Présentation

Cher internaute, bienvenue sur mon blog !

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Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing (夏冰 : "glace de l'été") en Chinois. J'ai 20 ans, et dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris, j'ai la chance de partir étudier le mandarin à Pékin pendant un an. J'étudie à l'université de langues étrangères de Pékin, la Beijing Foreign Studies University (BFSU), aussi connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

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Vous trouverez sur ce blog des commentaires réguliers sur ma vie pékinoise, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et que vous y  apprendrez beaucoup sur Pékin et la Chine d'aujourd'hui.

Bonne lecture à toutes et tous !

 

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Cinéma chinois

Mardi 8 janvier 2008
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Fin de cette série sur le cinéma chinois, sous forme de question. Comme pour la géographie, c’est une nouvelle fois la question de l’avenir de la Chine en général et de son cinéma en particulier qui m’intéresse ici, et ma réponse sera à double tranchant.

Le cinéma chinois émerge, incontestablement, au niveau mondial. Les films à gros budgets dépassent leurs frontières asiatiques traditionnelles et les recettes d’exploitation sont également excellentes aux Etats-Unis et en Europe. Citons par exemple Tigre et Dragon, Hero, Le Secret des Poignards Volants etc. Les films d’auteurs sont aussi particulièrement à l’honneur en Occident, avec les succès critiques de Still Life, Une Jeunesse Chinoise ou encore, pour coller à l’actualité, de Lust, Caution. Depuis quelques années, ces films remportent tous les prix dans les grands festivals de cinéma. Le fait que la plupart de ces films soient partiellement ou totalement censurés en Chine contribue en partie à cet attrait grandissant pour ce que les Chinois ont à nous dire de nous et d’eux-mêmes à travers leurs films. C’est un phénomène assez nouveau : nous parlons désormais du cinéma chinois avec admiration, nous connaissons les grands noms du moment et surtout, nous regardons des films chinois ! Le cinéma a donc accompagné la Chine dans son émergence sur le devant de la scène internationale, et d’ailleurs, le cinéma a sûrement participé à cette ouverte de la Chine moderne au monde.

Mais je remarque également l’effet inverse : si le monde s’est intéressé au cinéma chinois, quelques-uns des principaux meneurs du cinéma chinois sont désormais plus intéressés par ce qui se passe en dehors de chez eux. Côté réalisateurs, citons John Woo (Volte-Face, Mission Impossible 2 etc.), Ang Lee (Le Secret de Brokeback Mountain) ou encore Wong Kar-Wai (My Blueberry Nights). Côté acteurs, Maggie Cheung multiplie les films en Français, Jackie Chan est une star d’Hollywood, Michelle Yeoh a été James Bond Girl dans Demain Ne Meurt Jamais, Jet Li a plus tourné aux Etats-Unis qu’en Chine ces dernières années. Bref, une partie du cinéma chinois se détourne de la Chine pour mettre son savoir-faire au profit d’autres histoires, d’autres pays. Ce n’est pas uniquement une question d’argent, car il suffit de voir les salaires des acteurs du film de cette fin d’année, The Warlords, pour comprendre que la Chine, notamment par le biais d’Hong Kong et de Taiwan, a les moyens de financer de très grosses productions. De plus, la plupart des acteurs du moment sont issus du monde de la musique, où ils ont déjà acquis fortune et notoriété (Andy Lau, Jay Chou dans La Cité Interdite, Wang Lihong dans Lust, Caution etc.)

En revanche, le problème vient peut-être du contenu des films eux-mêmes, ou plutôt de son contrôle. Si globalement je pense que les médias occidentaux se font beaucoup de fantasmes sur la censure gouvernementale en général, le cinéma est l’un des domaines où elle est réellement puissante. Il suffit de prétexter un érotisme trop cru pour écarter définitivement un film comme Une Jeunesse Chinoise de son public national. Vous avez eu une nouvelle illustration de ce problème avec le récent Lost in Beijing, un film qui décrit la vie précaire d’un couple de travailleurs pauvres dans la future capitale olympique. L’argument du sexe à l’écran a permis de restreindre la diffusion de cette image de Pékin qu’on ne saurait voir. Une nouvelle fois, c’est par l’intermédiaire de sites Internet français ou anglophones que je l’ai appris, car ici en Chine, le flot de nouvelles sorties, qui contient le même lot de grosses productions américaines qu’en France, laisse ce discret exercice de censure inaperçu des masses chinoises. Pour ces cinéastes chinois qui n’ont pas choisi de s’exiler ou de parler d’autre chose dans leurs films, il faut donc se contenter des lauriers internationaux, et compter sur les petits magasins de DVD pirates pour diffuser leur message sous le manteau.

Le bilan de cette série sur le cinéma chinois est donc contrasté. Il y a indubitablement une grande richesse et une grande qualité dans ce pays et ses artistes. Mais il est difficile de prévoir l’avenir, même à court ou moyen terme, du cinéma chinois : vont-ils accepter les ponts d’or d’Hollywood et ses sujets aseptisés, ou vont-ils continuer à jouer avec la censure pour proposer un regard différent sur leur pays et ses changements (en bien ou en mal) ? Ou bien les deux ? Pour notre plus grand bonheur de cinéphiles sinophiles !
Par Val
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Mardi 8 janvier 2008
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Voici venu le temps de parler de mon film chinois préféré : Hero (英雄) ! Vous l’aurez certainement remarqué, ma sélection ne contient que des films qui ont moins de dix ans. Bien conscient de cette lacune concernant le cinéma chinois moins récent, qui contient quelques grands chefs d’œuvre, je compte désormais essayer de voir plus de classiques.

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Mais revenons au grand film dont il est question ici. J’ai vu Hero en 2002, deux ans après Tigre et Dragon dont je vous ai déjà dit tout le bien que je pensais. Tout ce qui m’avait plu dans Tigre et Dragon était décuplé dans Hero ! Sur le plan de l’histoire, un scénario alliant événements historiques et légendes chinoises ; sur le plan des personnages, des héros puissants, aux motivations mystérieuses, qui ne se révèlent réellement qu’à la fin du film. Pourtant, c’est bien sur le plan visuel qu’Hero est extraordinaire : des décors et des paysages tous plus somptueux les uns que les autres, une mise en scène très recherchée, avec de superbes costumes, une action toujours très maîtrisée, et malgré tout, une très grande variété d’environnements et de situations.

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L’histoire de Hero s’inscrit dans le cadre de l’unification de la Chine par l’Empereur Qin, dont j’ai déjà parlé à de maintes reprises sur le blog. Nous sommes donc à la fin du IIIe siècle av.JC. Dans sa conquête de l’Empire du milieu, Qin a dû affronter les six autres grands royaumes de l’époque, qui ont réuni leurs meilleurs guerriers pour se défendre. Parmi eux, trois maîtres d’armes remarquables contrecarrent les plans du royaume de Qin : Lame Brisée, Flocon de Neige et Ciel Etoilé. Un autre guerrier qui se fait appeler Sans Nom (Jet Li) prétend les avoir tué tous les trois, et apporte au futur Empereur les armes des vaincus en témoignage de son succès. Cette victoire lui permet d’approcher l’Empereur, qui, par méfiance extrême, tient tout le monde à bonne distance de lui. Mais à mesure que Sans Nom raconte ses exploits, les conditions de ses victoires et ses motivations personnelles se dévoilent progressivement…

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Le plan qui m’a le plu impressionné, à la manière du jeu d’écho dans Le Secret des Poignards Volants, est incontestablement celui de la calligraphie. Lame Brisée (Tony Leung) se trouve dans un lieu dédié à la méditation, perdu au milieu d’une vallée. Comme les sages qui l’entourent, il se lance dans une calligraphie inspirée, traçant des caractères dans le sable, pour en saisir toute l’essence. Dehors, l’armée impériale est en place, et des milliers de flèches fendent le ciel, pour s’abattre sur les moines. Lame Brisée semble pourtant intouchable, sa quiétude est imperturbable et il continue l’enchaînement de ses traits dans le sable. Il faut voir cette scène, magnifique et marquante.

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Que dire également de la scène de duel en intérieur, avec les draps et rideaux qui servent tour à tour de cachettes, d’obstacles ou de lianes pour s’élancer sur l’adversaire. Rappelez-vous aussi de la scène dans la forêt aux feuilles d’or, qui contrastent avec le rouge vif des vêtements des actrices. Rien n’a été laissé au hasard dans la chorégraphie de tous ces combats élégants et aériens, dans le choix des couleurs et des sites naturels.

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Tout le film est de cette qualité, avec Zhang Yimou à la tête de techniciens de grande qualité, pour donner le meilleur du wuxiapian, ce genre de films chinois à mi-chemin entre la réalité historique et les batailles légendaires. La crème des acteurs est également réunie pour ce film, avec notamment Jet Li, Tony Leung, Maggie Cheung et Zhang Ziyi pour ne citer que les quatre plus célèbres. Un véritable spectacle qui réjouit la vue, l’ouïe et satisfait l’esprit, une plongée dans la richesse de la civilisation chinoise, Hero est un immanquable, à voir et à revoir. Bon film à toutes et tous !
Par Val
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Mardi 8 janvier 2008
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Blockbuster de la fin 2006 en Chine, A Battle of Wits (墨攻) n’est pas encore sorti en France à ma connaissance. Mais nous avons vu le film pour le cours de tingli de fin de semestre, et il m’a beaucoup plu, donc il a toute sa place ici ! L’action se déroule lors de la période dite des "Royaumes Combattants", qui s'étend schématiquement du Xe au IIIe siècle avant notre ère. Cette époque a été marquée par la grande instabilité que connaît la Chine, alors divisée en multiples petits royaumes. Dans ce contexte, la petite cité-Etat de Liang est attaquée par la puissante armée de Zhao. Le siège qui s'annonce semble sans espoir pour Liang, qui hésite à se rendre. Mais un homme, Ge Li (Andy Lau), disciple de la philosophie de Mozi (Mencius en Occident), vient en renfort, malheureusement seul. Ses valeurs, sa générosité et sa sagesse militaire seront-elles suffisantes pour empêcher la défaite de David contre Goliath ?

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La réalisation du hongkongais Chi Leung Cheung est très satisfaisante. L’action, notamment lors des scènes de siège, est très bien rendue à l’écran. L’arrière-plan historique est légèrement différent de celui des autres films que j’ai vus, puisque cette fois-ci, l’échelle est réduite : il ne s’agit pas de l’Empire flamboyant et de sa cour, mais d’une petite ville assiégée dans la Chine ancienne. Le film véhicule des valeurs d'humanisme et de pacifisme, sur lesquelles nous aurons l'occasion de revenir au moment d'aborder la philosophie de Mencius. Les personnages sont tous intéressants, du roi mal entouré et un peu lâche aux capitaines loyaux et prêts à défendre leur ville jusqu’au bout, en passant par la belle cavalière Yi Yue (Fan Bingbing), et bien sûr, l’excellent Andy Lau, parfait dans son rôle et très classe comme d’habitude. Il faut apprécier le genre bien sûr, mais si c’est le cas pour vous, j'ai trouvé le film très bon. J’espère que vous aurez l’occasion de le voir s’il sort un jour en Europe !
Par Val
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Mardi 8 janvier 2008
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Je vous parlais de Shaolin Soccer la semaine dernière, voici le dernier gros succès de Stephen Chow : Crazu Kung-fu (功夫), sorti en 2004. L’histoire est absolument loufoque. Une sorte de parodie de films de kung-fu, avec des décors et des personnages qui me rappellent un peu les westerns. Sing veut devenir un maître de kung-fu, mais il est loin d'avoir fait ses preuves. Pour cela, il va falloir les attaques répétées d'un gang un peu mafieux sur une rue sacrée qui comporte une résidence un peu spéciale, qui parmi ses habitants contient des maîtres des arts martiaux, déguisés en habitants ordinaires. Et grâce à son courage, ses aptitudes et... un peu d'humour, Sing va se révéler à la hauteur pour protéger cette rue sacrée.

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Personnellement, j’ai beaucoup moins accroché à Crazy Kung-fu qu’à Shaolin Soccer, qui malgré ses défauts m’avait bien amusé. Ici, les effets visuels sont trop irréalistes et absurdes pour que je ne trouve pas le film globalement ridicule. Surtout que j’ai déjà vu de bien meilleures scènes de kung-fu dans d’autres films. Les personnages et leurs (més)aventures sont plutôt originaux et bien développés, mais la plupart du temps, cela ne m'a pas vraiment fait rire. Pourtant d’autres ont adoré le film, donc je vous laisse vous faire votre propre opinion de l’humour kung-fu de Stephen Chow. Crazy Kung-fu fait partie des quelques films de ma sélection qui sont destinés à tous les publics, et il plaira certainement aux plus jeunes. 
Par Val
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Lundi 7 janvier 2008
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Une jeunesse chinoise (颐和园 ou Summer Palace, le nom du Palais d'été de Pékin) est l'un des films chinois que j'ai vu à Paris l'an dernier, en sachant déjà que j'allais venir étudier un an à Pékin. J'étais donc un peu plus impliqué dans tout ce qui touche à la Chine. Autrement, je serais certainement passé à côté de ce film, comme beaucoup d'entre vous probablement. Le film prend pour cadre l'année 1989 en Chine. Une jeune étudiante, Yu Hong (Hao Lei), quitte sa campagne natale pour venir étudier à Pékin. A l'université, elle tombe amoureuse de Zhou Wei (Guo Xiaodong), un étudiant avec lequel elle aura des rapports assez destructeurs. Autour d'eux, le milieu étudiant s'agite et le mouvement conduit aux événements de la place Tian'anmen, et pour certains, jusqu'à l'exil.

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Les personnages principaux du film ne sont pas des membres actifs de la révolte, mais c'ets justement intéressant de voir comment un tel mouvement est arrivé à fédérer toutes les frustrations de cette génération autour d'aspirations à la démocratie et à la liberté. Le film de Lou Ye est très réussi dans ce domaine, puisqu'il nous dresse le portrait d'une jeunesse chinoise libérée, que l'on imagine pas dans nos représentations occidentales de la Chine. Cette image, et la période sensible qui lui sert de toile de fond, ne colle justement pas avec l'image que le régime actuel veut donner. Le film de Lou Ye a donc été totalement censuré sur le sol chinois, et il semble très dur de trouver des DVD pirates. Quant à Lou Ye, il a été interdit de tournage en Chine pendant cinq ans. Cette censure, en plus des qualités intrinsèques du film, ne fait que renforcer la renommée d'Une jeunesse chinoise, que vous trouverez facilement en France. Un film qu'il faut avoir vu, dont l'intérêt est de montrer une autre Chine, que certains essayent de nous cacher.
Par Val
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Dimanche 6 janvier 2008
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Le titre de l'article reprend en fait le nom anglais de La Cité Interdite (满城尽带黄金甲, bref, un titre qui n'a rien à voir avec la VF !). Il s'agit du dernier film de Zhang Yimou, sorti en grande pompe l'an dernier. C'est une nouvelle fois la Chine des Tang qui sert de cadre au film. Une nouvelle fois également, l'Empire est menacé. Bref, beaucoup de similitudes scénaristiques avec les autres films du genre. Sauf qu'ici, la menace qui pèse sur l'Empereur (Chow Yun-fat) vient de l'intérieur ! C'est l'Impératrice elle-même (Gong Li) et son deuxième fils, favori de l'Empereur (incarné par la star de la pop chinoise Jay Chou), qui complotent pour le renverser.

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Autre différence avec les autres films du genre : tout le film ou presque se déroule en un seul lieu, la Cité Interdite. On apprend donc énormément d'informations sur le fonctionnement de la cour chinoise, depuis les cuisines jusqu'aux concubines, en passant par les intrigues empoisonnées et les rivalités militaires. Une nouvelle fois, Zhang Yimou nous livre un film de très grand spectacle, avec des moyens gigantesques et des plans incroyables avec des milliers de figurants armés. Mais le film est, selon moi, moins réussi que les autres du même genre, car il vire trop dans la démesure et perd en crédibilité. Toutefois, s'il vous passe sous la main, regardez-le et imaginez un peu ce que pourra donner la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, mise en scène par Zhang Yimou !
Par Val
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Dimanche 6 janvier 2008
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L'un de mes trois films préférés dans cette sélection, Le Secret des Poignards Volants (十面埋伏), a atteint un niveau de maîtrise visuelle que je trouve extraordinaire. L'action se déroule en 859, sous la dynastie des Tang (voir les articles sur Xi'an). Mais cette dynastie impériale est désormais affaiblie, par de nombreux groupes rebelles, dont la fameuse Maison des Poignards Volants. Les capitaines Leo et Jin (Andy Lau et Takeshi Kaneshiro, tous les deux dans le récent The Warlords) sont chargés d'infiltrer et d'arrêter ce groupe. Ils organisent une fausse évasion de Mei (Zhang Ziyi), une rebelle aveugle, et espèrent qu'elle les conduira à l'emplacement secret des Poignards Volants. Seulement, lors de leur périple d'évasion à deux, le capitaine Jin tombe amoureux de Mei, et tout bascule.

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Le film est repassé à la télévision chinoise il y a une semaine, et je ne pouvais pas m'empêcher de le revoir une nouvelle fois. Zhang Yimou a vraiment réalisé une mise en scène magistrale, avec des scènes inoubliables, comme le jeu d'écho sur les tambours au début, ou la bataille dans les bambous à la fin du film. L'histoire est très bien ficelée et réserve quelques surprises et rebondissements. Mais ce n'est pas le principal,car ce film est avant tout un plaisir pour les yeux, avec des décors et des paysages magnifiques, des acteurs parfaits, et des passages vraiment marquants. Si vous ne deviez en voir qu'un pour comprendre la richesse esthétique du cinéma chinois, regardez Le Secret des Poignards Volants ; je pense que vous ne serez pas déçus !
Par Val
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Samedi 5 janvier 2008
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Sortie en 2000, le film d'Ang Lee Tigre et Dragon (卧虎藏龙) a été une véritable révélation, sans doute pour beaucoup d'Occidentaux, et en tout cas pour moi ! L'intrigue se déroule au XIXe siècle, alors que le guerrier Li Mubai (Chow Yun-fat) décide de léguer son épée magique "Destinée" au seigneur Te. Pour la remettre au séigneur, Li confie l'épée à la guerrière Yu Shulien (Michelle Yeoh), elle-même spécialiste des arts martiaux. Mais l'épée est dérobée, alors que Yu fait la rencontre de Jen (Zhang Ziyi), la fille d'un gouverneur qui ne veut pas mener la vie rangée à laquelle elle est destinée. A propos de "Destinée", c'est justement Jen qui a volé l'épée, pour le compte de la terrible Jade "la Hyène". La poursuite est lancée !

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Présenté à Cannes, Oscar du meilleur film étranger, Tigre et Dragon a marqué une étape dans l'ouverture à l'exploitation internationale des grands films d'arts martiaux chinois. C'est en fait le premier film chinois que j'ai vu si mes souvenirs sont corrects. J'avais été fasciné par ses combats sur les toits en tuile ou ses duels dans les airs, qui passaient très bien à l'écran. Plus que dans beaucoup de films du genre, l'histoire était développée et intéressante. Si vous ne l'avez pas encore vu, c'est un grand spectacle, qui allie action et qualité de l'intrigue. C'était pour moi une sorte d'éveil à la culture chinoise à l'époque (il me semble d'ailleurs l'avoir mentionné au tout début du blog dans les influences chinoises sur mon choix à venir ici). Je garde de ce film un grand souvenir !
Par Val
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Vendredi 4 janvier 2008
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Blind Mountain (盲山) est le dernier film chinois que j'ai vu. Je n'en avais pas entendu parlé, mais j'ai vu sur la pochette qu'il avait été dans la sélection Un Certain Regard lors du dernier Festival de Cannes. L'histoire se déroule dans les années 1990, une jeune citadine nommée Xuemei se laisse piéger et se retrouve vendue comme épouse à un paysan brutal dans un petit village de la campagne chinoise profonde. Malgré la violence de tous les habitants du village isolé qui sont solidaires du nouveau mari, Xuemei résiste, tente de s'évader. Le film de Li Yang est basé sur une histoire vraie, certainement vécue par des milliers de femmes dans les zones reculées de la Chine d'hier, et peut-être encore d'aujourd'hui, là où la vie n'offre aucune distraction.

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Même si globalement les critiques sont très bonnes (et en effet c'est un bon film avec un sujet important), je dois dire que je n'ai pas aimé le film. Peut-être que je peux résumer mon sentiment ainsi : c'est un bon film, mais pas un beau film. Le spectateur est souvent tendu parce que ce qu'il voit de violence de la part des villageois, de viol, d'isolement de Xuemei est dérangeant. Mais j'ai eu l'impression de toujours rester un témoin extérieur, qui ne peut pas s'identifier aux personnages, ne peut pas se sentir impliqué dans l'histoire. Et à partir de ce moment-là, le rythme est une nouvelle fois très lent, les tentatives d'évasion sont très répétitives et on sait qu'à chaque fois elles échoueront car les hommes du village ont un véhicule et la jeune fille est à pied... Les paysages ne sont pas non plus renversants. A part peut-être le personnage du professeur, qui est plus "humain", il n'y a aucune touche d'espoir dans toute cette histoire. Bref, je pense que le film aurait pu être bien plus fort s'il avait été un peu plus dynamique. Mon avis est très subjectif ; peut-être que ce film vous plaira si vous le voyez en France. Je n'arrive pas à savoir quand il sortira, mais vous en entendrez sûrement parler.
Par Val
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Mercredi 2 janvier 2008
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C'est une question (en écho avec le titre du film comme vous l'avez remarqué ;-)) que l'on est en droit de se poser, après avoir vu Still Life, l'un des gros succès critiques de 2007 en France, couronné par le Lion d'Or à Venise. Deux histoires se déroulent en parallèle dans le film de Jia Zhang-ke, mais elles partagent un même lieu : la ville de Fengjie, en amont du fameux Barrage des Trois-Gorges. Pour ceux qui ne savent pas exactement de quoi il s'agit, c'est le barrage fluvial le plus grand du monde, construit à un prix pharaonique, afin d'éviter les crues terribles du fleuve Changliang (Yangzi). Ce chantier a entraîné le déplacement de plusieurs millions de personnes, car la retenue du barrage nécessite l'inondation de plusieurs villes en amont. Le personnage masculin, joué par le très bon Han Sanming, vient du Shanxi, et cherche sa femme et sa fille qu'il n'a pas revu depuis seize ans (!) ; le personnage féminin est à la recherche de son mari, qui ne lui donne plus de nouvelles depuis deux ans.

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Les deux histoires sont tristes, et pas toujours très bien menées donc le film semble un peu long lorsqu'on le regarde. Et puis il y a quelques passages qui n'ont aucun rapport avec l'histoire et sont un peu déplacés. Mais j'ai gardé ensuite un souvenir très fort de Still Life. D'une part, il y a ces paysages incroyables des rives du fleuve, dont les constructions en pierres de couleur claire sont abandonnées par la vie humaine et ont, inscrites sur elles à la peinture rouge, les marques des différents niveaux de la montée future des eaux. D'autre part, je garde le souvenir terrible de contacts humains... "inhumains" justement. Je ne peux pas vous raconter le passage qui m'a marqué à ce sujet car il dévoile une partie du film. Le mieux reste une nouvelle fois que vous regardiez ce film, très important pour relativiser ma très bonne expérience dans une Chine "privilégiée" : il se passe d'autres choses en Chine, et ce film, bien que pas très joyeux, est très révélateur ! Dans un entretien publié par le site du Monde cette semaine, le réalisateur disait que son but était d'être "un révélateur qui montre aux uns ce qu'ils ne connaissent pas des autres." La formule est belle et correspond bien à ce que je pense de son film !
Par Val
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Lundi 31 décembre 2007
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Autre film vu à Sciences Po, en Chinois sous-titré Chinois alors que nous n'avions pas le niveau pour suivre, Wo de fuqin muqin (我的父亲母亲) est très célèbre en Chine. Mais je ne suis pas sûr qu'il soit sorti chez nous, puisqu'il ne dispose que d'un titre en Anglais (The Road Home). La traduction littérale du titre chinois est simplement "Mon père et ma mère". Si le film est très connu ici, c'est parce qu'il a été réalisé par Zhang Yimou à une époque (1999) où il ne tournait pas encore de grands films "historiques" à très gros budget (Hero, Le Secret des Poignards Volants, La Cité Interdite). Et surtout, ce film marque le premier grand rôle de Zhang Ziyi, le symbole du cinéma chinois des années 2000.

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L'histoire est à 90% composée d'un flashback. Luo, un urbain de la Chine moderne rentre dans son village natal du nord du pays pour l'enterrement de son père. Il raconte alors l'histoire de la formidable rencontre, des années auparavant, entre son père, envoyé au village pour en être le nouveau professeur, et sa mère, paysanne vivant dans la pauvreté avec une grand-mère aveugle. C'est loin d'être mon film préféré, mais si vous aimez les grandes histoires d'amour semées d'embûches, et que vous n'avez pas peur du kitsch des ralentis avec les cheveux dans le vent et compagnie, le film peut vous intéresser... à condition qu'il soit disponible en France bien sûr ! Il y a quand même un élément intéressant que je retiendrai : la description des campagnes chinoises isolées. J'ai retrouvé le même genre d'ambiance en Mongolie Intérieure.
Par Val
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Samedi 29 décembre 2007
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Il faut quand même parler d'un film un peu plus sérieux que Rush Hour ou Shaolin Soccer, pour ne pas perdre la cérdibilité que j'essaie de donner au blog ;-) Alors pour aujourd'hui, ce sera In the Mood for Love. Une grande partie d'entre vous a certainement déjà vu ce grand film de Wong Kar-wai, sorti en 2000. Une nouvelle fois, l'intrigue se passe à Hong Kong, au début des années 1960. Chow Mo-wan et Chan Li-zhen emménagent le même jour dans le même immeuble. Chow est journaliste, Chan est standardiste. Tous deux, ils découvrent que leurs époux respectifs ont des relations cachées. Ce secret qui les choque et qu'ils n'osent affronter va les rapprocher, jusqu'à ce qu'il leur soit nécessaire de se voir pour oublier leur situation. Mais les voisins finissent par avoir des doutes, ce qui rend cette relation définitivement impossible et donc inachevée.

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C'est beau, c'est triste et... c'est lent ! Mais après tout cela fait partie de l'ambiance du film, avec une superbe bande originale que ma mère écoute toujours en boucle sept ans après ;-). Ce qui n'avait pas aidé lorsque j'ai vu le film, c'est que nous étions en cours de Chinois, en première année, et que le film était en Chinois sous-titré Chinois, un peu dur pour un début ! Mais rétrospectivement, je garde quelques images fortes du film, des lieux, et des deux personnages principaux, très bien interprétés par Maggie Cheung et Tony Leung encore une fois. Le film est très connu en France, puisqu'il a reçu les honneurs de Cannes et des Césars,donc si vous ne l'avez pas encore vu, In the Mood for Love est assurément un incontournable !
Par Val
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Samedi 29 décembre 2007
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Petit intrus dans cette sélection de la dizaine de film chinois que j'ai vu jusqu'à présent, Rush Hour 2 est l'un des seuls films avec Jackie Chan que je crois avoir vu en entier. Or, comment ne pas parler de Jackie Chan dans au moins un des articles consacrés au cinéma chinois (sino-taïwano-hongkongais en réalité, même s'ils sont très liés). Avant le basketteur Yao Ming, Jackie Chan est la première star de l'Empire du Milieu que nous avons vu sur les grands panneaux publicitaires à notre arrivée à Pékin fin août. En plus de son immense renommée ici en Chine, Jackie Chan est l'un des acteurs asiatiques les plus connus dans le monde, et depuis quelques temps déjà. Rush Hour est donc un intrus dans cette sélection, mais bien divertissant, surtout pour un public jeune et familial (le film date de 2001, donc ce qui m'amusait il y a six ans serait peut-être ridicule aujourd'hui). Pourquoi le deuxième épisode en particulier ? Car l'action se déroule à Hong Kong, et parce qu'en plus de Jackie Chan, Zhang Ziyi figure au casting. Et puis, c'est l'un des premiers films en lien avec la Chine que j'ai vu !

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Si vous n'avez pas vu le premier épisode, ce n'est pas grave, il se déroule aux Etats-Unis, où l'inspecteur Lee (Jackie Chan) est envoyé en mission et fait équipe avec l'agent James Carter (Chris Tucker). Une fois cette première enquête résolue, l'agent Carter est accueilli par l'inspecteur Lee pour des vacances à Hong Kong. Manque de chance, une bombe de la triade explose à l'ambassade des Etats-Unis... "Les poings les plus rapides de l'Est et la plus grande gueule de l'Ouest" s'allient de nouveau pour un enchaînement d'humour et de cascades qui, lorsque j'avais quatorze ans, m'avait bien plu. Amusez-vous bien !
Par Val
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Samedi 29 décembre 2007
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D'un côté, Ming (Andy Lau), taupe au sein de la police pour le compte de Sam, un patron de la triade hongkongaise. Lieutenant modèle et efficace, il devrait bientôt être promu. De l'autre côté, Yan (Tony Leung), taupe au sein de la triade pour le compte de la police. Dix ans de délits témoignent de son implication sans faille au service de Sam. Wong, le chef de la police compte lancer une vaste opération pour arrêter définitivement Sam. Les taupes vont jouer leur rôle jusqu'à ce que leurs routes se croisent et que leurs choix moraux troublent leurs jeux...

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Ce scénario ne vous rappelle rien ? Les Infiltrés, de Martin Scorsese avec Leonardo diCaprio et Matt Damon, Oscar du meilleur film l'an dernier ? C'est justement le remake américain d'Infernal Affairs (无间道). Selon moi, l'original est encore meilleur que la version de Scorsese. La réalisation de Andrew Lau et Alan Mak (pour les films de Hong Kong, les noms d'acteurs et de réalisateurs sont souvent anglicisés) est excellente, le scénario est halletant et plein de rebondissements, les acteurs sont magistraux... Il y a également un prologue et une suite qui ont été réalisés par la suite, mais je ne les ai pas encore vus. Mais vous pouvez déjà voir ou revoir celui-ci, car c'est vraiment un très grand film policier !
Par Val
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Samedi 29 décembre 2007
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Commençons par l'un des films les plus drôles de ma sélection. Un film destiné à tous les publics, mais plus particulièrement aux garçons : Shaolin Soccer (ou 少林足球 en mandarin). Derrière ce film qui peut ne pas sembler très sérieux se cache le plus gros succès de l'histoire au box-office hongkongais. En 2001, le film de la star Stephen Chow a même reçu sept prix dont celui de meilleur film lors des Hong Kong Film Awards.

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Bien entendu, il ne faut pas chercher l'intérêt du film dans son seul scénario. Fung, alias "Pied Droit d'Or", était un bon footballeur, mais après une défaite, il se fait casser la jambe... je ne sais plus exactement par qui, mais toujours est-il qu'il ne peut plus jouer au football ! Plus tard, il découvre Sing (Stephen Chow), un spécialiste des arts martiaux, qui possède une frappe de balle hors du commun. Fung décide alors de monter une équipe de "kung-foot" à la sauce moines Shaolin, pour prendre sa revanche sur le passé. Les bons effets spéciaux pour l'époque donnent un petit côté Olive et Tom au film, et les cascades raviront les fans de ballon rond !
Par Val
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