Un Poème : Pensée nocturne, de Li Po. Pensée nocturne
Devant mon lit clarté lunaire
Est-ce du givre couvrant la terre ?
Tête levée je vois la lune ;
Yeux baissés songe au sol natal.
Yue, la Lune.
Je n’ai pas encore eu beaucoup de temps pour me pencher sur la poésie chinoise, qui est pourtant d’une richesse infinie. Elle est également d’une grande complexité littéraire en version originale, et je doute de connaître un jour suffisamment de caractères pour en lire directement en Chinois. Néanmoins, il existe quelques recueils de traductions. Ce poème a été écrit par Li Po (701-762), un des plus grands poètes chinois de la dynastie des Tang, qui marque l’âge d’or poétique de la civilisation chinoise. Il a été traduit par François Cheng, dans une petite anthologie dont je vous reparlerai prochainement.
Je n’ai fait que parcourir quelques vers de l’ouvrage, mais ceux-là me conviennent parfaitement pour l’occasion d’aujourd’hui, car ils correspondent bien à ce que je ressens parfois le soir en me couchant dans mon lit chinois. Pour être parfaitement exact, je ressens surtout par avance la flemme du lendemain matin quand mon portable va me réveiller à 7h ! Tellement tôt qu’il y a encore du givre qui recouvre le sol ! Pour être plus poétique, la nuit est en effet le meilleur moment pour réfléchir à mon expérience, à la chance que j’ai d’être là où je suis, sous la clarté lunaire. Notre satellite évoqué par Li Po définit bien ma localisation géographique actuelle, car contrairement à l’Europe qui à mon sens se baserait plus sur le Soleil, la Lune est un symbole très important en Chine. Le calendrier traditionnel chinois est basé sur les cycles lunaires, avec même une fête qui est dédiée spécialement à la Lune. Je vous en avais parlé dans un article fin septembre (le 26 septembre cette année).
Tête levée, je regarde donc avec optimisme vers la Lune et l’avenir. L’avenir de la Chine, du monde, mais aussi le mien, et celui du blog ;-) Yeux baissés, je ne peux m’empêcher de songer avec un brin de nostalgie au sol natal, à la France, à Paris (et au PSG…), à ma vie d’avant, et bien sûr à vous tous, famille et amis, que je salue ici, en attendant de vous revoir… l’année prochaine !