Bonsoir,
avec quelques heures de retard dues à la reprogrammation de l'interface des blogs par les équipes d'over-blog, je vais donc vous raconter un petit peu plus en détail l'histoire de ce fameux Mont Taishan (泰山). Vous pouvez le repérer géographiquement sur la carte qui se trouve dans l'article précédent.
Vous le verez mieux quand les photos seront dans l'album en plus grand format, mais la masse qui se dégage à l'horizon est le massif montagneux d'en face. Cela donne un effet magnifique, encore plus impressionnant en réalité.
Le Taishan, centre du monde chinois.
Au commencement, tout n'était que chaos. De l'oeuf originel naquît Pan Gu (班固), qui, grandissant chaque jour, écarta le Ciel (
yang) de la Terre (
yin). Après 18 000 ans d'efforts, Pan Gu s'éteignit. Ses yeux devinrent le Soleil et la Lune, son sang se répandit en mers et fleuves, son souffle engendra le vent, et de ses cinq membres émergèrent cinq montagnes. Le Taishan est issu de la tête de Pan Gu, d'où son importance centrale dans les cultes officiels et populaires chinois. Chaque Empereur devait y venir en pélerinage, en y laissant une trace gravée sur les pierres qui longent l'ascention, mais rares furent ceux à atteindre le sommet. Confucius, en voisin, y vint également.
L'ascention du Taishan.
L'ascention complète dure plus de sept heures, en partant de la ville de Taian (泰安). Pour notre part, nous sommes partis du la "Porte Médiane pour gagner le Ciel" (中天门), là où le chemin laisse la place à des escaliers sans fins. Contrairement aux randonnées dans les Alpes, où les chemins serpentent pour réduire la pente, les Chinois construisent des marches en traçant tout droit vers le sommet. Ainsi, le pourcentage de certains passages doit dépasser gentiment les 30%. Après une grosse heure d'ascention sous un soleil de plomb, la Porte Sud vers le Paradis (南天门) se dévoile enfin. Puis, un temple se trouve un peu plus haut.
Voilà la Porte Sud du Paradis si vous êtes intéressés... Notez que les caractères s'écrivaient encore dans l'ordre et le style traditionnel à l'époque, donc de droite à gauche.
Selon les légendes chinoises, j'ai acquis une longévité centenaire au terme de ces quelques marches qui s'enchaînent sur 600 m de dénivelé. Je me contenterais pour le moment des magnifiques paysages qui s'offraient à nous depuis le sommet.
Le panorama vers le nord-ouest, plus aride.

Parfait exemple de siheyuan.

Pour finir, ma préférée comme d'habitude. Cette fois, c'est un paysage :
Une nature riche, un temple à droite de la photo, qui se détache sur une mer de brume d'où émergent de manière irréelle les monts d'en face : on n'était vraiment pas si loin du paradis finalement...