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Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

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10 octobre 2007 3 10 /10 /octobre /2007 15:29
Après quelques informations sur les caractéristiques physiques du territoire chinois, je voulais consacrer quelques lignes à l'organisation politique et administrative de ce même territoire, ainsi que les problèmes que posent son étendue et sa diversité.

En réalité, le découpage administratif chinois est assez complexe. On trouve tout d'abord vingt-et-une provinces (en rose pâle sur la carte), du Heilongjiang au nord-est à l'île de Hainan au sud, en passant par le Qinghai à l'ouest. La Chine, comme vous le verrez demain, contient une grande variété de minorités ethniques. Il y a toutefois des régions où ces groupes sont majoritaires. Pékin leur a donc accordé le statut de "région autonome", mais il ne faut pas se voiler la face : ces provinces n'ont d'autonome que le nom. On en dénombre cinq (en jaune), à la périphérie de la Chine : la Mongolie intérieure et le Ningxia au nord, le Xinjiang et le Tibet à l'ouest, et le Guangxi au sud. En plus de ces zones particulières, d'autres territoires étaient difficiles à administrer sur le même modèle provincial : les grandes villes. Il a donc été créé un statut de "municipalité de rang provincial". Quatre villes ont acquis ce statut (en rose foncé) : Pékin, le port voisin de Tianjin, Shanghai, et plus récemment, Chongjing, qui a été extraite de la province du Sichuan au centre de la Chine. Deux villes, du fait de leur passé de ports coloniaux rattachés à la République populaire de Chine plus tardivement, ont également un statut distinct : les ports de Macao et Hong Kong. Enfin, il reste l'épineuse question de Taiwan sur laquelle je ne m'étends pas maintenant.

Carte-Chine-administrative.png
Cette carte très complète est une nouvelle fois réduite pour passer sur le blog. Je vous mets le lien où je l'ai trouvé pour que vous puissiez la consulter à une échelle plus appréciable : fr.wikivisual.com/images/8/87/RP_Chine_administrative.png

Globalement, le gouvernement central à Pékin reste très puissant, comme il l'a très souvent été lors de l'histoire chinoise où le pouvoir politique a été très centralisé. Néanmoins, la Chine est grande et très peuplée ; il est par conséquent très dur de tout contrôler. Le clientélisme et l'influence des petits chefs locaux sont souvent décriés.

Maintenant que vous avez une idée un peu plus précise du découpage administratif chinois, de sa complexité et de ses éventuelles limites, je vous laisse méditer sur la question suivante, à laquelle j'apporterai des éléments de réponses dans mon prochain article : La Chine est-elle réellement unifiée ?
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Published by Val - dans Géographie
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8 octobre 2007 1 08 /10 /octobre /2007 17:34
Journée de rentrée pour les Chinois, après une Golden Week bien remplie. La rentrée, qu'elle est lieu en Chine ou en France reste la rentrée... on se met à penser aux futures vacances , mais cette année, il faudra attendre jusqu'à la mi-janvier ! Le rythme scolaire reprend, alors que les températures descendent de plus en plus sensiblement de jour en jour. Pékin a inauguré sa quatrième ligne de métro, qui s'appelle en réalité la ligne 5, mais après la 1, la 2 et la 13, et avant la 8, il ne faut pas s'étonner de la numérotation farfelue.

Passons aux choses sérieuses, avec un article qui, je l'espère, vous apportera quelques nouveaux éléments sur la Chine. Aujourd'hui, je reste sur la géographie physique, en reprenant la carte déjà publiée hier. Malgré le fait que les frontières ne soient pas très évidentes, elle nous montre très bien la diversité du relief chinois :

China-topo.jpg
Cette carte vous permet de remarquer l'importance de la surface couverte par les hauts plateaux du centre, les déserts de Gobi au nord et du Takla-makan à l'ouest, ainsi que les sommets himalayens enneigés. Seule la Chine littorale est composée de plaines. Cette distinction a une importance considérable dans la gestion de l'espace chinois. 85% du territoire chinois se situe à une altitude supérieure ou égale à 500m (en gros, les zones en marron sur la carte ci-dessus). L'altitude moyenne du Tibet, en plein dans la chaîne de l'Himalaya, est supérieure à 4000m, ce qui correspond au niveau des plus hauts sommets des Alpes (Mont-Blanc, 4810m) ! Bref, on monte rapidement très haut, et la Chine peut s'enorgueillir de partager avec le Népal quatre des six plus hauts sommets du monde, dont l'Everest (8848m).
Mais c'est bien dans les plaines que s'est toujours concentré le pouvoir en Chine, notamment à partir des Han. Contrairement à l'Europe médiévale où les châteaux-forts étaient construits sur des collines ou des monts pour surplomber les territoires environnants, et à l'occasion les adversaires, les places-fortes en Chine se sont développées dans les plaines. Pékin en est la parfaite illustration. On peut même opposer une "Chine des plaines", riche et puissante, à une "Chine des pentes", très difficile à apprivoiser. Les fleuves ont également avantagé les plaines, avec le Fleuve Jaune (Huang He) au nord, ou le Yangzi (Chang Jiang), dont l'embouchure est juste au-dessus de Shanghai.

De ce découpage topographique entre la Chine des plaines proche du littoral et la Chine des pentes à l'ouest et au centre, auquel l'on peut ajouter un découpage climatique nord-sud, on aboutit à l'organisation de l'espace chinois contemporain. Ce découpage actuel repose sur trois zones.

3-zones.jpg
La Chine littorale (à droite du trait rouge sur la carte ci-dessus) est la plus développée. C'est elle qui s'est ouverte au monde extérieur, a profité des investissements et de la croissance, autour de trois pôles majeurs : la région de Pékin-Tianjin au nord, celle de Shanghai, puis celle de Canton-Macao-Hong Kong au sud. Reliée à la Chine centrale par les grands fleuves, et au monde extérieur par ses grands ports qui sont désormais parmi les cinq ou dix plus importants du globe en terme de trafic (Tianjin, Shanghai, Hong Kong etc.), c'est cette Chine moderne dont les médias français parlent généralement.
Toutefois, à l'est des provinces littorales, la situation change. On parle alors de la Chine du centre (entre les lignes jaune et rouge), avec des pôles comme Xi'an, Chongqing et le Sichuan ou Wuhan. Agriculture, industries, les niveaux de développement sont aussi divers que les activités, mais cette Chine profite désormais de l'attractivité de la Chine et de l'aménagement de ses voies fluviales (le fameux Barrages des Trois-Gorges sur le Yangzi) pour espérer combler une partie de son retard sur le littoral.
Enfin, le Grand ouest chinois est une zone que l'on peut qualifier de périphérique, car elle est moins peuplée, du fait de la présence de déserts ou de fortes altitudes, et pour le moment moins industrialisée, donc moins présente dans la compétition économique mondiale. Néanmoins, il y a depuis Mao de nombreuses politiques de développement de ces régions, et la nouvelle ligne de chemin de fer qui relie Pékin au Tibet en est une bonne illustration.

Avant de passer à la description de l'organisation administrative de la Chine, j'en termine donc avec la partie physique de cette série sur la géographie de la Chine en rappelant les deux éléments importants que j'ai retenu de mes cours sur la "Nouvelle Géographie de la Chine" à Sciences Po, et qui me paraissent essentiels pour appréhender la Chine contemporaine. Les conditions naturelles de l'espace chinois ont déterminé depuis bien longtemps un découpage entre des zones de plaines où se sont développés le pouvoir et les activités humaines, et les zones d'altitude plus élevée, moins propices au développement. Ce déterminisme du relief et du climat a entraîné l'organisation de la Chine selon trois espaces de niveau très inégal : la Chine orientale et littorale, la Chine centrale et la Chine occidentale périphérique.
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7 octobre 2007 7 07 /10 /octobre /2007 12:04
La Chine est grande, la France est petite !

En effet, cela saute aux yeux sur les planisphères : la Chine est un géant. Cette vision est  peut-être atténuée par la présence de l'immense Russie juste au-dessus, mais si l'on remet les choses dans leur contexte statistique, la Chine est le troisième pays le plus grand du monde, loin derrière la Russie donc, et juste intercalée entre le Canada et les Etats-Unis. Avec plus 9 560 000 km2, la Chine est... plus de dix-sept fois plus vaste que la France ! Elle égale presque la superficie de l'Union européenne à 27.

China-topo.jpg
Cette taille de niveau continentale explique les fortes disparités du pays, puisque l'écart maximal entre le nord et le sud du pays correspond à la distance... entre Copenhague et le sud de l'Algérie si l'on s'arrête à la Chine continentale, et du Danemark au Sénégal si l'on prend en compte les îles que la Chine possède en Asie du sud-est ! La distance est-ouest est encore supérieure puisqu'elle correspond à l'écart entre Los Angeles et Boston aux Etats-Unis, ou rapportée à notre continent, à la distance Lisbonne-Téhéran ! Imaginez la difficulté d'administrer tout cela, surtout lorsque ces territoires sont peuplés par plus d'1,3 milliard d'êtres humains !
Petite particularité à ce sujet : contrairement aux USA qui ont quatre fuseaux horaires de New York à la Californie, la Chine a adopté un fuseau unique. Cela explique que le soleil se lève à 5h du matin et se couche avant 6h du soir à Pékin, mais au moins trois heures plus tard à Urumqi dans le Grand Ouest chinois. Heureusement pour les Pékinois, leur ville se trouve à la latitude d'Athènes (mais on a pas le même climat ici, surtout en hiver !), ce qui signifie que Pékin est plus bas sur l'axe de rotation de la Terre que Paris par exemple, et donc l'angle de réception des rayons du Soleil varie moins qu'en France : l'amplitude entre les levers et couchers du Soleil l'été par rapport à l'hiver est donc réduite.

Demain, je recyclerai quelques cours de mes options sur la Chine à Sciences Po, pour vous donner quelques éléments sur la gestion de cet espace plein de ressources, mais aussi plein de contraintes.
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6 octobre 2007 6 06 /10 /octobre /2007 06:11
De retour de mes pérégrinations à Xi'an et Chengde, je peux enfin reprendre le fil de ma série sur la géographie, que je vous promets depuis quelques semaines déjà. Après le premier article d'il y a quelques jours "Porter un autre regard sur le monde", et avant de rentrer dans les choses plus sérieuses, je fais un petit article de transition. Certains souhaitent en effet que je mette plus de Chinois sur le blog. Il faut trouver un bon équilibre, car je ne veux pas que mon blog devienne illisible pour la grande majorité d'entre vous. Par conséquent, j'essayerai de faire plusieurs petits articles thématiques comme celui d'aujourd'hui, avec un mélange d'anecdotes et de nouveaux mots et carcatères en Chinois.

Puisque le thème est la géographie, la première chose est de voir comment les Chinois se repèrent dans l'espace. Globalement, c'est la même chose que pour nous, à la seule différence que pour les points cardinaux intermédiaires, ils disent "est" ou "ouest" avant "nord" ou "sud" : ainsi "xibei" est littéralement "est-nord" au lieu de "nord-est" en Français ou "northwest" en Anglais.


Pour les mesures, les unités correspondent aux notres (pour les distances et les surfaces en tout cas), avec :
-le mètre : mi = 米 (c'est le même caractère que pour le "riz").
-le kilomètre : gong li = 公里
-le mètre carré : pingfang mi = 平方米

Passons à la représentation du monde désormais. Comme je l'ai mentionné dans le précédent article, la cosmogonie chinoise place "l'Empire du milieu" au centre du monde. Plus l'on s'en éloigne vers la périphérie, plus le monde devient barbare. Cela a pu jouer un rôle dans les conceptions des voisins par exemple, puisque les Coréens, plus proches de la Chine, se considéraient plus civilisés que les Japonais, lointains barbares. Si l'on en croit les informations que je vous donnais la dernière fois, les Chinois ont eu très tôt une bonne conception du monde et de ses ensembles continentaux. Voici donc comment les Chinois traduisent les cinq continents :
-l'Asie : 亚洲 (yazhou)
-l'Europe : 欧洲 (ouzhou)
-l'Afrique : 非洲 (feizhou, qui littéralement veut dire "le mauvais continent")
-les Amériques : 北/南美洲 (bei- et nan-meizhou, on retrouve le 美 qui se trouve dans Meiguo, les USA)
-l'Océanie : 大洋洲 (dayangzhou, "le continent du grand océan").

Après les continents, quelques grands pays, dans l'ordre alphébetique français :
-l'Allemagne : 德国 (Deguo)
-l'Angleterre : 英国 (Yingguo)
-l'Australie : 澳大利亚 (Aodaliya)
-le Canada : 加拿大 (Jianada)
-la Corée : 韩国 (Hanguo)
-l'Espagne : 西班牙 (Xibanya)
-les Etats-Unis : 美国 (Meiguo)
-la France : 法国 (Faguo)
-l'Inde : 印度 (Yindu)
-l'Italie : 意大利 (Yidali)
-le Japon : 日本 (Riben)
-la Russie : 俄罗斯 (Eluosi)
... et puis pour nos amis belges de BeiWai : 比利时 (Bilishi).
Si vous voulez d'autres pays, je peux les chercher pour vous.

Enfin, je vous mets la carte de France en Chinois si cela vous amuse de chercher le nom de votre ville natale ou de votre lieu de résidence en caractères. De même que pour les pays, vous pouvez laisser un commentaire si le lieu que vous cherchez est sur la carte, je peux essayer de trouver la traduction en pinyin.

france-blog.jpg
Pour avoir la version grand format : www.tumen.com.cn/cool/map/france.jpg

Les deux prochains articles de la série seront consacrés au relief, aux climats et l'organisation géographie de l'immense espace chinois.
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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 15:20
Je l'ai déjà dit plusieurs fois dans mes précédents articles, ce qui me fascinait le plus dans ce voyage, c'était de me retrouver à l'autre bout du monde, avec des gens qui ont une approche de la vie et du monde en général diamétralement opposée à la notre. Ce premier article sur la "géographie" de la Chine part de cette idée. Je réserve les données statistiques démographiques et les cartes topographiques pour une autre fois. Je me base simplement sur deux cartes, très révélatrices de nos différences.

La première est un planisphère chinois. Et là, premier choc pour le petit Français qui a toujours appris que son pays était approximativement au centre du monde, autour de la Mare Nostrum d'où est née une partie de notre civilisation : le minuscule Faguo est ridiculeusement déformé dans le coin nord-ouest de la carte, au point qu'on le distingue à peine !


Une belle leçon d'humilité pour les petits Français...

Pour les Chinois, le centre du monde, c'est le Zhongguo (中国), qui se traduit littéralement comme "Empire du milieu"... ! Dans la cosmogonie chinoise, l'Empereur est le représentant du Ciel sur Terre. Vous en avez eu une illustration avec l'article sur les rites sacrés du Temple du Ciel de Tiantan. En gros, c'était l'équivalent de la souveraineté de droit divin dans le Moyen Age européen. Donc le centre du monde, c'était l'Empereur. Puis, plus l'on s'éloignait du centre, plus le monde devenait barbare. Bref, c'était assez similaire à la représentation que l'on avait en Occident... mais avec un centre différent ! Une toute autre représentation du monde donc.

Vous connaissez peut-être déjà la deuxième carte. La revue hebdomadaire britannique The Economist l'avait publiée en 2006 et elle a fait le tour du monde depuis. Le tour du monde, telle est bien l'idée qu'il faut en retenir ! En effet, si je vous dis que cette carte date de 1418, vous allez vous dire que vos profs de CE1 vous auront menti ! Hormis le cas d'Erik le Rouge, nous avons tous appris que Christophe Colomb est le premier à avoir découvert -par hasard- l'Amérique en 1492. Le premier tour du monde datant de l'expédition menée par Fernand de Magellan de 1519 à 1522. Il semble que les Chinois nous aient devancé. Il y a eu des débats sur l'authenticité de la carte et sa datation (après tout, il y a tellement de faux en Chine qu'ils ne sont pas à cela près...). Mais ce qui est intéressant selon moi, c'est de noter que nos certitudes d'Occidentaux pleins d'orgueil et de supériorité sont ébranlées, sur ce point comme sur tant d'autres, par l'existence et les connaissances du reste du monde.


Certes, la légende nous apprend que c'est une copie datant de 1763 de la carte originale de 1418, mais c'est symboliquement très fort.

Ce que je voulais montrer dans cet article qui introduit ma petite série sur la géographie de la Chine, c'est qu'on se rend bien compte ici que la France est réduite à une simple carte postale du pays le plus romantique au monde, un petit hexagone excentré sur la carte où la Chine se trouve à la place qu'elle rêve déjà d'occuper : le centre du monde.

Si vous souhaitez regarder le planisphère à une échelle plus correcte, voici le lien :
www.tumen.com.cn/cool/map/world.jpg

Les prochains articles de la série porteront plus sur la Chine elle-même, la gestion d'un espace immense avec ses contraintes propres, la question de son unité et de ses diversités, l'organisation admministrative des provinces, ou encore les mutations récentes engendrées par l'ouverture du pays vers l'extérieur.
En revanche, le rythme de rédaction et de publication des articles risque d'être un peu moins régulier qu'habituellement, car je vais être amené à faire quelques déplacements dont je vous reparlerai très bientôt, et certains soirs sont consacrés aux hanzi...
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