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Bienvenue sur mon blog !

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Je m'appelle Valentin Chaput, ou Xia Bing
en chinois (夏冰 : "glace de l'été"). En 2007-2008, l'année de mes 20 ans, j'ai eu la chance de partir un an apprendre le mandarin à Pékin dans le cadre de ma troisième année à Sciences Po Paris. J'étudiais à l'université de langues étrangères de Pékin, connue en Chine sous le nom de BeiWai, abbréviation de Beijing Waiguoyu Daxue (北京外国语大学).

Vous trouverez sur ce blog le récit de ma vie pékinoise en cette année olympique, des photos de mes voyages et des dossiers thématiques pour découvrir à mes côtés la richesse de la civilisation chinoise. J'espère que vous prendrez du plaisir à parcourir ce blog, et qu'il vous donnera envie de vous rendre en Chine à votre tour !

谢谢

 

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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 15:34
Dernier des trois articles consacrés à nos trois excursions en Mongolie Intérieure : après les triviales expériences du dromadaire et du cheval, j'ai décidé de garder le sujet le plus sérieux pour la fin. Pourtant, c'est bien lors de notre première journée dans le froid mongol que nous avons effectué la sortie qui m'a le plus marqué. A une trentaine de kilomètres au sud de Hohhot se trouve une annexe très récente d'une des meilleures universités de la province. Une fois sortie du bus qui relie Hohhot à ce campus excentré, nous sommes allés à deux kilomètres maximum de cette structure ultramoderne pour trouver le village de Mengniu. Et là, le décor n'est plus du tout le même...


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Mengniu m'a fait penser aux villes des westerns, avec une rue principale pleine de petits magasins et d'habitations à l'étage. De petites rues annexes partent à gauche et à droite. Il semble y avoir de nouveaux projets immobiliers en construction. Au bout de la rue, le goudron laisse la place à du sable. Premier choc : il n'y a pas de poubelles ! Tous les déchets s'entassent dans les rues, allant même jusqu'à être prisonniers des plaques de glace qui se sont formées ! Plus nous nous avançons dans ce village semi-rural, plus la "civilisation" s'éloigne.
J'ai souvent écrit sur ces pages que les Chinois étaient très accueillants vis-à-vis des étrangers. Pourtant, ici les étrangers doivent être très rares, et les regards sont méfiants... pour ne pas dire méchants. Les habitants nous dévisagent, ne veulent pas communiquer, et n'apprécient pas particulièrement que nous prenions des photos. Cela m'a posé un vrai cas de conscience : dois-je montrer les photos de ces gens à la vie miséreuse, de ces enfants qui jouent dans les tas de détritus ? Pourquoi vouloir mettre en ligne ces images, surtout que les habitants étaient plutôt hostiles à la prise de ces photos ? Je préfère donc ne pas les publier, et me contenter de quelques prises de vue du cadre de vie de ces populations, qui vous donnera déjà une idée de leur situation.

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Ce phénomène me paraît toujours aussi inconcevable ! Quel intérêt ont-ils à ne pas créer un système de poubelles, pour rendre leur cadre de vie ne serait-ce qu'un peu plus propre et "vivable" ?

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Le bilan à la mi-journée était quelque peu amer : presque inconsciemment, nous souhaitions nous plonger dans un extrême, voir la misère de près, comme une sorte de curiosité touristique. Nous l'avons fait, et, sur le moment, je n'ai retiré aucune satisfaction culturelle ou intellectuelle de cette expérience. Mon optimisme naturel en a pris un coup, et je n'ai même pas spécialement ressenti cette envie de révolte contre un monde dans lequel peuvent coexister à deux kilomètres l'un de l'autre une université à la pointe de la modernité technologique et un village de vieux paysans qui ne connaissent même pas les mots pour dire "prendre une photo" en Chinois. Rétrospectivement, je crois que nous ne pouvons tout simplement pas imaginer correctement ce que peut être la vie au quotidien de ces femmes et ces hommes. Heureusement, l'après-midi nous a redonné un peu d'espoir !



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Cela nous a fait plaisir de voir tous ces jolis sourires.

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La courageuse institutrice, qui s'occupe seule de toutes les matières et de tous les enfants, pour un salaire qui doit être aussi faible que la qualité de ses conditions de travail.

En continuant sur cette même route, nous avons atteint un petit hameau de quelques fermes, à cinq cents mètres du village. Et nous avons trouvé une petite école de campagne. L'institutrice nous a chaleureusement accueillis, et les petits enfants, après une réticence initiale à notre égard, ont accepté de jouer avec nous. Les voir sourire fut très réconfortant. Cela m'a permis d'oublier un instant qui ils étaient : trente enfants Mongols âgés de quatre à sept ans, qui n'ont pas le niveau d'éducation nécessaire pour rejoindre une école primaire, et que les parents envoient sans placer trop d'espoir dans leurs études. L'institutrice est seule pour gérer cette troupe au niveau scolaire très hétérogène.


Leur école n'a ni eau ni électricité, les toilettes se limitent à un seau au fond du terrain. Dans la salle de classe, un petit four à charbon permet de réchauffer de l'eau et de gagner quelques degrés par rapport aux -10°C qui règnent à l'extérieur. Le tableau et le matériel de classe sont usés. Lors de la pause, les enfants jouent dans la poussière avec des pneus usés ou des balles dégonflées. Même le drapeau de la Chine communiste ci-dessous semble avoir perdu de ses couleurs. Encore une fois, en se remémorant notre propre expérience de l'école maternelle, il est difficile de concevoir ce que cela représente réellement de grandir dans un endroit pareil... au bout du monde.

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Et vous verrez dans mon prochain article que ce décalage, qui peut paraître logique entre les expériences d'un petit Parisien gâté par la vie et celles d'un petit Mongol qui va à l'école à Mengniu, est en train de s'élargir ici même en Chine, entre un enfant rural pauvre et un riche urbain.

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Published by Val - dans Voyages
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