+
V
Repost 0
6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 17:11
Voilà ma désormais fidèle bicyclette chinoise. C'est très pratique pour se déplacer, sur des distances tout à fait respectables sans fatigue, car les routes sont plates et larges. La circulation est parfois un peu chaotique, mais les cyclistes et les automobilistes cohabitent bien (surtout qu'il y a des couloirs de vélo partout).

Bicyclette.jpg
Mon premier quiz sur le prix de mon plat de nouilles (7 yuan au final, voir les résultats dans les commentaires) ayant été un succès (l'article le plus lu du blog !), l'idée est une nouvelle fois de vous faire participer plus activement au contenu du blog, en devinant le prix du vélo. Je précise que j'ai rajouté le panier à l'avant et le deuxième anti-vol en plus du prix initial. Cette fois-ci, j'attends des réponses en yuan, puisqu'un article récent vous détaille tout cela ("Duoshao qian?"). Evidemment, les Sciences Potistes de Beida et BeiWai ne peuvent pas jouer puisqu'ils connaissent les prix.

Cherchez bien, et lisez aussi le reste du blog, qui est, je l'espère, un petit peu plus sérieux ;-)
V
Repost 0
5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 16:24
Le mercredi fait partie des journées cool, avec le lundi et le vendredi, puisque je n'ai que deux heures de cours, par opposition au mardi et au jeudi où nous avons six heures. Ce qui fait que nous avons eu toute l'après-midi pour tester les installations sportives du campus. Au menu, plus de trois heures de tennis de table, basket et football, ajouté au vélo pour aller en cours. Bref, on en a bien profité, et c'est vraiment dommage que la plupart des universités françaises n'aient pas de tels campus. Du coup, les Chinois sont très sportifs et se défendent bien au basket par exemple, sous l'impulsion de la star nationale Yao Ming. En revanche, au foot et au tennis, ils ne sont pas aussi bons. Voilà, je vous laisse regarder les photos du Temple des Lamas, car je dois aller réviser mes caractères et dormir !
Bonne journée !
Val
Repost 0
Published by Val - dans BeiWai
commenter cet article
5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 15:55
Nimen hao !
Dernière visite de ces derniers jours qu'il me fallait rattraper : le Temple des Lamas de Pékin. Je vous ai mis les photos dans l'album du même nom (Yonghegong : "Palais de l'Eternelle Harmonie", pas très inventif ces Chinois...). C'était lundi matin, avec Cyrielle et Jérémie. Après avoir galéré pour trouver les bons bus pour m'y rendre (j'ai changé quatre fois à l'aller je crois... alors que c'est relativement proche à l'échelle de la ville), j'ai pu profiter d'un peu de quiétude bouddhiste loin des klaxons pékinois !


Admirez au passage mon t-shirt de BeiWai ;-)


Cet ancien palais impérial est devenu une lamaserie très importante au milieu du XVIIIe siècle. Le temple a ensuite été utilisé par le régime communiste pour apaiser les tensions avec le Tibet. Le Yonghegong est en réalité composé de cinq grandes salles indépendantes que l'on atteint en traversant des cours successives. Je vous laisse apprécier les noms des salles : Salle des Rois célestes, Salle de l'Eternelle Harmonie, Salle de l'Eternelle Protection, Salle de la Roue de la Loi et enfin le Pavillon des Dix Mille Bonheurs. Tout un programme !


Malheureusement, il est interdit de prendre des photos de l'intérieur, donc je ne peux pas vous détailler les différentes statues de Bouddha et de ses nombreux amis et protecteurs.


Néanmoins, la Roue de la Loi vaut le détour, tout comme le "Super-Bouddha" de 26m, taillé dans le bois d'un seul et même arbre, qui trône dans la dernière salle.


Le bas des jambes est déjà assez impressionnant !


... alors en entier, c'est tout simplement un record du monde (officialisé par le Guiness Book). Désolé pour la photo, qui est un peu "volée" donc légèrement floue et décadrée.

Ce qui est également très appréciable, c'est que le site n'est pas bondé de touristes, et, bien au contraire, il garde une fonction réelle dans la vie de Bouddhistes Pékinois, qui viennentse recueillir et brûler des bâtons d'encens :



Une petite dernière amusante :

Repost 0
Published by Val - dans Pékin
commenter cet article
5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 15:46
C'est là que les choses se compliquent...
Il m'était impossible de recopier (ou de copier tout simplement) la table entière de la prononciation du pinyin, donc je vous simplement les liens vers deux sites français sur la Chine, qui proposent des initiations au Chinois :

www.chine-nouvelle.com/methode/chinois/annexe-pinyin.html ; celui-ci vous propose des mots français pour vous aider dans la prononciation.

www.chine-informations.com/mods/dossiers/categorie-pinyin-prononciation-du-chinois-68.html ; celui-là vous propose des séquences Flash pour comprendre la gravité de notre situation ;-)

N'oubliez pas en plus qu'il y a quatre tons à chaque fois, donc cela change la prononciation (du moins en théorie... car sur les Faguo ren, c'est pas probant !).

Demain, on retrouvera des choses plus marrantes, avec le système des clés qui vous aide à comprendre la logique des caractères, et facilite la recherche du sens dans un dictionnaire.
Repost 0
4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 17:53
Ce matin, nous avons eu nos premiers cours de Chinois à BeiWai (contrairement aux feignasses de Beida qui ont encore une semaine de vacances...). Au menu, quatre heures (moins les pauses) pour faire un petit dialogue en long et large, avec vocabulaire, prononciation, prononciation encore et toujours, et enfin... prononciation. Plus sérieusement, on sent qu'à ce rythme-là, les progrès seront rapides.

Ensuite, nous avons eu droit à une sorte de réunion d'accueil, avec discours des officiels en Chinois et... hymne national de la République populaire de Chine ! Enfin, une petite réunion (en Anglais... ouf, enfin une !) avec la policière en chef chargée des étrangers à Pékin, mais elle est restée très floue sur les questions de visa à rallonger, alors qu'on a payé 450 kuai à l'université pour le faire. En revanche, la deuxième partie était comique. On a appris qu'on n'avait pas le droit d'avoir de chien de plus de 35cms, que la drogue, c'était pas bien, mais que l'alcool à 65° du quartier de Houhai est très bien, tout comme les jeunes Chinois et Chinoises du quartier (c'est un quartier assez branché avec des bars autour d'un lac du centre de Pékin), mais qu'il fallait faire attention et ne pas abuser de l'alcool, sinon les garçons se battent entre eux. Bref, une série de conseils et d'anecdotes surréalistes dans la bouche d'un super-officier de police.

Nous avons fini la journée à Beida, où l'on a acheté nos vélos. Et là, c'était le bonheur : rouler sans efforts (car c'est tout plat) dans les rues (les périphériques en fait...) de Pékin, à la fraîche, c'était très agréable. Et on n'a mis qu'un quart d'heure pour relier les deux université, ce que le bus met une demi-heure à faire. Je vous reparlerai de mon vélo dès demain, puisque vous pourrez essayer de deviner son prix.

@+
夏冰
Repost 0
Published by Val - dans BeiWai
commenter cet article
4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 17:17
Bonjour,
vous avez pu constater hier la différence entre le pinyin et les caractères. Le pinyin a été inventé pour faciliter l'apprentissage de la prononciation des caractères. Chaque caractère représente une syllabe. Ainsi, le cheval se dit ma (马) et l'université daxue avec deux syllabes donc deux caractères (大学). Mais il arrive que plusieurs caractères se prononcent presque de la même façon : par exemple, shi signifie, entre beaucoup d'autres choses, le verbe "être" (是), et le nombre 10 (十). Il y a donc une accentuation particulière pour les différencier. On distingue donc quatre tons :

chinois-tons.gif
Le premier ton est très haut, presque chanté. Le deuxième marque une élévation de la voix. Le troisième nécessite de baisser puis de remonter l'intonation jusqu'à finir presque au niveau du premier ton. Le quatrième ton est plus court et descend de manière tranchée. Alors dit comme ça, c'est bien joli, mais c'est très très dur, surtout pour moi qui n'ait pas l'oreille musicale. Surtout qu'il faut lire des phrases entières sans se tromper de ton, pour ne pas dénaturer le sens. Ces tons se matérialisent par des accents placés sur les voyelles et les diphtongues, mais mon ordinateur ne permet de tous les mettre. Globalement, ils reprennent le schéma ci-dessus : 1er ton = trait horizontal ; 2e = accent aigu ; 3e = accent circonflexe inversé ; 4e = accent grave.

Bref, cela demande de la pratique et de la patience. Mais, me direz-vous, pourquoi les Chinois n'abandonnent-ils pas leur système compliqué de caractères pour cette transcription en alphabet occidental ? Et bien parce que les caractères offrent beaucoup plus de richesse, et puis parce que plusieurs mots s'écrivent de manière identique en pinyin. J'ai trouvé cet exemple assez connu sur le Net :

-Phrase en caractères : 石室诗士施氏,嗜狮,誓食十狮。etc.
-Phrase en pinyin (avec ton entre parenthèse) : shi(2) shi(4) shi(1) shi(4) shi(1) shi(4), shi(4) shi(1), shi(4) shi(2) shi(2) shi(1) etc.
-Phrase en Français : Dans sa maison de pierre, le poète Shi qui aimait les lions, jura qu'il pouvait en manger dix. etc. Le texte entier est beaucoup plus long. C'est bien simple, imaginez qu'il y a d'après le logiciel de chinois de mon ordinateur 68 caractères différents qui s'écrivent shi en pinyin. Et comme il n'y a que quatre tons...

Voilà, si vous voulez vous mettre au Chinois, il faudra passer par l'apprentissage des caractères. Même si certains mots sont simplement l'addition de plusieurs caractères, ou des variantes simples, mon dictionnaire annonce 4800 caractères, et il faut au moins 1500 pour lire le journal. La route est encore longue...

Demain, la troisième explication des bases du Chinois abordera ce qui est encore pire que les tons : la prononciation des lettres du pinyin !
Bonne soirée
Repost 0
4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 16:39
Dimanche, l'université nous a offert une petite escapade sur la Grande Muraille de Chine. Longue de 6000 kilomètres d'est en ouest, la Muraille comprend plusieurs sections ouvertes au public. La plus connue est peut-être celle de Badaling, mais nous sommes allés à la passe de Mutian yu, à une petite centaine de kilomètres de Pékin, et nous avons fait la promenade sur les remparts vers l'est, qui était la plus belle des deux directions possibles.



Parmi les mythes et légendes que le site a acquis au fil des âges, on entend régulièrement que la Muraille serait la seule construction humaine visible depuis la Lune. Il semble que cela est faux, car le serpent atteint certes les 6000 kilomètres de long, mais il ne fait qu'une dizaine de mètres de large. L'édifice reste malgré tout très impressionnant, surtout lorsque l'on monte des escaliers de plusieurs centaines de marches par une trentaine de degrés pour accéder au mur depuis la vallée. On dit en Chine que l'on ne devient un homme qu'après avoir réussi l'ascension jusqu'à la Muraille. Voilà une bonne chose de faite : maintenant que nous sommes des hommes, des vrais, nous avons droit à un beau spectacle :


La Grande Muraille vient en réalité de la réunion par le Premier Empereur Qin, unificateur de la Chine en 221 av.JC, de multiples sections de fortifications datant pour les plus anciennes du VIIe siècle avant notre ère. J'ai lu qu'il y aurait eu jusqu'à un million de gardes sur toute la longueur du mur, pour protéger l'Empire du Milieu des invasions mongoles venues du nord. Et lorsque l'on imagine les soldats monter les marches à la verticale, en armure, et par -20°C en hiver, on se dit qu'ils n'ont pas dû rigoler tous les jours...


Les portions d'escaliers sont en effet très impressionnantes (surtout par cette chaleur) : des marches consécutives de taille variable, des secteurs où l'on grimpe presque à quatre pattes et des passages très étroits, sans rampe pour s'aider à monter :




La Muraille reste un incontournable symbole de la Chine, et j'espère que j'aurai l'occasion au cours de l'année de faire d'autres sections proches de Pékin. Il y a quelques autres photos dans l'album (colonne de droite du blog).

Enfin, comme pour Yiheyuan, une petite photo que j'ai faite un peu par hasard, et que je trouve intéressante et évocatrice (on a d'ailleurs remarqué que les enfants n'ont aucune difficulté à gambader sur la Muraille alors que les adultes souffrent plus de la chaleur et de la pente) :

Repost 0
Published by Val - dans Pékin
commenter cet article