Pékin vit actuellement une révolution urbaine, qui s'est accélérée depuis une petite décennie. Les anciens quartiers laissent la place à des tours d'habitations ou de bureaux, à des périphériques et des échangeurs aériens. Ces anciens quartiers traditionnels du centre-ville sont ou étaient composés de
siheyuan (四合院 : littéralement "quatre pavillons autour d'une cour"). Cette structure antique est finalement assez comparable à celle des maisons romaines, construites autour d'un atrium. Ces habitations sont ou étaient reliées par des dédales de ruelles étroites nommées
hutong (胡同).
Souvent dans un état de délabrement avancé, et très peu adaptés à la circulation en voiture, les hutong sont progressivement détruits, pour laisser la place à des immeubles de quinze étages sans saveurs, mais beaucoup plus rentables en terme de logements au mètre carré. L'opinion internationale s'est largement émue à propos du sort réservé à ces maisons, parties intégrantes du patrimoine de Pékin, et à leurs habitants, délogés sans réel préavis.
C'est pourquoi, la municipalité de Pékin a décidé de construire de nouveaux
hutong, plus propres, plus espacées pour laisser circuler les automobiles. Les avis sont très partagés, mais c'est vrai que malgré leur vetusté terrifiante, les vieux
siheyuan contribuent au charme de la vieille ville, notamment autour des lacs au nord et à l'ouest de la Cité Interdite pour ceux que j'ai vu.