Cette première série d'articles me permet de vous en apprendre un peu plus sur les motivations de mon choix de Pékin pour cette troisième année à l'étranger. Pour ceux qui ne le sauraient pas, le cursus de Sciences Po impose de passer la troisième année dans un pays étranger, au sein d'une université ou dans le cadre d'un stage en administration ou en entreprise. La Chine s'est vite imposée dans mon esprit comme la meilleure destination possible. J'y reviendrai demain. Aujourd'hui, je veux plutôt m'attarder sur mes premiers contacts avec la Chine, avant le début de mon apprentissage du Chinois l'an dernier.
Ces contacts ont été peu nombreux en réalité. C'est d'ailleurs cela qui est intéressant : je ne connaissais pas grand chose à la Chine avant de m'y intéresser plus sérieusement depuis un an. C'est peut-être votre situation également. Dans ce cas, j'espère que mon blog sera instructif !
Rétrospectivement, j'ai donc pris conscience de l'importance de la Chine très tard. Hormis les quelques Asiatiques qui ont fréquenté les mêmes établissements scolaires que moi, les restaurants chinois et les étiquettes "Made in China" sur mes jouets ou vêtements, le premier souvenir qui m'est revenu en préparant cet article est le voyage de Tintin en Chine. Sur la piste des
Cigares du Pharaon, Dingding (丁丁 : Tintin en Chinois) se retrouve en effet en Chine dans l'album
Le Lotus Bleu, paru en 1936. Relisez-le, c'était une période importante pour la Chine, alors sous occupation japonaise. Les interprétations divergentes de cette période sont pour beaucoup dans les mauvaises relations sino-japonaises actuelles. Aussi loin que je me souvienne, cette BD est donc une des premières révélations de l'existence de la Chine, pays étrange où l'on écrit avec des dessins, où les femmes se bandent les pieds pour ne pas qu'ils grandissent trop, où les fleuves sont jaunes... !

Après Tintin, je me souviens de
Mulan, le film d'animation de Disney, sorti en 1998. J'avais onze ans, et je me rappelle tout particulièrement d'un reportage au JT, qui expliquait le choix de Disney pour une histoire chinoise, avec un eldorado gigantesque, qui s'ouvrait pour l'Occident. Tout cela restait pour moi un mystère. Il est vrai qu'en Histoire, on étudiait plutôt Vercingétorix, Clovis, Charlemagne, Louis XIV et Napoléon. En géographie, on avait la France, l'Europe, les Etats-Unis, voire le Japon. La Chine demeurait dans mon esprit un vaste pays en sommeil sur mon planisphère.
Puis vint un troisième temps, avec les sorties successives des
wu xia pian (les films de sabre chinois)
Tigre et Dragon (2000),
Hero (2003) et
Le Secret des Poignards Volants (2005). C'était assez nouveau et cela m'a beaucoup plu. Les médias commençaient à parler nettement plus de la Chine, tantôt sous l'angle du miracle économique, tantôt sous les traits d'un ogre dévoreur des emplois français. Pékin a été désignée pour accueillir les JO de 2008, les reportages télévisés se sont succédés. Bref, la Chine s'éveillait enfin sans que mes connaissances à son sujet ne dépassent les nêms aux crevettes, la Grande Muraille, Tintin, Mulan et autres sabreurs volants !