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Bienvenue sur mon blog !

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Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

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16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 06:20
Pour cette troisième et dernière série de photos issues de notre journée à Pingyao le week-end dernier, je vous propose quelques photos en noir et blanc des habitants de Pingyao. Lorsque j'étais sur mon vélo à déambuler au hasard dans les ruelles de Pingyao, j'essayais d'imaginer quelle pouvait être la vie de tous ces gens. Leur situation est en réalité assez paradoxale : ils vivent dans une ville inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO qui reçoit régulièrement des touristes occidentaux plutôt aisés, mais dans le même temps, ils semblent encore déconnectés du monde actuel. Le cadre particulier de Pingyao renforce ce sentiment d'anachronie. Nous étions un peu dans la peau de visiteurs du futur, perdus dans un dédale de ruelles souvent délabrées et à l'équipement archaïque. Pourtant, à quelques centaines de mètres à peine se trouvent les rues commerçantes et les hôtels au confort intérieur bien supérieur à la moyenne chinoise. Bref, je ne savais pas trop où j'avais atteri, mais je me sentais ailleurs tout simplement !
Penchons-nous donc, avec un peu de dérision, sur ce que peut être la vie d'un habitant de Pingyao en 2007...


Tout d'abord, il naît. Il n'a pas la chance de voir le jour dans une famille de riches Pékinois modernes, mais son sort aurait pu être pire : Pingyao est une très jolie petite ville. Et il est déjà prêt à affronter les rigueurs de l'hiver ! (Photo Mireille)


Comme tous ses "camarades" de classe, notre jeune enfant de Pingyao va à l'école. A l'heure de la récréation, rien ne vaut l'universel "saute-mouton" pour se réchauffer les jambes !


Puis, après l'école, il faut marquer son territoire face au laowai qui cherche à nous prendre en photo. Mais curieusement, lorsqu'on luipose les questions que notre professeur nous a enseignées en Anglais, l'étranger répond en Chinois (ou essaye de le faire ;-)).

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Puis notre jeune ami grandit, et il est temps pour lui d'avoir son propre vélo, pour emmener ses copines sur le porte-bagages arrière. On devient un homme, un vrai... La classe ! (Photo Mireille)

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Mais les parades à vélo et les jeux entre amis laissent bientôt la place aux prblèmes des hommes. Il faut travailler, pour gagner de l'argent, pour survivre. Pingyao n'est pas une grande ville, et s'il y a bien un ou deux très bons élèves de la classe de notre jeune homme qui ont réussi à partir à l'université, il faut, comme tout le monde, aider la Chine à se développer. Ce sera donc le bâtiment... (Photo Anne-Sophie)

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Madame, en revanche, vendra des mian dans la rue. Une bonne cuisinière a besoin de bons outils de cuisson : ici, elle se contentera d'un feu de charbon dans un rondin de bois, alimenté par une pédale de vélo actionnée par la force des bras !


Heureusement, pour oublier le quotidien (et le froid !), on se retrouve entre hommes pour refaire le monde autour de quelques bières
et d'un bon jeu de cartes ! (Photo Mireille)

Gens-Pingyao-AS-1.jpg
Et pendant ce temps-là, Madame attend sur le seuil de la maison... les mian du soir (enfin vers 5h, on est en Chine...) doivent bientôt être prêtes. Oui, la maison ne paye pas de mine à première vue, mais à partir de la mi-novembre, nous avons le chauffage ! (Photo Anne-Sophie)


Quelques années plus tard, à l'approche des derniers hivers, on se remémore les bonnes choses de ce monde. Madame attend toujours sagement sur le seuil... (Photo Mireille)

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...pendant que Monsieur passe le relais aux petits-enfants. Ah la vie, quelle aventure !

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Espérons que les nouvelles générations de Pingyao auront les moyens d'en profiter !

J'aime beaucoup cette dernière photo. Nous passions à vélo sur la droite de la rue, pour regagner le carrefour central depuis le temple taoïste au nord-est de la ville. Et j'ai eu comme un flash en voyant ces deux petits enfants : il me fallait cette photo ! Les piles de mon appareil ne me laisseraient que le temps d'en faire une seule. Pas de voitures en face, je cadre, j'appuie... et hop, ça a marché ! Comme Pingyao, cette photo est hors du temps : les bâtiments sont dégradés, le vélo est usé, les lanternes ont déjà connu bien des hivers. Quelqu'un aurait très bien pu prendre la photo il y a cinquante ans ! Puis il y a ces deux petits enfants, qui comme vous l'avez vu ci-dessus, se préparent à des lendemains plus ou moins joyeux... et toujours plus froids, au moins jusqu'à ce que les températures remontent vers le mois de février !
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15 novembre 2007 4 15 /11 /novembre /2007 14:28
Après les bâtiments principaux de Pingyao, voici une deuxième série de photos, avec des prises en couleurs ou en noir et blanc dans les rues de la ville, pour vous donner une idée de l'ambiance unique qu'il règne à Pingyao.

Rues-Pingyao-2.jpg
Autant commencer par le début : la rue de notre merveilleuse auberge, avec cette petite porte.


Nan Dajie, 1900... ou presque. Comme vous le voyez, le froid avait découragé les touristes : tant mieux !
(Photo Anne-Sophie)


Imaginez vous deux rues perpendiculaires avec des dizaines de petites boutiques d'artisanat traditionnel comme celles-ci. (Photo Anne-Sophie)


Ce qui était vraiment génial, c'était de tourner au hasard dès qu'il y avait un embranchement. Pingyao n'est pas assez grande pour que l'on se perde vraiment, mais suffisamment variée pour nous surprendre à chaque virage.

Rues-Pingyao-4.jpg
Au détour des ruelles, quelques passages s'ouvrent...
(Photo Anne-Sophie)

Rues-Pingyao-AS-3.jpg
... vers une Chine aux conditions de vie bien différentes de ce que l'on voit à Wangfujing ou Pudong.
(Photo Anne-Sophie)

Toits-Pingyao-5.jpg
La fameuse organisation des habitats en siheyuan : quatre corps de bâtiments d'un seul étage, donnant sur une cour centrale. A Pékin, il est désormais rare d'en voir dans cet état-là (ou alors il en reste quelques-uns pour encore trois mois, mais avec un énorme gratte-ciel derrière...)

Rues-Pingyao-AS-1.jpg
Une belle photo carte-postale pour finir. Pingyao... un autre monde ! (Photo Anne-Sophie)

Rendez-vous demain avec les dernières photos, que je trouve les plus intéressantes : les gens de Pingyao.
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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 10:38
Bonjour à tous, pour cette première série de photos de Pingyao, je commence par le plus classique : les temples, les musées et les bâtiments principaux de la ville.


Voilà Nan Dajie, la grande rue centrale de Pingyao, qui correspond à l'axe nord-sud, avec le City Building au centre. Vous pouvez donc découvrir le style architectural général de cette charmante petite ville restée très bien conservée (photo Anne-Sophie).


Le Bâtiment central de la ville, véritable boussole de Pingyao.

Banque-Pingyao.jpg
Une des deux très anciennes banques du centre de Pingyao, dont les intérieurs nous permettent d'imaginer l'activité qui pouvait y régner il y a quelques siècles.

Monnaie-Pingyao.jpg
La forme des anciennes pièces de monnaie chinoises, avec un carré percé au milieu.


Les remparts de la ville, ici au soleil couchant...


La Porte du sud, qui ressemble en fait à une tête comme vous pouvez le voir ici : la porte rouge pour la bouche et les fenêtres rondes pour les yeux menaçants.


Si les trois autres faces sont droites, la muraille sud représenterait paraît-il les pattes d'une tortue. Chaque créneau du mur correspondrait à un étudiant du temple de Confucius (photo Anne-Sophie).


Le Temple du Dieu protecteur de la ville de Pingyao, le premier temple que nous avons visité, et peut-être le meilleur au final.


Mon appareil ayant connu quelques soucis de batteries ce week-end, je n'ai pas pu prendre toutes les photos que je voulais. Je remercie donc Anne-Sophie et Mireille de m'avoir permis d'en choisir quelques unes des leurs pour le blog. Ici, c'est encore Anne-Sophie.

Guerrier-temple-taoiste.jpg
Un des gardiens du Temple taoïste de Qingxu, au nord-est de la ville.

Temple-Pingyao-AS-1.jpg
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Je vous laisse avec ce petit symbole Ying et Yang qui vous fera patienter jusqu'aux autres photos de demain. Elles seront plus originales et plus intéressantes, mais je tenais quand même à commencer par celles-ci pour vous donner une première idée de la particularité de la ville. Pékin devait certainement ressembler à Pingyao au début du XXe siècle... cela a bien changé depuis.
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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 09:53
Val----Pingyao.jpg
Comme toutes les villes chinoises, Pingyao a sa Nanmen (Porte du sud).

Après le Taishan et Qufu en septembre, puis Xi’an et Chengde en octobre, mon voyage du mois de novembre était ce week-end à Pingyao. Pingyao se trouve approximativement à mi-chemin entre Pékin et Xi’an, dans la province du Shanxi.


Cette petite ville provinciale est très célèbre pour l’authenticité qu’elle a su garder à travers les siècles. On m’en avait beaucoup parlé, et Pingyao semblait donc être une destination idéale pour s’aérer après une semaine d’examens. Nous sommes donc partis à huit vendredi soir en train, formant un groupe très européen avec des origines françaises, belges et allemandes, mais aussi très féminin puisque parmi les garçons tentés par le voyage initialement, seuls Jonas et moi sommes finalement venus.


Notre groupe, avec de gauche à droite : Marine (Aix-en-Provence), Jonas (Heidelberg), Cécile (Aix-en-Provence), Mireille (Sciences Po), Anne-Sophie (Bruxelles), Lynn (Heidelberg) et Anne (Heidelberg).

Nous avons été réveillés par le froid matinal de Pingyao : -2°C samedi à 7h30, et encore moins dans la voiturette de l’auberge qui est venue nous chercher à la gare ! L’auberge mérite vraiment une petite publicité. Situé dans le cœur de Pingyao, proposant une ambiance unique, un grand confort et un bon petit déjeuner, offrant chauffeur aller-retour pour la gare, et fournissant les vélos pour dix kuai la journée, ce Zhengjia International Youth Hostel nous a séduit. D’autant que tous ces services ne nous ont coûtés au final que… quatre euros par personne !


La ravissante cour de notre charmante auberge, vue de jour...
et à l'aube.

Auberge-nuit.jpg
Affiche-Mao.jpg
"700 millions d'hommes, 700 millions de soldats" : l'affiche de Mao que j'ai dans ma chambre n'est pas mal, mais elle ne rivalise pas avec celle de l'hôtel de Pingyao !

Grâce à nos vélos, nous avons pu arpenter la ville pendant toute la journée de samedi. Entourée par ses hauts murs, la vieille ville de Pingyao est d’une taille idéale, puisqu’elle offre deux grandes rues commerçantes très charmantes, de nombreux petits temples et musées qui se visitent rapidement et qui sont peu fréquentés en cette saison, mais aussi des quartiers d’habitation très préservés, le tout sans circulation de voitures ou presque. Les balades à vélos sont par conséquent très agréables, et permettent de découvrir une Chine traditionnelle qui correspond bien à l’image que l’on peut s’en faire depuis l'Occident. Petits siheyuan en pierre grise, rues plus ou moins délabrées, conditions de vie modestes et sûrement très difficiles (surtout pendant les rigueurs hivernales !), avec des populations globalement très accueillantes. Les enfants surtout sont très attachants, d’abord parce qu’ils sont la plupart du temps très ouverts et souriants, et puis parce qu’ils parlent un Chinois bien plus compréhensible que leurs aînés ! Tout le week-end, nous en avons entendu des "Hello, laowai !", mais le sens n'est pas si péjoratif, en tout cas dans la bouche des enfants. Car malgré la renommée de Pingyao, les populations locales sont moins habituées à voir des étrangers que les habitants désormais blasés de Pékin.

Val-Enfants-Pingyao-MM.jpg
Mes nouveaux amis chinois...

Tout au long de la semaine, j’aurais l’occasion de revenir en images sur Pingyao, avec les meilleures photos prises par Mireille, Anne-Sophie et moi-même.

Enfin, après une nuit réparatrice, nous avons pris un premier train pour nous rendre à Taiyuan, car il n'y a pas de train retour passant par Pingyao. Taiyuan est la capitale du Shanxi, elle ne représente pas grand intérêt (en tout cas à l’intérieur de la ville, car il y a, paraît-il, des sites intéressants autour, mais c'était trop loin pour nous). Après notre escale à Taiyuan, nous avons donc pu rejoindre Pékin, au terme d’un long et éprouvant voyage de huit heures dans un train bondé. Car pour parfaire votre connaissance des trains chinois, je dois vous dire qu’une fois que tous les billets sont vendus, les gens ont encore la possibilité de prendre le train, à condition… de rester debout ! Or je n'ai décemment pas pu m'empêcher de céder ma place à une vieille dame qui n’avait pas de siège. Avec Lynn et Anne, nous avons donc passés la majeure partie du temps à trois sur une banquette pour deux, dans un train surchauffé avec une succession de musiques insupportables, et une agitation constante ! Mais cela fait partie de l’aventure ! Oublions donc les quelques mauvaises expériences, et gardons uniquement le meilleur de ce week-end très intéressant, qui, tout compris (train, auberge, nourriture), nous aura coûté moins de trente-cinq euros chacun ! Cela vous fait rêver, n'est-ce pas ? Alors venez en Chine dans l'année !

A demain pour plus de photos et de commentaires.
XB
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4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 11:44
Je peux enfin mettre en ligne le deuxième montage sur mon voyage à Xi'an, après plus d'une semaine dont la majorité des soirées ont été consacrées à sa réalisation. Certes, le voyage a été effectué il y a un mois désormais, mais j'avais encore beaucoup de photos et de commentaires à vous présenter.
Ce montage est beaucoup plus long que le premier (6'20). Il est très certainement perfectible, mais j'apprends petit à petit à me servir du logiciel. Il a fallu tout d'abord sélectionner les photos les plus réprésentatives parmi les cinq cents clichés que j'avais à ma disposition, puis les mettre en page de manière un peu plus recherchée que d'habitude. Cela m'a pris un certain temps, mais le plus dur, c'est l'enregistrement de la voix-off ! J'y ai passé trois soirs, entre l'écriture des textes et tous les essais nécessaires (près de 80 si l'on compte tous les ratés de tous les passages !), car il y a toujours un problème de son, un voisin qui passe bruyamment dans le couloir, un coup de téléphone, une hésitation trop longue ou un mot oublié. Comme les extraits sont enregistrés séparément, j'ai une voix plus ou moins enrhumée selon le moment de l'enregistrement... Bref, cela mériterait un making-of, avec les ratés les plus drôles et tous les "p*****" de frustration !
Toujours est-il que je préfère arrêter là le travail sur cette vidéo. Je pense qu'elle contient assez de belles réalisations des artistes et architectes chinois pour que vous me pardonniez les imperfections dans la forme ! Et puis j'ai surtout mes examens de mi-semestre qui m'attendent, et si la réalisation du montage me servait d'alibi jusqu'à hier, je suis désormais obligé d'affronter les révisions !
Le dernier volé de cette "trilogie" sera plus court, et, je l'espère, mieux réalisé. Il sera consacré à l'attrait le plus célèbre de Xi'an : l'armée en terre cuite de Shi Huangdi, premier Empereur Qin. J'ajouterai également quelques éléments découverts sur le site Han de Yangling, moins célèbre, mais au contenu fascinant.

Voilà, je vous laisse découvrir le montage, que vous pouvez revoir ou pauser quand je passe trop vite sur certaines planches qui vous intéressent particulièrement.
A très bientôt,
Val

 



Si vous rencontrez des problèmes pour voir la vidéo (coupure à droite sur les PC), elle est disponible sur le serveur d'over-blog : Wat.tv, donc il faut double-cliquer sur le vidéo.
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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 16:21
Comme je vous le disais dans mon bref article sur Xi'an, les voyages  se sont enchaînés, puisque j'ai eu l'occasion de partir 36h à Chengde (承德), à 200 kms au nord de Pékin. Cette ville, méconnue en Occident, est assez importante en Chine, puisqu'elle accueille l'ancien Palais d'été des Empereurs Ming et Qing (les deux dernières dynasties, du XVIIIe au début du XXe). Alors certes, il y avait déjà un Palais d'été plus qu'appréciable à Pékin, mais il fait trop chaud en été dans la capitale. Chengde, avec ses montagnes environnantes, est bien plus fraîche, et la cour impériale s'y déplaçait donc pour éviter les grandes chaleurs pékinoises. J'aurais l'occasion de vous détailler plus tout cela, puisque des passages importants de l'histoire chinoise, notamment dans ses relations avec l'Occident, se sont déroulés dans les palais de Chengde.

Carte-Chengde.jpg
Ce qui est plus croustillant pour le moment, c'est de vous raconter le cadre de ce voyage. Cécile et Lisa, étudiantes à Sciences Po Aix voulaient tenter un voyage en groupe. Sauf que dans le groupe, il y avait nous trois et... trente Chinois ! Heureusement, Lisa, avec ses douze ans de Chinois derrière elle, était capable de tout nous traduire, mais on a eu un peu peur les premières heures. Surtout que le voyage en Chinois avec un groupe est nettement moins souple que le voyage "à la chinoise" que nous avons pu expérimenter à Xi'an. En effet, nous sommes "une grande famille", donc on reste tous ensemble de la première à la dernière minute, on voit tout ensemble, et on écoute les guides... Sauf qu'un temple chinois expliqué en Chinois, c'est au-dessus de nos petites compétences linguistiques, et l'idée d'attendre que les trente membres de notre famille se prennent en photo chacun à leur tour devant les dizaines de portes successives du palais, cela ne nous enchantait guère. Par chance, le rythme s'est accéléré après, avec la visite en mini-bus puis en bateau du gigantesque parc du palais.


Le plan de la modeste résidence secondaire impériale :
plus de 560 hectares !

Comment ne pas mentionner notre exceptionnel chauffeur de bus... Un vrai phénomène : il joue à GTA en vrai pour faire simple ! Il essaye de frôler tous les piétons qu'il voit, en faisant rugir moteur et klaxon, il accélère lorsqu'il approche des parties les plus défoncées de la chaussée, histoire de secouer tout le bus, Il prend les routes à contre-sens pour éviter un détour de cent mètres, en klaxonnant en continu pour prévenir tout le monde de son passage. On a eu peur la première fois, puis on s'est dit que les conducteurs de Chengde doivent avoir l'habitude de sa conduite ! Le soir, nous avons également goûté aux joies des hôtels miteux (au premier sens du terme : avec cafards, guêpes et papillons de nuit dans la chambre !), mais cela fait partie de l'aventure, et il en reste des bons souvenirs à raconter sur le blog ;-)


Voyons les choses du bon côté : j'aurais au moins appris à dire "guêpe" en Chinois : mifeng !

Et aujourd'hui, nous avons visité trois temples successifs. En effet, dans leur politique d'apaisement des relations avec les Mongols et les Tibétains, les Empereurs ont fait construire une douzaine de temples autour de leur palais. Et comme il fallait impressionner positivement les autorités religieuses, bouddhistes notamment, les sites sont effectivement de très belle facture.

Devant la quantité de photos de Xi'an et Chengde à mettre sur le blog, je vais tenter d'innover un peu. Je ne peux pas vous en dire plus pour l'instant, mais j'espère vous montrer le résultat d'ici la fin du week-end.

@+
V
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3 octobre 2007 3 03 /10 /octobre /2007 09:31
Bienvenue----Xian.jpg
西安欢迎你!

Carte-Xi-an.jpg
Xi'an, capitale de la Province du Shaanxi, sur la Route de la Soie.

Bonjour !
Me voilà rentré de ces quatre jours très intéressants à Xi'an (西安). Nous avons été un peu surpris par le froid des premiers jours, mais autrement, tout s'est très bien passé. Avec Yacine, nous avons privilégié l'idée de partir avec nos partenaires linguistiques afin de vivre l'aventure à la chinoise, et c'est vrai que si nous étions restés qu'entre Français, nous n'aurions peut-être pas fait le même voyage.
Tout bon voyage en Chine commence par le train. Et lorsque les Chinois ont leurs quelques jours de congés, ils voyagent... en masse ! Les gares sont surchargées, ça bouge, ça crie dans tous les sens. Pour pousser un peu plus le vice, nous avons pris des places sur sièges (donc pas de couchettes), c'est moins cher, et nettement plus drôle. Sauf que 11h de nuit assis à trois sur une banquette, avec la lumière qui reste allumée tout le voyage, c'est très vite moins amusant ! En gros, on n'a quasiment pas dormi à l'aller, et un peu plus au retour.


Et pourtant, eux, ils y arrivent...

Train-2.jpg
Enfin, ils s'arrangent... Cette photo est prise du dessus, il y en a un qui dort à moitié allongé sur la banquette (en marron), et un en dessous, à même le sol (en rose).

Bref, le train, c'est sportif... mais c'est cela qui nous intéressait aussi. Voyager comme de vrais Chinois, cela nous a été rendu possible grâce à nos trois complices qui avaient très bien organisé la chose. Nous avons donc dormi à l'université plutôt que dans un hôtel. Nous mangions dans des restaurants de xiao chi pour les locaux (小吃 : littérallement, "petit manger"). Nous avons été guidés par d'anciens camarades de classes des filles, qui étudient désormais à Xi'an. Nous avons tout fait en bus ou presque, et à notre rythme, sans passer par tous les coins à touristes. Nous avons même assisté au spectacle du 1er octobre (Fête nationale de la République populaire de Chine) au milieu de Chinois interloqués de voir deux étrangers parmi eux. Bref, c'était une belle aventure.
Il faut dire que le cadre s'y prêtait. Xi'an a été pendant des siècles le centre politique et culturel du monde chinois, et si le tour des endroits intéressants de la ville est assez vite fait, le principe est de sortir en direction des tombeaux, musées et autres sites archéologiques des alentours. Les sources Huaqing, la fameuse armée en terre cuite du premier Empereur Qin, le tout nouveau musée du site de Yangling autour du tombeau d'un Empereur Han... tout cela sera raconté plus en détail au fur et à mesure, une fois que j'aurais fait le tri de mes 450 photos.

Val-Pingmayong.jpg
Devant une partie de l'armée en terre cuite.

Groupe-Xian.jpg
Je ne connais pas tous les caractères de leurs noms chinois, donc je vous présente, en Français, Isabelle, Denise et Alicia, qui, tout au long de l'année nous aideront en Chinois en échange de notre aide en Français, et qui, le temps de ce voyage, nous ont fait découvrir Xi'an à la chinoise.

Je vais avoir l'occasion de repartir une journée et demie à Chengde, une ville de la banlieue nord de Pékin qui servait de résidence d'été aux Empereurs, donc il faudra de nouveau attendre quelques heures pour les articles complets sur la place de Xi'an dans l'Histoire de la Chine et sur nos visites de la ville, de ses musées et des tombeaux impériaux.

@+, et merci pour vos visites, constantes depuis cinq jours alors que je ne pouvais pas ajouter de nouveau contenu. Enfin, pour le quiz, vu qu'il y a de très bonnes réponses et que vous avez eu suffisamment de temps pour méditer dessus, je vais le clôturer. Résultats en haut à droite du blog.

Val
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27 septembre 2007 4 27 /09 /septembre /2007 18:28
Le deuxième jour de notre week-end dernier était consacré à la visite de Qufu, une ville à une heure et demi de bus de Taian et du Taishan. Cette ville tire son intérêt et sa célébrité de son plus illustre citoyen : l'incontournable Maître Kong (孔子 ou 孔夫子, Kongfuzi, que les Jésuites ont latinisé en Confucius). Kongzi est en effet né à Qufu en 551 av.JC, en pleine période des "Printemps et Automnes", alors que la ville était la capitale de la Principauté de Lu (je reviendrai sur ces pages importantes de l'Histoire chinoise plus tard dans l'année). Confucius a donc vécu et enseigné dans cette ville où il a fini ses jours en 479 av.JC. Le visiteur aura donc droit à la Maison de Confucius, au Temple de Confucius, à la forêt de Confucius et enfin à la Tombe de Confucius. Tous ces lieux ont été agrandis, restaurés, embellis par tous les Empereurs successifs, qui voulaient adosser leur marque au côté du Grand Maître.

22--Qufu.jpg
La visite du Temple débute par une série de portiques qui débouche sur une enfilade de petits temples. Le chemin qui y conduit est divisé en plusieurs lignes hiérarchiques : l'Empereur marchait au centre, ses concubines à sa droite, des soldats à sa gauche etc. Les petits pavillons contiennent des stèles où sont gravées les enseignements de Confucius, où l'interprétation qu'en ont fait ses élèves ou les Empereurs venus en pélerinage. Après ces cours successives, nous pénétrons enfin au coeur du Temple, avec notamment l'Autel des Abricotiers (杏坛 : xingtan), qui a été construit bien plus tard, à l'emplacement où Confucius enseignait. Ces abricotiers sont en quelque sorte l'équivalent du portique (stoa) où les stoïciens philosophaient. Juste derrière se trouve la "Salle de la Grande Perfection", qui contient la statue de Confucius, mais une fois de plus, les photos d'intérieur étaient interdites. Mais les colonnes extérieures sont d'une grande finesse. La dernière grande salle de l'alignement contient des stèles de bois calligraphiées, mais l'éclairage étant très faible, on ne distinguait pas grand chose malheureusement. Il faut savoir que tous ces pavillons ont été plusieurs fois détruits et rebâtis, selon la compatibilité des régimes avec l'héritage confucéen, depuis le Premier Empereur Shi Huangdi des Qin, qui fit un autodafé de tous les écrits de Confucius qu'il pu trouver au IIIe siècle av.JC jusqu'au passage plus récent de la Révolution Culturelle. Enfin, une dernière stèle dans une cours à l'est retrace l'arbre généalogique direct de Confucius, jusqu'à la... 54e génération de ses descendants !


Les fameux abricotiers et le Pavillon de la Grande Perfection.
 

C'est justement en passant à l'est que l'on accède à la Maison des Descendants de Confucius. Mais pour le coup, nous avons trouvé cela moins intéressant, peut-être aussi parce que nos estomacs criaient famine ! Vint enfin la Forêt, où l'on trouve des centaines de tombeaux de toute la lignée du Maître, ainsi que la sienne bien entendu. Il faut traverser tout d'abord la rivière Zhu, vénérée par les adeptes de Confucius, parce qu'elle aurait retournée les atteintes néfastes perpétrées par l'Empereur Qin à l'encontre les descendants de Kongzi, en privant l'Empereur de son fils et de sa dynastie, pour laisser la place aux Han. La tombe du Maître se trouve à proximité de celles de Kongzi, son unique fils, et de Kongji, son petit-fils et disciple.

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Ces deux-là me rappellent l'Argonath dans Le Seigneur des Anneaux, vous savez, les deux statues numénoriennes sur le fleuve Anduin dans La Communauté de l'Anneau.


Et voilà la tombe du Maître.

Voilà pour les grandes lignes de notre visite des lieux importants de la ville du "Maître pour dix mille générations". Je consacrerai des articles plus précis et plus complets à la philosophie de Confucius et à son impact sur l'histoire chinoise et la Chine actuelle. Sachez juste que son aura immense ne viendra qu'à titre posthume, notamment par l'intermédiaire de Mencius, l'un de ses disciples les plus connus. J'espère en tout cas que mes petits compte-rendus du Taishan et de Qufu vous auront intéressés autant que le voyage nous a plu le week-end dernier. Vous trouverez plus de photos dans l'album consacré. Désormais, d'autres aventures et d'autres découvertes m'attendent dans la mythique ville de Xian !
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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 16:21
Bonsoir,
avec quelques heures de retard dues à la reprogrammation de l'interface des blogs par les équipes d'over-blog, je vais donc vous raconter un petit peu plus en détail l'histoire de ce fameux Mont Taishan (泰山). Vous pouvez le repérer géographiquement sur la carte qui se trouve dans l'article précédent.

9--Taishan.jpg
Vous le verez mieux quand les photos seront dans l'album en plus grand format, mais la masse qui se dégage à l'horizon est le massif montagneux d'en face. Cela donne un effet magnifique, encore plus impressionnant en réalité.

Le Taishan, centre du monde chinois.
Au commencement, tout n'était que chaos. De l'oeuf originel naquît Pan Gu (班固), qui, grandissant chaque jour, écarta le Ciel (yang) de la Terre (yin). Après 18 000 ans d'efforts, Pan Gu s'éteignit. Ses yeux devinrent le Soleil et la Lune, son sang se répandit en mers et fleuves, son souffle engendra le vent, et de ses cinq membres émergèrent cinq montagnes. Le Taishan est issu de la tête de Pan Gu, d'où son importance centrale dans les cultes officiels et populaires chinois. Chaque Empereur devait y venir en pélerinage, en y laissant une trace gravée sur les pierres qui longent l'ascention, mais rares furent ceux à atteindre le sommet. Confucius, en voisin, y vint également.



3--Taishan.jpg
L'ascention du Taishan.
L'ascention complète dure plus de sept heures, en partant de la ville de Taian (泰安). Pour notre part, nous sommes partis du la "Porte Médiane pour gagner le Ciel" (中天门), là où le chemin laisse la place à des escaliers sans fins. Contrairement aux randonnées dans les Alpes, où les chemins serpentent pour réduire la pente, les Chinois construisent des marches en traçant tout droit vers le sommet. Ainsi, le pourcentage de certains passages doit dépasser gentiment les 30%. Après une grosse heure d'ascention sous un soleil de plomb, la Porte Sud vers le Paradis (南天门) se dévoile enfin. Puis, un temple se trouve un peu plus haut.


Voilà la Porte Sud du Paradis si vous êtes intéressés... Notez que les caractères s'écrivaient encore dans l'ordre et le style traditionnel à l'époque, donc de droite à gauche.

Selon les légendes chinoises, j'ai acquis une longévité centenaire au terme de ces quelques marches qui s'enchaînent sur 600 m de dénivelé. Je me contenterais pour le moment des magnifiques paysages qui s'offraient à nous depuis le sommet.


Le panorama vers le nord-ouest, plus aride.


Parfait exemple de
siheyuan.


Pour finir, ma préférée comme d'habitude. Cette fois, c'est un paysage :

10--Taishan.jpg
Une nature riche, un temple à droite de la photo, qui se détache sur une mer de brume d'où émergent de manière irréelle les monts d'en face : on n'était vraiment pas si loin du paradis finalement...
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24 septembre 2007 1 24 /09 /septembre /2007 05:30
Bonjour à toutes et tous.
Nous voilà revenus de notre intense week-end à Taian et Qufu. Je n'ai pas le temps de tout raconter tout de suite, et j'ai encore beaucoup de photos à trier, mais voilà un premier aperçu de ce week-end ensoleillé.


Vous ne devez pas y voir grand chose vu l'échelle de ma carte, mais ce sont les deux points rouges à l'est de la Chine. L'autre point rouge étant Pékin.

Partis vendredi soir de Pékin, nous avons pu tester pour la première fois les fameux trains chinois. Nous étions sur "couchettes dures", er c'était déjà très suffisant comme confort. Hai keyi comme l'on dit ici. Arrivée à Taian à 6h samedi, l'imposant Taishan dévoilait sa silhouette dans la légère brume matinale.

Taishan-TaiAn.jpg
Un ouvrier modèle pour nous accueillir à la gare, et le Taishan en fond.

Taishan-1.jpg
Le Taishan, une des cinq montagnes sacrées de la Chine.

Group-Taishan.jpg
Nous avons eu énormément de chance car l'ascention s'est faite sous le soleil, alors que dimanche était plus couvert. La montée était moins difficile que la section finale de la Muraille à Mutianyu, mais l'effort est beaucoup plus long, puisqu'il y a une heure et demi d'escaliers, souvent au-delà des 20% de pente, à grimper. Mais le spectacle au sommet de cette montagne sacrée en valait vraiment la peine. Je n'en dis pas plus pour le moment.


Taishan-paysage.jpg
非常美的风景, isn't it?

Le soir, nous avons eu un repas... déroutant, puisqu'aucun des plats ne semblait comestible pour un être humain (occidental du moins). La plupart du temps, nous ne savions même pas ce qu'il y avait dans les plats, et les serveurs n'étaient eux-mêmes pas très sûrs ! Le dimanche, c'était bien meilleur heureusement...


Le début du repas... et la fin aussi vu que tout cela était très étrange comme nourriture : hen qiguai comme on dit en Chine.

Le dimanche était consacré à la ville de Qufu, à une heure au sud du Taishan. Qufu était la ville de Confucius. Nous avons donc eu le droit à "sa" maison, "son" temple où il enseignait, puis "sa" tombe au milieu de "sa" forêt. Très intéressant, mais peut-être un peu long, surtout lorsque l'on meurt de faim et que l'on doit attendre les retardataires du groupe ! Mais ce week-end a aussi permis d'élargir le cercle des connaissances au-delà desfrancophones et des camarades de classes.

Groupe-Qufu.jpg
Enfin, nous sommes rentrés ce matin à 5h pour aller en cours. Heureusement, je n'en avais pas ce matin, mais je vais devoir vous laisser puisqu'il est déjà midi chez nous. Après cette petite mise en bouche, je ferai des compte-rendus plus complets tout au long de la semaine.
Bonne journée !
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