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Bienvenue sur mon blog !

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Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

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31 décembre 2007 1 31 /12 /décembre /2007 03:52
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Autre film vu à Sciences Po, en Chinois sous-titré Chinois alors que nous n'avions pas le niveau pour suivre, Wo de fuqin muqin (我的父亲母亲) est très célèbre en Chine. Mais je ne suis pas sûr qu'il soit sorti chez nous, puisqu'il ne dispose que d'un titre en Anglais (The Road Home). La traduction littérale du titre chinois est simplement "Mon père et ma mère". Si le film est très connu ici, c'est parce qu'il a été réalisé par Zhang Yimou à une époque (1999) où il ne tournait pas encore de grands films "historiques" à très gros budget (Hero, Le Secret des Poignards Volants, La Cité Interdite). Et surtout, ce film marque le premier grand rôle de Zhang Ziyi, le symbole du cinéma chinois des années 2000.

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L'histoire est à 90% composée d'un flashback. Luo, un urbain de la Chine moderne rentre dans son village natal du nord du pays pour l'enterrement de son père. Il raconte alors l'histoire de la formidable rencontre, des années auparavant, entre son père, envoyé au village pour en être le nouveau professeur, et sa mère, paysanne vivant dans la pauvreté avec une grand-mère aveugle. C'est loin d'être mon film préféré, mais si vous aimez les grandes histoires d'amour semées d'embûches, et que vous n'avez pas peur du kitsch des ralentis avec les cheveux dans le vent et compagnie, le film peut vous intéresser... à condition qu'il soit disponible en France bien sûr ! Il y a quand même un élément intéressant que je retiendrai : la description des campagnes chinoises isolées. J'ai retrouvé le même genre d'ambiance en Mongolie Intérieure.
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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 14:52
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Il faut quand même parler d'un film un peu plus sérieux que Rush Hour ou Shaolin Soccer, pour ne pas perdre la cérdibilité que j'essaie de donner au blog ;-) Alors pour aujourd'hui, ce sera In the Mood for Love. Une grande partie d'entre vous a certainement déjà vu ce grand film de Wong Kar-wai, sorti en 2000. Une nouvelle fois, l'intrigue se passe à Hong Kong, au début des années 1960. Chow Mo-wan et Chan Li-zhen emménagent le même jour dans le même immeuble. Chow est journaliste, Chan est standardiste. Tous deux, ils découvrent que leurs époux respectifs ont des relations cachées. Ce secret qui les choque et qu'ils n'osent affronter va les rapprocher, jusqu'à ce qu'il leur soit nécessaire de se voir pour oublier leur situation. Mais les voisins finissent par avoir des doutes, ce qui rend cette relation définitivement impossible et donc inachevée.

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C'est beau, c'est triste et... c'est lent ! Mais après tout cela fait partie de l'ambiance du film, avec une superbe bande originale que ma mère écoute toujours en boucle sept ans après ;-). Ce qui n'avait pas aidé lorsque j'ai vu le film, c'est que nous étions en cours de Chinois, en première année, et que le film était en Chinois sous-titré Chinois, un peu dur pour un début ! Mais rétrospectivement, je garde quelques images fortes du film, des lieux, et des deux personnages principaux, très bien interprétés par Maggie Cheung et Tony Leung encore une fois. Le film est très connu en France, puisqu'il a reçu les honneurs de Cannes et des Césars,donc si vous ne l'avez pas encore vu, In the Mood for Love est assurément un incontournable !
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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 14:29
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Petit intrus dans cette sélection de la dizaine de film chinois que j'ai vu jusqu'à présent, Rush Hour 2 est l'un des seuls films avec Jackie Chan que je crois avoir vu en entier. Or, comment ne pas parler de Jackie Chan dans au moins un des articles consacrés au cinéma chinois (sino-taïwano-hongkongais en réalité, même s'ils sont très liés). Avant le basketteur Yao Ming, Jackie Chan est la première star de l'Empire du Milieu que nous avons vu sur les grands panneaux publicitaires à notre arrivée à Pékin fin août. En plus de son immense renommée ici en Chine, Jackie Chan est l'un des acteurs asiatiques les plus connus dans le monde, et depuis quelques temps déjà. Rush Hour est donc un intrus dans cette sélection, mais bien divertissant, surtout pour un public jeune et familial (le film date de 2001, donc ce qui m'amusait il y a six ans serait peut-être ridicule aujourd'hui). Pourquoi le deuxième épisode en particulier ? Car l'action se déroule à Hong Kong, et parce qu'en plus de Jackie Chan, Zhang Ziyi figure au casting. Et puis, c'est l'un des premiers films en lien avec la Chine que j'ai vu !

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Si vous n'avez pas vu le premier épisode, ce n'est pas grave, il se déroule aux Etats-Unis, où l'inspecteur Lee (Jackie Chan) est envoyé en mission et fait équipe avec l'agent James Carter (Chris Tucker). Une fois cette première enquête résolue, l'agent Carter est accueilli par l'inspecteur Lee pour des vacances à Hong Kong. Manque de chance, une bombe de la triade explose à l'ambassade des Etats-Unis... "Les poings les plus rapides de l'Est et la plus grande gueule de l'Ouest" s'allient de nouveau pour un enchaînement d'humour et de cascades qui, lorsque j'avais quatorze ans, m'avait bien plu. Amusez-vous bien !
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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 13:54
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D'un côté, Ming (Andy Lau), taupe au sein de la police pour le compte de Sam, un patron de la triade hongkongaise. Lieutenant modèle et efficace, il devrait bientôt être promu. De l'autre côté, Yan (Tony Leung), taupe au sein de la triade pour le compte de la police. Dix ans de délits témoignent de son implication sans faille au service de Sam. Wong, le chef de la police compte lancer une vaste opération pour arrêter définitivement Sam. Les taupes vont jouer leur rôle jusqu'à ce que leurs routes se croisent et que leurs choix moraux troublent leurs jeux...

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Ce scénario ne vous rappelle rien ? Les Infiltrés, de Martin Scorsese avec Leonardo diCaprio et Matt Damon, Oscar du meilleur film l'an dernier ? C'est justement le remake américain d'Infernal Affairs (无间道). Selon moi, l'original est encore meilleur que la version de Scorsese. La réalisation de Andrew Lau et Alan Mak (pour les films de Hong Kong, les noms d'acteurs et de réalisateurs sont souvent anglicisés) est excellente, le scénario est halletant et plein de rebondissements, les acteurs sont magistraux... Il y a également un prologue et une suite qui ont été réalisés par la suite, mais je ne les ai pas encore vus. Mais vous pouvez déjà voir ou revoir celui-ci, car c'est vraiment un très grand film policier !
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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 13:17
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Commençons par l'un des films les plus drôles de ma sélection. Un film destiné à tous les publics, mais plus particulièrement aux garçons : Shaolin Soccer (ou 少林足球 en mandarin). Derrière ce film qui peut ne pas sembler très sérieux se cache le plus gros succès de l'histoire au box-office hongkongais. En 2001, le film de la star Stephen Chow a même reçu sept prix dont celui de meilleur film lors des Hong Kong Film Awards.

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Bien entendu, il ne faut pas chercher l'intérêt du film dans son seul scénario. Fung, alias "Pied Droit d'Or", était un bon footballeur, mais après une défaite, il se fait casser la jambe... je ne sais plus exactement par qui, mais toujours est-il qu'il ne peut plus jouer au football ! Plus tard, il découvre Sing (Stephen Chow), un spécialiste des arts martiaux, qui possède une frappe de balle hors du commun. Fung décide alors de monter une équipe de "kung-foot" à la sauce moines Shaolin, pour prendre sa revanche sur le passé. Les bons effets spéciaux pour l'époque donnent un petit côté Olive et Tom au film, et les cascades raviront les fans de ballon rond !
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27 décembre 2007 4 27 /12 /décembre /2007 13:32
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Prolongement direct du cinéma en Chine, le DVD s'est imposé grâce à son prix défiant toute concurrence : de 5 à 12 yuan suivant la qualité du disque et de la pochette, voire la présence d'un boîtier. Soit en moyenne moins d'un euro pièce. A ce prix-là, pas la peine de télécharger soi-même les films pour les Chinois ! Les meilleurs magasins proposent même des coffrets avantageux avec l'intégrale d'un grand réalisateur ou d'un grand acteur. Le même système existe pour les séries américaines, avec des coffrets avoisinant la centaine de DVD qui contiennent les dix-huit saisons des Simpsons ou les dix saisons de Friends. Il est très facile de se procurer les DVD, que ce soit dans des petits magasins spécialisés ou simplement dans la rue à quelques mètres de l'université. On est vite tenté de se faire une impressionnante DVDthèque, mais au final, on n'a pas le temps de regarder tous les films que l'on achète. Il est surtout intéressant d'acheter des films chinois, sur lesquels je me concentre maintenant car on ne peut pas tous les trouver chez nous.

Le problème dans ce cas-là, c'est la langue ! Et là, c'est vraiment aléatoire, car la pochette peut annoncer des sous-titres en Anglais... et bien sûr il n'y a au final que du Chinois. Le pire, rappellez-vous, était le film The Sun Also Rises, qui en plus de son histoire bien compliqué était à 75% en dialecte du sud de la Chine et à 25% en Russe ! Mais il y a parfois des bonnes surprises, et lorsque les dialogues sont en Chinois et les sous-titres en Anglais, cela aide énormément pour la compréhension orale ! Malgré les mauvaises surprises linguistiques, je n'ai jusqu'à présent jamais découvert que le DVD ne contenait pas le film que je souhaitais. Mais il arrive que les DVD ne marchent tout simplement pas sur nos ordinateurs, ou que l'image soit très endommagée (surtout dans le cas des DVD à 5 yuan). Notez qu'il y a aussi quelques films français, comme Contre-enquête avec Jean Dujardin ou Le Papillon avec Michel Serrault. Mais les deux films français les plus connus en Chine sont Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain et... Taxi, que tout le monde semble connaître et apprécier. Vive la culture française !

Mais le plus drôle au final, ce sont les jaquettes, qui présentent les traductions phonétiques des noms d'acteurs occidentaux et surtout... des résumés au verso. Or il se trouve que les Chinois qui téléchargent les films et font les jaquettes ne parlent parfois pas Anglais. Cela entraîne des coquilles monstrueuses lorsqu'il s'agit de recopier le commentaire d'un critique du New York Times. Il arrive qu'une phrase ne contienne pas un seul mot bien orthographié. Encore plus amusant, lorsque le commentaire recopié est mauvais, on assiste à des massacres en règle. Je me souviens du commentaire très violent sur la jaquette du film 300, qui disait que le film était honteusement décadent et qu'il ne méritait pas d'être vu. Pour vendre un film, il y a mieux ! Comme par exemple, le boîtier d'un classique occidental dont j'ai oublié le nom, et dont le commentaire correspondait à peu près à : "Le film est beaucoup trop long et très ennuyeux, mais si vous devez tuer un dimanche après-midi pluvieux..." !

J'ai gardé la jaquette qui m'a fait le plus rire pour la fin : le Da Vinci Code, avec Tom Hanks. Sur le verso de la jaquette, cette phrase d'accroche sensée faire vendre le film : "Jim Carrey is the funniest man in Amorica"! Je ne sais pas ce qui est le plus incroyable entre le commentaire sur Jim Carrey qui n'est pas du tout dans le film et la faute de haut niveau : "Amorica" à la place d'America.

De toute façon, le plus important, c'est le film, et je rattraperai mon retard ce week-end, avec les commentaires des quelques films chinois qui m'ont le plus plu ou le plus intrigué.
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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 03:50
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The Warlords de Peter Chan est le grand film de cette fin d'année en Chine. Il était donc naturel que je commence par lui, d'autant que c'est le seul que je sois allé voir au cinéma. Au sommaire de ce Tou Ming Zhuang (投名状, le nom chinois), un passage de la fin du XIXe siècle, qui a visiblement déjà servi de base à d'autres films. En 1870, l'Empire des Qing, gouverné par une Cixi tyrannique, n'est pas au mieux. Des groupes de bandits se rebellent. Le brillant général Ma Xinyi (interprété par Jet Li) découvre un de ces groupes, et lie son destin à ceux des chefs du groupe : Cao Erhu (Andy Lau) et Zhang Wenxiang (Takeshi Kaneshiro). Ils deviennent des frères de sang par un pact symbolique : "Nous ne sommes pas nés le même jour, mais nous voulons mourir le même jour."
Un autre personnage va semer le trouble dans ce trio, Lian (Xu Jinglei), la femme de Erhu dont Dage ("grand frère", le surnom du personnage de Jet Li) va tomber amoureux. Les trois hommes sont ambitieux, mais ne font pas toujours les mêmes choix moraux. Ces divergences stratégiques, ce triangle amoureux, ajoutés aux intrigues obscures de la cour impériale, aboutissent sur une rivalité au sein de la fratrie, jusqu'à conduire à sa perte.

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The Warlords, sans être inoubliable, ne déçoit pas. Les personnages sont intéressants et évoluent en parallèle sans excès de manichéisme de la part des scénaristes. Je n'ai bien sûr pas tout compris du premier coup, donc j'ai fait quelques recherches à côté. La base de l'intrigue est historique, puisque des recueils des Qing parlent du général Ma et des autres personnages. Le film, dominé par des teintes sombres, est bien réalisé et bien mené. Les acteurs sont tous les trois excellents. J'aime beaucoup Andy Lau à la base, mais Jet Li est aussi exceptionnel, dans un registre très différent de ces films habituels, avec un personnage plus vieux et plus sombre. Notez qu'il a reçu la somme record de cent millions de yuan (près de dix millions d'euros) pour le film, une somme que notre professeur de kouyu avait du mal à se représenter...
Pas encore de date de sortie pour la France. Mais promis, à partir de demain, ce seront majoritairement des films que vous pourrez trouver dans l'Hexagone, sinon cela n'a pas grand intérêt pour vous.
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24 décembre 2007 1 24 /12 /décembre /2007 02:53
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En cette semaine de célébrations en Occident (et un petit peu en Chine aussi, pour copier), j'ai prévu plusieurs articles sur le cinéma chinois, je dirais même plus les cinémas chinois. Vous y trouverez la présentation d'une dizaine de films que j'ai vu en France ou ici, que j'ai aimés ou pas. Cela vous aidera peut-être à passer quelques soirées hivernales agréables et enrichissantes sur le plan cinématographique. Il devrait également y avoir quelques articles sur les grandes personnalités du cinéma chinois actuel. Commençons par ce petit article introductif :

J'ai mis "les cinémas chinois" au pluriel, parce que cet article est une interrogation sur la notion de cinéma en Chine. Car la première différence avec la France saute immédiatement aux yeux : en Chine, on ne va pas au cinéma pour voir les nouveaux films ! Le cinéma à Pékin coûte aussi cher qu'à Paris, voire plus ! Comptez entre 60 et 120 yuan pour une séance. Après tout, pour la classe moyenne émergente, pourquoi ne pas "s'offrir un ciné" de temps en temps ? Parce dès le lendemain de la sortie du film, vous trouvez une copie du film pour... 5 à 10 yuan ! Le plus simple, c'est parfois que les films ne sortent même pas en salle, car leur exploitation ne rapportera pas beaucoup, et le film se diffusera bien mieux grâce aux DVD copiés. Je n'ai aucune idée en revanche sur le système qui permet aux producteurs de rentabiliser leur film au final.
Il y a certes quelques exceptions, comme le grand film chinois de Noël, The Warlords, que nous sommes allés voir en salle le premier samedi soir après sa sortie, non seulement pour avoir une excellente qualité de projection, mais encore et surtout pour voir qui allait au cinéma en Chine. Pas de surprise, seuls des cadres supérieurs, bien habillés et bien accompagnés, images de la réussite de la Chine moderne, peuvent se permettre de payer autant, pour le simple plaisir de dire "J'ai vu le film comme tout le monde... mais au cinéma !"

La première particularité vient donc de la faiblesse du concept de cinéma en tant que lieu, avec l'omniprésence des DVD copiés sur lesquels je reviendrai demain. Deuxième question : quels films les Chinois regardent-ils ? Un peu de tout, et surtout d'un peu partout. L'avantage de ces magasins de DVD, c'est qu'ils ont des films de qualité et en quantité. Certains ont des rayons spécialisés dans les classiques américains ou européens, avec parfois des éditions intégrales impressionnantes (les deux meilleurs coffrets restant "les 106 films Disney" et "Les 79 vainqueurs des Oscars depuis 1928" !) ; les Chinois ont donc accès à tous ces films, en version complète, et en VOST. Reste à savoir s'ils les achètent ou si ces rayons ne sont destinés qu'aux touristes étrangers...
Côté films chinois, j'ai remarqué une très forte présence de Taiwan et Hong Kong, aussi bien en terme d'origine des films, des acteurs et des actrices vedettes, qu'en terme de sujets traités. Il y a certes quelques grands noms venus du continent, comme le réalisateur Zhang Yimou ou la pékinoise Zhang Ziyi, mais les producteurs se tournent naturellement vers Hong Kong et Taiwan pour compléter leur casting. Or Taiwan et Hong Kong (il faut que je fasse attention à mes mots ici...;-)) ne ressemblent pas à la grande majorité de la Chine actuelle, à l'exception de quelques grandes métropoles. On retrouve ici le cinéma et son monde de stars dans sa fonction d'usine à rêves pour la population chinoise.
Mais cela ne signifie pas pour autant qu'aucun film ne sorte du rang, et propose un regard personnel voire critique sur la Chine et ses mutations. Il suffit peut-être de chercher un peu. On finit par trouver des films comme Still Life, dont je parlerai dans la semaine, et qui était présenté en France comme interdit en Chine. Toutefois, certains films restent jusqu'à présent introuvables, comme Une jeunesse chinoise, qui relate les événements de 1989 au travers du parcours d'une étudiante. La censure n'a en effet pas totalement disparue, comme je vous l'avais dit pour le nouveau film d'Ang Lee Lust, Caution, mais nous sommes en Chine, donc les copies non-censurées doivent également être disponibles quelque part...

Au programme de demain : les surprises que réservent les DVD copiés...
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24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 06:23
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Un Film : Lust, Caution.


Vous n’avez peut-être pas encore entendu parler de Lust, Caution (色/戒, Se, Jie en mandarin), le nouveau film du réalisateur taïwanais Ang Lee (doublement oscarisé pour Tigre et Dragon et Le Secret de Brokeback Mountain). En France, le film ne sortira en effet qu’en janvier, mais en Chine, c’est la grande actualité cinématographique du moment. Le succès de ce film tiré d’une nouvelle écrite par Eileen Chang en 1979 vient en partie du fait que toutes les scènes érotiques ont été censurées en Chine (pour le coup, il n’y en a absolument aucune dans ma version). Ce qui n’a bien sûr pas empêché les internautes chinois de se ruer vers des copies en téléchargement sur le Net. Sauf que des pirates avaient caché des virus dans leurs copies, et ont ainsi réussi à infecter des milliers d’ordinateurs chinois !

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Pour en revenir au film lui-même, l’action se déroule à Hong Kong puis Shanghai dans le contexte de l’occupation japonaise en Chine et de la Seconde Guerre Mondiale. Un groupe d’étudiants nationalistes mené par Kuang Yu Min (incarné par le chanteur Wang Lihong, visiblement très célèbre auprès des jeunes Chinoises...) décide d’éliminer un certain Mr. Yee (Tony Leung), collaborateur très influent auprès des Japonais. Ils chargent Wang Jiazhi (Tang Wei), une jeune étudiante un peu timide, de se faire passer pour Mrs. Mak, une femme distinguée, qui joue au mah-jong avec des femmes de la bonne société chinoise. Ainsi, Wang doit attirer Mr. Yee, devenir sa maîtresse et le livrer au groupe de Kuang. Mais tout ne va pas se passer si simplement, et une intrigue sentimentale complexe et dangereuse va se nouer entre les deux personnages. Je ne vais pas plus loin dans l'explication du scénario.

Vous pourrez vous faire une idée par vous-même à la sortie française du film. Selon moi, ce n’est pas le meilleur film d’Ang Lee, mais il faut dire que j’ai vu une version charcutée par les censeurs, et la qualité de l’image de mon DVD à cinquante centimes d’euros n’était pas très bonne. De manière générale, je regrette toutefois que l’arrière-plan politique, ou en tout cas historique, ne soit pas plus développé, car la période est intéressante. En Europe, nous avons déjà tant d’événements importants lors de cette période que nous ne pensons pas à étudier ce qui s’est passé au-delà de nos frontières, et notamment en Chine par exemple. Mais j’essayerai d’évoquer tout cela plus tard dans l’année.
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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 16:16
Voici mon petit coup de cœur cinématographique du moment : Beijing Bicycle. Vous avez peut-être déjà vu ce film, car il est assez connu en France et en Europe depuis son Ours d’argent à Berlin en 2001, mais je ne l’avais pas vu pour ma part.

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Ce film de Wang Xiaoshuai, qui m’a servi de base pour mon exposé de hanyu de la semaine dernière, colle parfaitement avec la problématique des transports dans les villes chinoises modernes (cf. article ci-dessous). Il se trouve également que le film retranscrit très bien ce que j’ai ressenti lors de mes premiers jours à Pékin.

Guei a 17 ans, il vient de la province du Shanxi pour trouver du travail à Pékin. Il est employé dans une entreprise de livraison de colis pour particuliers. Son entreprise ne le paye pas directement, mais lui propose comme rémunération de lui offrir le vélo avec lequel il travaille une fois qu’il aura atteint six cents yuans de courses. Fasciné par son VTT tout neuf, le voilà qui travaille avec zèle, parcourant les quartiers de Pékin sans fatigue, slalomant dans les flots de voitures et de bicyclettes qui s’accumulent sur les périphériques et les grandes avenues pékinoises. Seulement voilà… un jour avant d’atteindre la somme qui lui assure de garder « son » vélo pour lui, il se le fait voler en déposant un colis !

Jian a également 17 ans, il vit à Pékin dans une famille de niveau moyen, mais fréquente un bon lycée. Sa petite amie et tous ses copains ont leur propre vélo, mais lui n’en a toujours pas, malgré les promesses répétées de ses parents, qui doivent d’abord payer les études de la petite sœur. Un soir, il vole l’argent de la famille et s’achète un vélo. Vous devinez la suite : le vélo qu’il achète est le vélo volé de Guei (d’ailleurs pendant longtemps j’ai cru que Jian était le voleur, car le film est un peu ambigu sur ce point).

Guei, qui ne peut plus travailler sans son vélo, finit par retrouver le vélo. S’enchaînent alors des courses-poursuites et des vols successifs du vélo. Le tout est très bien filmé et vous permet de découvrir les paysages urbains de Pékin. Le scénario est efficace, avec même un peu de suspense qui monte progressivement au sujet du dénouement de l’histoire. Les personnages sont attachants, les deux acteurs Li Bin et Cui Lin ont d’ailleurs obtenu un prix d’interprétation à Berlin. Bref, un très bon film pour découvrir les problématiques de la Chine d’aujourd’hui avec un sujet initial basique mais accrocheur !
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